Les trois modes de rupture du CDI
| Licenciement | Rupture conv. | Démission | |
|---|---|---|---|
| À l'initiative | Employeur | 2 parties | Salarié |
| Indemnité légale | 1/4 mois × anc. | Idem (minimum) | Aucune |
| Préavis | 1 à 3 mois | Date négociée | 1 à 3 mois |
| Chômage (ARE) | Oui | Oui | Non (sauf cas) |
| Fiscalité indem. | Exo. partielle | Exo. partielle | N/A |
Licenciement : 4 catégories
1. Motif personnel — faute du salarié (simple, grave, lourde), insuffisance professionnelle, inaptitude. L'indemnité légale est due sauf en cas de faute grave ou lourde (où elle est supprimée).
2. Motif économique — suppression de poste, difficultés économiques, mutation technologique. Indemnité légale toujours due, plus indemnités conventionnelles éventuelles. Donne droit à un accompagnement spécifique (CSP, congé de reclassement).
3. Inaptitude — le médecin du travail conclut à l'inaptitude au poste. L'employeur doit chercher un reclassement. Si impossible, licenciement avec indemnité spéciale doublée (Art. L1226-14).
4. Disciplinaire— sanction d'une faute. Faute grave : pas d'indemnité, pas de préavis. Faute lourde : idem + possibilité de dommages-intérêts pour l'employeur.
Rupture conventionnelle : avantages et négociation
Avantages :
- Cumul indemnité + chômage (impossible avec démission)
- Date de fin négociée — souvent plus rapide qu'un licenciement
- Pas de conflit, séparation à l'amiable
- Procédure encadrée par le Code du travail (art. L1237-11 à L1237-16)
Inconvénients :
- L'employeur peut refuser (négociation à deux)
- Délai d'homologation par la DREETS (15 jours ouvrables)
- Si l'employeur veut absolument se séparer, il pourrait avoir intérêt à licencier (vous bénéficieriez d'indemnités conventionnelles potentiellement plus élevées)
Marge de négociation : le minimum légal est l'indemnité de licenciement, mais la pratique courante est de proposer 1 mois par année d'ancienneté pour faciliter l'accord. Pour 7 ans d'ancienneté à 2 500 € brut :
- Minimum légal : 4 375 €
- Pratique courante (1 mois/an) : 17 500 €
Démission : quelques cas où elle ouvre droit au chômage
Démissionner = perte de l'ARE (chômage). Mais quelques exceptions ouvrent droit aux allocations :
Démission « légitime »reconnue par France Travail :
- Suivi du conjoint qui change de lieu de travail
- Mariage ou PACS impliquant un déménagement
- Démission après un changement de lieu de travail imposé sans accord
- Démission pour suivre son enfant handicapé en institution
- Démission pour suivre des études (jeune < 26 ans, sous conditions)
Démission-reconversion(depuis 2019) : tout salarié justifiant de 5 ans d'activité continue peut démissionner pour suivre un projet de reconversion validé par un Conseil en évolution professionnelle. Donne droit à l'ARE pendant la formation (conditions strictes).
Hors ces cas, vous pouvez toucher le chômage 4 mois après la démission si vous prouvez avoir activement cherché du travail (recours à France Travail).
Cas pratique : faut-il négocier ou laisser licencier ?
Vous avez 8 ans d'ancienneté à 3 000 € brut, et votre employeur veut vous remplacer.
Option A : laisser licencier (motif personnel)
- Indemnité légale : 6 000 € (8 × 0,25 × 3 000)
- Préavis : 2 mois rémunérés
- Chômage : oui, environ 70 % du salaire net pendant 18 mois
- Risque : contentieux possible, image dégradée
Option B : rupture conventionnelle
- Indemnité négociée : 8 000 à 12 000 € (selon négociation)
- Date de fin négociée
- Chômage : oui
- Sortie propre, recommandation possible
Dans ce cas, la rupture conventionnelle est souvent préférable. La démission ne se justifie que si on a déjà un autre poste en main.
En résumé
Le licenciement et la rupture conventionnelle ouvrent droit à des indemnités et au chômage. La démission est désavantageuse financièrement sauf cas exceptionnels. La rupture conventionnelle est généralement la solution la plus civilisée quand les deux parties veulent se séparer.
Articles connexes à lire ensuite
Préavis de licenciement CDI 2026 : durée, calcul, dispense
Préavis de licenciement CDI 2026 : 1 mois (6 mois-2 ans ancienneté), 2 mois (2+ ans), 3 mois (cadres). Conditions, dispense employeur, indemnité compensatrice.
Lire l'articleSolde de tout compte 2026 : éléments, délai, recours en cas d'erreur
Solde de tout compte 2026 : salaire dernier mois, indemnité licenciement, congés payés, prime. Délai paiement, dénonciation 6 mois si erreur.
Lire l'articleAllocation chômage 2026 : montant, durée et conditions de l'ARE
Tout savoir sur l'allocation chômage (ARE) en 2026 : calcul du SJR, taux, durée d'indemnisation, différé, plancher et plafond. Avec exemples chiffrés.
Lire l'articleContrat saisonnier 2026 : salaire, droits, fin de contrat
SMIC 11,88 €/h brut, heures sup majorées, logement en avantage en nature, pas de prime de précarité mais 10 % de congés payés, reconduction : vos droits 2026.
Lire l'article