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SASU, auto-entrepreneur ou SARL : que choisir en 2026

Micro-entreprise, EURL ou SARL avec gérant TNS, SASU ou SAS avec président assimilé salarié : trois statuts, trois façons de cotiser et d'être imposé. Cet article compare les plafonds 2026, les taux de cotisations URSSAF, l'IS et le PFU, la protection sociale et le revenu net qui reste au dirigeant, calculé avec les formules du site sur 60 000 € puis 120 000 € de chiffre d'affaires.

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SASU, auto-entrepreneur ou SARL : quel statut choisir en 2026 ?

Sous 83 600 € de chiffre d'affaires en services (203 100 € en vente) et avec peu de frais, la micro-entreprise laisse le plus de revenu net : cotisations de 12,3 à 25,6 % du chiffre d'affaires, aucune comptabilité. Dès que les frais réels dépassent l'abattement forfaitaire, que le plafond approche ou qu'une vraie protection sociale compte, il faut une société : l'EURL/SARL (gérant TNS, cotisations d'environ 31 % de la rémunération avec l'assiette abattue de 26 %) coûte moins cher en charges, la SASU/SAS (président assimilé salarié, cotisations d'environ 75 % du net) offre la couverture du régime général et la souplesse des dividendes.

La réponse courte selon votre situation

La réponse courte selon votre situation
Votre situationStatut adaptéRaison principale
Lancement, test d'activité, complément de revenus, CA < 50 000 €Micro-entrepriseCréation gratuite, cotisations proportionnelles au CA, zéro comptabilité
Frais réels élevés (achats, sous-traitance, matériel, local)Société (EURL ou SASU)La micro cotise sur le CA brut sans déduire les charges
Dirigeant unique, rémunération régulière, charges sociales à contenirEURL (gérant TNS)Cotisations d'environ 31 % de la rémunération contre 75 % du net en SASU
Cumul avec un autre emploi ou une retraite, revenus tirés surtout des dividendes, levée de fondsSASU / SASAucune cotisation sans salaire, dividendes au PFU de 31,4 % sans cotisations
Projet à plusieurs associés, entreprise familiale, conjoint collaborateurSARLCadre juridique encadré par la loi, statut du conjoint collaborateur

Le reste de l'article chiffre ces affirmations avec les formules des simulateurs du site, sur un même chiffre d'affaires, pour que la comparaison porte sur le net qui vous reste et pas sur des taux isolés.

Trois statuts, trois logiques

Trois statuts, trois logiques
CritèreMicro-entrepriseEURL / SARL (gérant majoritaire)SASU / SAS (président)
NatureEntreprise individuelle, régime simplifiéSociété, 1 à 100 associésSociété, 1 associé ou plus, statuts libres
Plafond de chiffre d'affaires83 600 € (services), 203 100 € (vente)AucunAucun
Régime social du dirigeantTravailleur indépendant (SSI)Travailleur non salarié (SSI)Assimilé salarié (régime général, sans chômage)
Assiette des cotisationsChiffre d'affaires encaisséRémunération du gérant (+ dividendes au-delà de 10 % du capital)Salaire versé (rien sans salaire)
Impôt sur les bénéficesIR sur le CA après abattement (71, 50 ou 34 %) ou versement libératoireIS 15 % / 25 % (IR sur option 5 ans max)IS 15 % / 25 % (IR sur option 5 ans max)
DividendesImpossiblePFU 31,4 % + cotisations TNS sur la part > 10 % du capitalPFU 31,4 %, sans cotisations
Déduction des frais réelsNon (abattement forfaitaire)OuiOui
TVAFranchise jusqu'à 37 500 € (services) / 85 000 € (vente)Franchise aux mêmes seuils, puis TVA récupérableFranchise aux mêmes seuils, puis TVA récupérable
ComptabilitéLivre des recettesComptes annuels, dépôt au greffeComptes annuels, dépôt au greffe
CréationGratuite, en ligneStatuts, annonce légale, greffe : quelques centaines d'eurosIdem
ResponsabilitéPatrimoine personnel protégé depuis le 15 mai 2022 (art. L526-22 du Code de commerce)Limitée aux apportsLimitée aux apports
Cession de l'activitéVente du fonds ou de la clientèleCession de parts (agrément des associés, droits de 3 %)Cession d'actions (droits de 0,1 %)

Les seuils 2026 qui ferment la porte de la micro-entreprise

Deux séries de plafonds coexistent et se confondent souvent. Le premier concerne le régime micro lui-même : 83 600 € de chiffre d'affaires hors taxes pour les prestations de services et les professions libérales, 203 100 € pour la vente de marchandises et l'hébergement. Le régime est perdu après deux années civiles consécutives de dépassement, au 1er janvier suivant.

