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8 min de lecture

Contrat saisonnier 2026 : salaire, droits, fin de contrat

Hôtellerie, restauration, agriculture, tourisme : le contrat saisonnier est un CDD à part. Salaire au moins égal au SMIC (11,88 € brut de l'heure en référence 2025), heures supplémentaires majorées, logement valorisé en avantage en nature… et, à la fin du contrat, pas de prime de précarité de 10 % — la loi l'exclut — mais une indemnité de congés payés de 10 % et un droit à la reconduction dans certaines branches. Le point complet avant de signer.

1. Le contrat saisonnier, un CDD à part

Le contrat saisonnier est un CDD conclu pour des tâches appelées à se répéter chaque année à des dates à peu près fixes, en fonction du rythme des saisons ou des modes de vie collectifs : récoltes agricoles, hôtellerie-restauration de bord de mer ou de montagne, remontées mécaniques, animation touristique (article L. 1242-2, 3° du Code du travail)[1]. Il présente deux particularités : il peut être conclu sans terme précis (il court alors jusqu'à la fin de la saison, avec une durée minimale obligatoire) et il échappe à la prime de précarité versée à la fin des CDD classiques — nous y revenons plus bas.

2. Quel salaire en 2026 ? SMIC et heures supplémentaires

Comme tout salarié, le saisonnier ne peut pas être payé sous le SMIC : 11,88 € brut de l'heure (valeur de référence 2025, en vigueur depuis le 1ᵉʳ novembre 2024 ; le montant 2026 sera ajusté en cas de revalorisation), soit environ 1 802 € bruts par mois pour 35 heures, autour de 1 426 € net. Vérifiez aussi le minimum conventionnel de votre branche : dans l'hôtellerie-restauration (HCR), il est légèrement supérieur au SMIC dès le premier échelon[2].

Les heures supplémentaires sont la norme en saison. À défaut d'accord collectif, elles sont majorées de 25 % de la 36ᵉ à la 43ᵉ heure hebdomadaire et de 50 % au-delà. En HCR, où la durée conventionnelle atteint 39 heures, les majorations sont de 10 % de la 36ᵉ à la 39ᵉ heure, 20 % de la 40ᵉ à la 43ᵉ et 50 % ensuite. Toutes ces heures doivent figurer sur le bulletin de paie : pour traduire votre brut en net, utilisez notre simulateur salaire brut-net.

3. Logé, nourri : comment sont valorisés les avantages en nature

Beaucoup d'employeurs saisonniers logent ou nourrissent leurs salariés. Ces avantages ne sont jamais « gratuits » au sens de la paie : ils constituent des avantages en nature, ajoutés au salaire brut (donc soumis à cotisations et imposables), puis déduits du net à payer. Le logement est évalué selon le barème forfaitaire de l'URSSAF — environ 78 € par mois pour une pièce au barème 2025, pour les rémunérations modestes — ou d'après sa valeur locative. En HCR, chaque repas fourni est évalué au minimum garanti, soit environ 4,20 € par repas en référence 2025[3]. Un logement fourni sans aucune mention sur la fiche de paie est une anomalie à signaler.

4. Fin de contrat : pas de prime de précarité, mais des droits

C'est la grande spécificité du CDD saisonnier : la loi exclut expressément l'indemnité de fin de contrat de 10 %, dite « prime de précarité » (article L. 1243-10 du Code du travail), sauf si une convention collective, un accord ou un usage plus favorable la prévoit[4]. Les autres droits de fin de contrat demeurent :

DroitCDD classiqueCDD saisonnier
Indemnité de fin de contrat (10 %)OuiNon, sauf convention ou usage plus favorable
Indemnité compensatrice de congés payés (10 %)OuiOui
Certificat de travail, solde de tout compte, attestation France TravailOuiOui
Allocation chômageOui, sous conditionsOui, sous conditions

L'indemnité compensatrice de congés payés, elle, est toujours due si vous n'avez pas pris vos congés pendant le contrat : 10 % de la rémunération brute totale perçue, versée avec le dernier salaire.

