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Guide complet — Mis à jour mai 2026

Guide complet auto-entrepreneur 2026

Vous lancez ou pilotez une micro-entreprise en 2026 ? Ce guide synthétise tout ce que vous devez savoir : taux de cotisations URSSAF (12,3 / 21,2 / 21,1 %), plafonds de chiffre d'affaires, versement libératoire, franchise en base de TVA, comptabilité allégée et seuils à partir desquels il devient pertinent de passer en SASU ou SARL.

1. Qu'est-ce que l'auto-entrepreneur en 2026 ?

L'auto-entrepreneur — terme grand public désignant le régime micro-entrepreneur — reste en 2026 le statut le plus simple pour tester ou exercer une activité indépendante en France. Vous êtes travailleur non salarié (TNS), inscrit au répertoire SIRENE, et vous bénéficiez d'un calcul de cotisations sociales forfaitaire : un pourcentage fixe appliqué directement sur votre chiffre d'affaires encaissé, déclaré mensuellement ou trimestriellement sur le portail autoentrepreneur.urssaf.fr.

Le régime fonctionne sans bilan comptable, sans expert-comptable obligatoire et sans TVA pendant les deux premières années (sous conditions de plafond, voir section 6). Vous payez vos charges au réel des encaissements : pas d'encaissement = pas de cotisations. C'est la principale force du statut pour un lancement d'activité, une transition professionnelle ou un complément de revenu.

En contrepartie, vous ne déduisez aucune charge réelle (loyer, matériel, sous-traitance) de votre chiffre d'affaires : vos cotisations sont calculées sur la totalité du CA encaissé. Au-delà d'un certain seuil de marge (généralement 30 à 40 000 € de bénéfice annuel), la micro devient fiscalement moins avantageuse qu'une entreprise individuelle au réel ou qu'une SASU.

2. Les taux de cotisations sociales 2026

En 2026, les taux URSSAF auto-entrepreneur sont harmonisés par catégorie d'activité, après la réforme progressive intervenue fin 2024-2025 pour rapprocher les cotisations sociales des indépendants de celles des salariés. Voici les trois familles à connaître :

  • Vente de marchandises, restauration sur place, hébergement (BIC vente) — 12,3 %du chiffre d'affaires encaissé. Cela couvre maladie, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales et CSG-CRDS.
  • Prestations de services commerciales et artisanales (BIC services) — 21,2 %. Ce taux concerne les artisans, les consultants en formation, les agences web facturant des prestations, les services à la personne non agréés, etc.
  • Activités libérales relevant de la Cipav ou non (BNC libéral) — 21,1 %. Concerne les professions libérales non réglementées, consultants, coachs, formateurs indépendants, traducteurs, développeurs freelance, etc.

Ces taux s'ajoutent à la CFP(contribution à la formation professionnelle : 0,10 à 0,30 % selon activité) et, dans certains cas, à la taxe pour frais de chambre consulaire (CMA ou CCI). Le tout est prélevé automatiquement lors de la déclaration de CA sur l'Urssaf. À noter qu'un dispositif d'ACRE (exonération partielle) reste accessible la première année pour les créateurs éligibles, sous conditions.

Exemple concret : un consultant facturant 60 000 € sur l'année paie 60 000 × 21,1 % = 12 660 € de cotisations URSSAF, plus environ 120 € de CFP. Soit un revenu après cotisations sociales de 47 220 € (avant impôt sur le revenu).

3. Les plafonds de chiffre d'affaires 2026

Le régime micro est plafonné : au-delà d'un certain CA annuel, vous basculez automatiquement vers le régime réel d'imposition (entreprise individuelle au réel) l'année suivante. Ces seuils sont révisés triennalement et restent stables pour 2026 :

  • Vente / hébergement / restauration sur place : 188 700 € de CA HT par an. Au-delà, vous basculez au réel BIC.
  • Services BIC et BNC : 77 700 € de CA HT par an. Au-delà, vous basculez au réel BIC ou à la déclaration contrôlée 2035 pour les BNC.

Le passage au-delà du plafond entraîne une sortie du régime micro l'année N+1, à condition que le dépassement soit confirmé deux années consécutives. Concrètement, si vous dépassez 77 700 € de CA en 2026, vous restez micro en 2027 mais sortez du régime en 2028 si vous redépassez à nouveau. Ce mécanisme de tolérance dite « biennale » est précieux pour absorber un pic ponctuel d'activité.

Pour les activités mixtes (vente + services), c'est le plafond le plus haut (188 700 €) qui s'applique, à condition que le CA services ne dépasse pas, à lui seul, 77 700 €. Au-delà, la SASU ou la SARL devient mécaniquement plus pertinente — voir notre comparatif auto-entrepreneur vs SASU 2026.