Le second est la franchise en base de TVA, bien plus basse : 37 500 € pour les services (seuil majoré 41 250 €) et 85 000 € pour les ventes (seuil majoré 93 500 €). Le seuil unique de 25 000 € annoncé par la loi de finances pour 2025 a été abandonné. Au-delà du seuil majoré, la TVA est due dès le jour du dépassement ; au-delà du seuil de base sans atteindre le majoré, elle est due à partir du 1er janvier suivant. Facturer la TVA ne fait pas sortir du régime micro, mais oblige à des déclarations de TVA et supprime l'avantage prix face aux clients particuliers. Le détail est dans notre article sur les seuils de TVA de l'auto-entrepreneur.

Cotisations sociales : sur quoi et à quel taux

Micro-entreprise. Un pourcentage du chiffre d'affaires encaissé, sans aucune déduction. Taux en vigueur au 1er janvier 2026 (URSSAF) :

Cotisations sociales : sur quoi et à quel taux
ActivitéCotisationsAbattement fiscalVersement libératoire
Vente de marchandises, hébergement (BIC)12,3 %71 %1 %
Prestations de services commerciales et artisanales (BIC)21,2 %50 %1,7 %
Professions libérales relevant de la CIPAV (BNC)23,2 %34 %2,2 %
Autres professions libérales (BNC, SSI)25,6 %34 %2,2 %

Le taux des libéraux hors CIPAV a augmenté chaque année depuis juillet 2024 (23,1 %, puis 24,6 % en 2025, 25,6 % en 2026) pour financer une retraite complémentaire. L'ACRE réduit ces taux de moitié pendant environ un an pour les activités créées jusqu'au 30 juin 2026, et de 25 % seulement pour celles créées à compter du 1er juillet 2026 (LFSS 2026), voir ACRE 2026 : conditions et durée.

Gérant majoritaire d'EURL ou de SARL. Cotisations de travailleur non salarié calculées sur la rémunération réellement versée (maladie, retraite de base et complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, CSG-CRDS, formation), après l'abattement d'assiette de 26 % applicable aux revenus 2025 et suivants (LFSS 2024, art. 18). Avec la formule cotisations TNS du site, une rémunération de 37 000 € supporte environ 11 400 € de cotisations, soit 31 % de la rémunération (23 % du coût total pour la société). Les cotisations sont appelées provisionnellement puis régularisées l'année suivante, et un minimum reste dû même sans rémunération. La part des dividendes qui excède 10 % du capital social et du compte courant est soumise aux mêmes cotisations.

Président de SASU ou de SAS. Assimilé salarié : cotisations patronales et salariales du régime général sur le salaire, sans cotisation chômage et sans droit à l'allocation chômage. L'ordre de grandeur retenu par le simulateur du site est un net avant impôt égal à 57 % du coût total pour la société, soit des cotisations d'environ 75 % du net. Le président ne bénéficie ni de la réduction générale de cotisations (réservée aux salariés sous contrat de travail) ni de l'ACRE au-delà de la première année. Sans salaire, aucune cotisation n'est due, et aucun droit n'est acquis.

Impôt : IR forfaitaire contre IS puis PFU

En micro-entreprise, l'impôt sur le revenu est calculé sur le chiffre d'affaires diminué de l'abattement forfaitaire (art. 50-0 et 102 ter du CGI), ajouté aux autres revenus du foyer et soumis au barème progressif. Sur option, le versement libératoire remplace cet impôt par un prélèvement de 1, 1,7 ou 2,2 % du chiffre d'affaires, à condition que le revenu fiscal de référence du foyer en N-2 reste sous 29 579 € par part (montant 2026 pour une personne seule). Il est avantageux dès que le foyer est imposable au taux marginal de 11 % ou plus (11 % de 50 % du CA font 5,5 % du CA, contre 1,7 %) ; il coûte de l'impôt pour rien à un foyer non imposable.

En société, le bénéfice (après déduction de la rémunération du dirigeant et de toutes les charges) supporte l'impôt sur les sociétés : 15 % jusqu'à 42 500 € pour les PME dont le capital est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques, 25 % au-delà (art. 219 du CGI). Les dividendes sont ensuite taxés entre les mains de l'associé au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026), ou au barème sur option avec abattement de 40 %. La rémunération du dirigeant, elle, est imposée au barème comme un salaire, après déduction de 10 %.