5. Reconduction : retrouver son poste la saison suivante

Le contrat peut comporter une clause de reconductionpour la saison suivante. Au-delà, dans les branches où l'emploi saisonnier est particulièrement développé (remontées mécaniques, hôtellerie de plein air…), le salarié qui a effectué au moins deux mêmes saisons dans la même entreprise sur deux années consécutivesbénéficie d'un droit à la reconduction de son contrat, dès lors qu'un emploi compatible est disponible (articles L. 1244-2 et suivants du Code du travail). L'employeur doit l'informer de ce droit et justifier tout refus. Demandez par écrit, avant la fin de la saison, à être recontacté pour la suivante : ce courriel servira de preuve.

6. Exemple — Théo, serveur deux mois en station balnéaire

Théo, 21 ans, est serveur en juillet et août 2026, 35 heures par semaine au SMIC. Son brut mensuel est d'environ 1 802 €, soit autour de 1 426 € net. À la fin du contrat, il n'a pris aucun congé : son employeur lui verse une indemnité compensatrice de congés payés de 10 % de 3 604 € de brut, soit environ 360 €. Pas de prime de précarité, en revanche : son contrat est saisonnier. Logé par l'employeur, il voit apparaître sur sa fiche de paie un avantage en nature logement de quelques dizaines d'euros par mois. Étudiant, Théo bénéficiera en outre d'une exonération d'impôt sur ses salaires dans une certaine limite annuelle : voyez notre article job étudiant et impôt 2026.

7. Questions fréquentes

Ai-je droit au chômage après ma saison ?

Oui, si vous remplissez les conditions d'affiliation de droit commun : avoir travaillé au moins six mois (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois, tous contrats confondus. Inscrivez- vous à France Travail dès la fin du contrat, muni de votre attestation employeur.

Mon employeur peut-il rompre le contrat avant la fin de la saison ?

Non, sauf cas limités : période d'essai, faute grave, force majeure, inaptitude constatée par le médecin du travail ou accord commun. Hors de ces cas, la rupture anticipée ouvre droit à des dommages et intérêts au moins égaux aux salaires que vous auriez perçus jusqu'au terme. Vous-même ne pouvez partir avant terme que dans ces mêmes cas ou pour une embauche en CDI.

La prime de précarité peut-elle malgré tout m'être versée ?

Oui, dans deux situations : si la convention collective, un accord d'entreprise ou un usage la prévoit pour les saisonniers ; ou si le poste n'était pas réellement saisonnier (activité permanente de l'entreprise) — le contrat peut alors être requalifié par le conseil de prud'hommes, avec rappel de l'indemnité de 10 % et d'éventuels autres compléments.

Je suis étudiant : mon salaire de saison est-il imposable ?

Les salaires perçus par les jeunes de 25 ans au plus poursuivant leurs études bénéficient, sur option, d'une exonération d'impôt sur le revenu dans la limite de trois SMIC mensuels par an. Au-delà, seul le surplus est imposable. Le détail figure dans notre article dédié au job étudiant et à l'impôt 2026.

Quelles règles si j'ai 16 ou 17 ans ?

Le SMIC peut être minoré de 20 % avant 17 ans et de 10 % entre 17 et 18 ans, sauf si vous justifiez de six mois de pratique professionnelle dans la branche. Les durées de travail des mineurs sont par ailleurs strictement encadrées (35 heures hebdomadaires maximum sauf dérogation, travail de nuit interdit en principe).

Sources officielles consultées

  1. Service-public.fr — fiche « Contrat de travail saisonnier », mise à jour 2026.
  2. Ministère du Travail — montant du SMIC et régime des heures supplémentaires (travail-emploi.gouv.fr).
  3. URSSAF — barème des avantages en nature (logement, nourriture), valeurs en vigueur.
  4. Code du travail — articles L. 1242-2 (3°), L. 1243-10 (indemnité de fin de contrat) et L. 1244-2 et suivants (reconduction), Légifrance.

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