4. Le versement libératoire de l'impôt

Sur option, l'auto-entrepreneur peut régler son impôt sur le revenu en même temps que ses cotisations sociales, à un taux forfaitaire prélevé directement sur le CA. C'est le versement libératoire. Les taux 2026 :

  • 1 %pour la vente et l'hébergement
  • 1,7 % pour les services BIC
  • 2,2 % pour les BNC et professions libérales

Le versement libératoire n'est intéressant que si votre tranche marginale d'imposition (TMI) dépasse un certain seuil (typiquement TMI 30 % au minimum pour une activité de services). Conditions d'accès : votre revenu fiscal de référence (RFR) N-2 doit être inférieur à un plafond (environ 28 800 € par part fiscale en 2026). En dehors de cette option, l'impôt sur le revenu est calculé sur le bénéfice forfaitaire (CA après abattement micro : 34 % BNC, 50 % services BIC, 71 % vente).

5. Comptabilité allégée et CFE

La micro-entreprise échappe aux obligations comptables lourdes : pas de bilan, pas de compte de résultat, pas d'expert-comptable obligatoire. Vous tenez simplement un livre des recettes(et un registre des achats pour les activités de vente), avec mention de la date, de la nature, du montant et du mode d'encaissement de chaque opération. Conservation 10 ans des justificatifs.

Vous devez en revanche émettre des factures conformes (numérotation continue, mentions légales URSSAF), ouvrir un compte bancaire dédié dès que votre CA dépasse 10 000 € deux années consécutives, et déclarer votre CA chaque mois ou chaque trimestre selon l'option choisie à l'inscription.

Côté cotisation foncière des entreprises (CFE), l'auto-entrepreneur est exonéré la première année civile complète d'activité. À partir de la 2ème année, il paie une cotisation calculée sur la valeur locative cadastrale du local d'activité (domicile compris si non dédié), avec une base minimale fixée par la commune (entre 250 et 7 500 € selon le barème). Pour les CA inférieurs à 5 000 €, exonération totale.

6. La franchise en base de TVA

Tant que votre CA HT reste sous certains plafonds, vous êtes en franchise en base de TVA : vous ne facturez pas la TVA à vos clients (mention obligatoire sur facture : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI »), et vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats. Les seuils 2026 :

  • Vente : 85 000 € (seuil simple) / 93 500 € (seuil majoré)
  • Services : 37 500 € (seuil simple) / 41 250 € (seuil majoré)

Au-delà du seuil simple, vous basculez à la TVA dès le 1erjanvier de l'année suivante. Au-delà du seuil majoré, vous basculez immédiatement le 1erdu mois de dépassement : facturation TVA 20 % obligatoire, et déclaration trimestrielle ou mensuelle au service des impôts des entreprises (SIE). Pour un freelance B2B travaillant avec des entreprises soumises à la TVA, le passage est quasi neutre (vos clients récupèrent la TVA). Pour un service B2C (coaching, formation au particulier), c'est une augmentation mécanique de 20 % du tarif final — d'où l'importance de modéliser le seuil.

7. Quand passer en SASU ou SARL ?

Trois grands signaux justifient de quitter le régime micro pour basculer en société (SASU, SARL, EURL) :

  1. Vous dépassez les plafonds de CA— la sortie devient obligatoire au bout de deux années consécutives au-dessus de 77 700 € (services) ou 188 700 € (vente).
  2. Vos charges réelles sont élevées— sous-traitance, loyer commercial, achats de matériel, salaires… La micro étant calculée sur le CA brut sans déduction, vous payez des cotisations sur des sommes que vous ne touchez pas réellement. La SASU au réel permet de déduire l'ensemble.
  3. Vous voulez protéger votre patrimoine, lever des fonds ou recruter. La SASU offre la responsabilité limitée aux apports, un cadre crédible pour les investisseurs, et un statut de salarié pour le dirigeant (assimilé-salarié) avec cotisations plus élevées mais protection sociale supérieure.

Le passage en SASU implique des coûts (constitution 200-500 €, comptable 1 500-3 000 €/an, charges sociales 65-80 % du salaire net pour le dirigeant). En contrepartie, l'arbitrage dividendes vs salaire permet d'optimiser la rémunération nette à partir d'un certain seuil de revenu, généralement 50-60 000 € de rémunération annuelle nette visée.

8. Questions fréquentes auto-entrepreneur 2026

Combien gagne-t-on net en auto-entrepreneur ?

Sur un CA de 50 000 € en services (BNC), comptez 50 000 − 21,1 % = 39 450 € après cotisations URSSAF. Après impôt sur le revenu (TMI 30 % typique sur l'assiette micro abattue), il vous reste environ 32-34 000 € net annuel.

Peut-on être auto-entrepreneur et salarié ?

Oui, le cumul est libre tant que votre contrat de travail ne comporte pas de clause d'exclusivité, et tant que vous ne concurrencez pas votre employeur. Vous cumulez deux protections sociales (régime général + TNS), avec affiliation au régime principal.

L'auto-entrepreneur valide-t-il des trimestres de retraite ?

Oui, en fonction du CA encaissé. Pour valider 4 trimestres en 2026, il faut atteindre un CA minimum : environ 23 000 € en vente, 13 500 € en services BIC et 9 700 € en BNC. Voir notre article TNS vs salarié : retraite et chômage.

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Sources officielles