Exemple chiffré : 60 000 € puis 120 000 € de chiffre d'affaires

Hypothèses : prestation de services relevant des BIC (taux micro 21,2 %), dirigeant seul, taux marginal d'imposition de 30 %, frais professionnels réels de 6 000 € (puis 12 000 €), expert-comptable 1 200 € (puis 1 800 €) en société. En société, tout ce qui reste après frais est versé au dirigeant, soit en rémunération (EURL, SASU salaire), soit en dividendes après IS (SASU dividendes). Calculs réalisés avec les formules auto-entrepreneur, cotisations TNS et dividendes vs salaire du site ; impôt sur le revenu estimé au taux marginal, hors CFE et hors mutuelle.

Exemple chiffré : 60 000 € puis 120 000 € de chiffre d'affaires
CA 60 000 €CotisationsImpôts (IR ou IS + PFU)Net dans la pocheProtection sociale
Micro-entreprise (IR classique)12 720 €9 000 €32 100 €Indépendant, droits proportionnels au CA
Micro-entreprise (versement libératoire)12 720 €1 020 €40 080 €Idem (si RFR N-2 sous le plafond)
EURL, gérant TNS, tout en rémunération12 513 €12 086 €28 201 €Indépendant, sur 40 287 € de rémunération
SASU, tout en salaire22 544 €9 404 €20 852 €Régime général (retraite Agirc-Arrco, IJ), sans chômage
SASU, tout en dividendes0 €8 950 € d'IS + 13 769 € de PFU30 081 €Aucune (ni retraite, ni maladie)

À 60 000 €, la micro-entreprise l'emporte nettement sur toute société où le dirigeant se verse une rémunération, même en payant 6 000 € de frais sur des sommes déjà taxées. La SASU « tout dividendes » affiche un net proche, mais sans aucun droit social : c'est un revenu de complément (retraité, salarié par ailleurs), pas un revenu d'activité principale.

Exemple chiffré : 60 000 € puis 120 000 € de chiffre d'affaires
CA 120 000 €CotisationsImpôtsNet dans la poche
Micro-entrepriseImpossible : plafond de 83 600 € dépassé (sortie du régime après deux ans de dépassement)
EURL, gérant TNS, tout en rémunération25 376 €24 247 €56 577 €
SASU, tout en salaire45 188 €18 960 €42 052 €
SASU, tout en dividendes0 €22 300 € d'IS + 26 345 € de PFU57 555 €

Une fois la micro hors jeu, l'EURL laisse 14 525 € de plus par an que la SASU à rémunération équivalente, au prix d'une protection sociale d'indépendant. En pratique, le président de SASU combine un salaire modéré (pour valider quatre trimestres de retraite et ouvrir les indemnités journalières) et des dividendes, ce qui rapproche les deux statuts. L'arbitrage précis se fait avec le simulateur dividendes ou salaire et le simulateur de cotisations TNS.

Ce que la protection sociale change vraiment

Ce que la protection sociale change vraiment
DroitMicro-entrepreneurGérant TNSPrésident assimilé salarié
Maladie (soins)Remboursements identiques au régime généralIdentiquesIdentiques
Indemnités journalièresSous condition de revenu minimum, calculées sur le CA après abattementSous condition de revenu minimum, calculées sur la rémunérationComme un salarié, sur le salaire
RetraiteTrimestres validés selon le CA (aucun sans CA), complémentaire SSI ou CIPAVBase + complémentaire des indépendants, trimestres selon la rémunérationBase + Agirc-Arrco, trimestres selon le salaire
Accident du travailNon couvert (assurance volontaire)Non couvert (assurance volontaire)Couvert
ChômageATI sous conditions strictes (liquidation, revenus ≥ 10 000 €/an)ATI sous les mêmes conditionsAucun droit (mandat social, pas de contrat de travail)

Le point qui surprend le plus : aucun des trois statuts n'ouvre droit à l'assurance chômage. Le président de SASU paie des cotisations proches de celles d'un salarié, mais pas la cotisation chômage, et ne perçoit rien de France Travail en cas d'arrêt. Seule l'allocation des travailleurs indépendants (ATI) existe, sous des conditions restrictives détaillées dans notre article sur l'ATI 2026. Pour la retraite, les trimestres du micro-entrepreneur ne se valident qu'à partir d'un chiffre d'affaires minimal par trimestre (barème URSSAF fondé sur 150 heures de SMIC de revenu après abattement) : sans chiffre d'affaires, l'année ne compte pas. Voir comment valider ses trimestres de retraite.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

  • Rester en micro avec 30 % de frais. Un e-commerçant qui achète 60 € ce qu'il vend 100 € cotise 12,3 % sur 100 €, pas sur 40 €, et est imposé sur 29 € de bénéfice forfaitaire quel que soit son bénéfice réel. Dès que les frais réels dépassent l'abattement forfaitaire, la société ou l'entreprise individuelle au réel devient préférable.
  • Choisir la SASU pour « faire sérieux » puis se verser un salaire de 3 000 € nets par mois : à ce niveau, l'EURL laisse plusieurs milliers d'euros de plus chaque année pour une couverture maladie identique.
  • Ne se payer qu'en dividendes pendant des années : zéro trimestre de retraite, zéro indemnité journalière, et un contrôle URSSAF possible si l'activité repose entièrement sur le travail du dirigeant.
  • Oublier la CFE et la mutuelle. Les trois statuts paient la cotisation foncière des entreprises à partir de la deuxième année (exonération si le CA reste sous 5 000 €), et aucun n'impose de mutuelle : le dirigeant se couvre lui-même.
  • Changer de statut trop tard. Le passage de la micro à la société n'est pas une transformation mais une cessation d'activité suivie d'une création : nouveau SIREN, nouveaux contrats, transfert du fichier clients, et éventuellement une plus-value sur la clientèle si elle a de la valeur. Anticipez-le l'année où le CA approche 60 000 €, pas quand le plafond est franchi.

Questions fréquentes

À partir de quel chiffre d'affaires la SASU devient-elle plus intéressante que la micro-entreprise ?

Sur le seul critère du net, jamais tant que vous restez sous le plafond et avec peu de frais : à 60 000 € de CA en services, la micro laisse 32 100 € contre 20 852 € en SASU tout salaire. La bascule se justifie par les frais réels (au-delà de 30 à 50 % du CA selon l'activité), le plafond, la TVA à récupérer ou le besoin d'associés.

EURL ou SASU pour un dirigeant seul ?

L'EURL si vous vivez de votre rémunération : à 120 000 € de CA, elle laisse 14 525 € de plus par an que la SASU à salaire équivalent. La SASU si vous cumulez avec un emploi ou une pension, si vous comptez lever des fonds, ou si vous voulez piloter votre revenu entre salaire et dividendes.

Un président de SASU a-t-il droit au chômage ?

Non. Le mandat social n'est pas un contrat de travail : pas de cotisation chômage, pas d'allocation. Seul un cumul avec un vrai contrat de travail distinct (fonctions techniques, lien de subordination) ouvre des droits, et France Travail le vérifie.

Peut-on cumuler micro-entreprise et SASU ?

Oui, pour des activités distinctes. Le cas classique est le président de SASU qui garde une micro-entreprise pour une activité annexe. En revanche, facturer sa propre SASU depuis sa micro-entreprise pour contourner les cotisations est un montage requalifiable.

Quelles cotisations sur les dividendes d'EURL ou de SARL ?

La fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et du compte courant d'associé est soumise aux cotisations TNS du gérant majoritaire, en plus de l'IR de 12,8 % du PFU. En SASU, les dividendes ne supportent que le PFU de 31,4 %, quel que soit leur montant.

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond micro une seule année ?

Rien sur le régime micro, qui n'est perdu qu'après deux années civiles consécutives de dépassement. En revanche, la TVA devient due dès le jour où le seuil majoré (41 250 € en services) est franchi, et les cotisations restent dues sur la totalité du chiffre d'affaires encaissé.

Combien coûte la gestion d'une société par rapport à une micro-entreprise ?

La micro coûte quelques dizaines d'euros par an (compte bancaire dédié obligatoire au-delà de 10 000 € de CA deux ans de suite). Une société ajoute la création (quelques centaines d'euros entre annonce légale et greffe), les honoraires comptables (de l'ordre du millier d'euros par an pour une structure simple) et les frais de dépôt des comptes. Ce surcoût doit être rentabilisé par les frais déduits ou l'arbitrage salaire-dividendes.

Sources officielles

  1. URSSAF : Évolution des taux de cotisations sociales des auto-entrepreneurs (taux au 1er janvier 2026)
  2. entreprendre.service-public.gouv.fr : Régime fiscal de la micro-entreprise (abattements, versement libératoire, seuils de RFR)
  3. entreprendre.service-public.gouv.fr : Franchise en base de TVA (seuils 2026)
  4. entreprendre.service-public.gouv.fr, Impôt sur les sociétés : taux, déclaration, paiement
  5. Bpifrance Création : Régime social du dirigeant : TNS ou assimilé salarié
  6. Code général des impôts, art. 50-0, 102 ter, 151-0 (versement libératoire), 219 (IS) et 200 A (PFU) ; Code de la sécurité sociale, art. L613-7 (micro-social) et L131-6 (dividendes des TNS) ; Code de commerce, art. L526-22 (patrimoine de l'entrepreneur individuel).