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Indemnité de précarité CDD 2026 : 10 % du salaire — calcul, exceptions

L'indemnité de précarité (prime de fin de contrat) est due au salarié en CDD à la fin de son contrat : 10 % du salaire brut total perçu pendant le CDD (Code du travail L1243-8). Pour un CDD de 6 mois à 2 000 € brut/mois (total 12 000 €), l'indemnité est de 1 200 € brut. Plusieurs exceptions excluent ce droit : CDD étudiant, refus du CDI proposé, saisonnier. Voici le calcul exact et les cas pratiques.

1. Qu'est-ce que l'indemnité de précarité ?

L'indemnité de précarité(également appelée « prime de précarité » ou « indemnité de fin de contrat ») est une somme versée par l'employeur au salarié à la fin d'un contrat à durée déterminée (CDD), en compensation de la précarité de l'emploi. Elle est prévue par l'article L1243-8 du Code du travail et constitue un complément de salaire dû automatiquement, sauf cas d'exclusion légale.

Son objectif est de compenser le fait que le salarié en CDD ne bénéficie pas, comme un salarié en CDI, d'une perspective de stabilité dans l'emploi. Elle s'ajoute à l'indemnité compensatrice de congés payés (qui, elle, indemnise les jours non pris) et aux autres droits éventuels (heures supplémentaires, primes contractuelles).

2. Le calcul : 10 % du salaire brut total

Le montant de l'indemnité de précarité est fixé à 10 % de la rémunération brute totaleperçue par le salarié pendant la durée du CDD, hors indemnité de congés payés. Cette base intègre :

  • Le salaire de base brut mensuel ;
  • Les heures supplémentaires et complémentaires ;
  • Les primes contractuelles (13e mois, prime d'ancienneté, prime d'objectif) ;
  • Les avantages en nature (logement, véhicule, repas) évalués selon les barèmes URSSAF ;
  • Les majorations de nuit, dimanche, jours fériés.

En revanche, l'indemnité compensatrice de congés payés (10 % du brut total également) n'entre pas dans la base de calcul. Une convention collective peut prévoir un taux supérieur(12 %, 15 %) ou inférieur (6 % avec contrepartie de formation professionnelle), mais jamais en dessous de 6 %. Le taux légal de 10 % reste la référence par défaut.

3. Exemple chiffré : CDD 6 mois à 2 000 € brut

Cas pratique :un salarié signe un CDD de 6 mois rémunéré 2 000 € brut/mois. Salaire brut total perçu : 2 000 € × 6 mois = 12 000 €. Indemnité de précarité : 12 000 € × 10 % = 1 200 € brut. Après cotisations sociales (~22 %) et CSG/CRDS, le net touché est d'environ 940 €.

Si le même salarié a perçu en plus 600 € de prime d'objectif au cours du contrat, la base de calcul passe à 12 600 € ; l'indemnité de précarité atteint alors 1 260 € brut. Pour calculer précisément le net et le coût employeur, le simulateur indemnité fin de CDD intègre les paramètres conventionnels.

Durée CDDSalaire brut mensuelBrut total CDDIndemnité brute (10 %)Indemnité nette estimée
3 mois1 800 €5 400 €540 €~420 €
6 mois2 000 €12 000 €1 200 €~940 €
12 mois2 500 €30 000 €3 000 €~2 340 €
18 mois3 000 €54 000 €5 400 €~4 200 €

4. Les exceptions : cas où l'indemnité n'est pas due

L'article L1243-10 du Code du travail prévoit plusieurs cas d'exclusion. Dans ces situations, le salarié ne perçoit pas la prime de précarité même si son CDD prend fin :

  • CDD étudiant pendant les vacances scolaires ou universitaires (job d'été, contrat saisonnier estudiantin) ;
  • CDD d'usage saisonnier dans les secteurs où il est d'usage de ne pas recourir au CDI compte tenu de la nature de l'activité (hôtellerie-restauration de saison, tourisme, agriculture, déménagement, sport professionnel, audiovisuel) ;
  • Refus par le salarié d'un CDI proposé par l'employeur, à condition que le CDI porte sur le même emploi ou un emploi similaire aux mêmes conditions (rémunération, durée du travail, lieu) et avec une rémunération au moins équivalente ;
  • CDD apprentissage et contrat de professionnalisation ;
  • Contrats aidés et d'insertion : CDD d'insertion (CUI-CAE, CIE), contrat unique d'insertion ;
  • Rupture anticipée par le salarié (démission du CDD, sauf en cas d'embauche en CDI ailleurs avec préavis) ou faute grave/lourde du salarié ;
  • Force majeure rendant impossible la poursuite du contrat (incendie, catastrophe naturelle).

Point important : le refus d'un CDI ne fait perdre la prime que si l'offre est écrite, faite avant la fin du CDD, et porte sur des conditions équivalentes. Toute offre verbale ou défavorable ne suffit pas pour priver le salarié de l'indemnité.

5. Versement et fiscalité

L'indemnité de précarité est versée avec le dernier bulletin de salaire, c'est-à-dire à la même date que le solde de tout compte. Elle figure sur une ligne distincte du bulletin, intitulée « indemnité de fin de contrat » ou « prime de précarité ». Le solde de tout compte regroupe : dernier salaire brut, indemnité de précarité, indemnité compensatrice de congés payés, et éventuellement primes au prorata.

Sur le plan fiscal et social, l'indemnité de précarité est soumise aux mêmes cotisations que le salaire (cotisations salariales et patronales, CSG/CRDS) et à l'impôt sur le revenu. Elle est intégrée au revenu imposable de l'année de versement et au prélèvement à la source. Cette fiscalité explique l'écart entre brut et net : pour 1 200 € brut, comptez environ 940 € net avant impôt, et 850-900 € après PAS selon votre TMI.

6. Cumul avec l'indemnité de congés payés

L'indemnité de précarité se cumule intégralement avec l'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP), versée pour rémunérer les jours de congé acquis et non pris. Les deux indemnités obéissent à des logiques différentes :

  • Indemnité de précarité : 10 % du brut total, due au titre de la précarité (sauf exclusions).
  • Indemnité compensatrice de congés payés : 10 % du brut total (incluant l'indemnité de précarité), due dans tous les cas tant que des jours restent à prendre.

Pour un CDD de 6 mois à 2 000 € brut, le salarié peut ainsi cumuler 1 200 € d'indemnité de précarité et environ 1 200 € d'indemnité de congés payés, soit 2 400 € brut en plus du dernier salaire. Ces sommes sont versées en une fois sur le solde de tout compte, et le salarié peut ensuite s'inscrire à France Travail pour percevoir l'allocation chômage.

7. Articulation avec l'allocation chômage

À la fin d'un CDD, le salarié a droit à l'allocation chômage (ARE) sous réserve d'avoir cotisé suffisamment (au moins 6 mois sur les 24 derniers mois). L'indemnité de précarité n'a aucun impact directsur le montant ou la durée d'indemnisation, mais elle est intégrée au salaire journalier de référence (SJR) pour le calcul de l'ARE : les primes versées en fin de contrat augmentent légèrement le SJR et donc l'ARE.

En revanche, le différé d'indemnisationtient compte des indemnités supra-légales (au-delà du minimum légal). L'indemnité de précarité étant légale, elle n'allonge pas le différé : seul l'éventuel surplus conventionnel peut être pris en compte. Pour estimer vos droits, utilisez le simulateur allocation chômage.

8. Questions fréquentes

Le CDI proposé après un CDD doit-il être strictement identique ?

Pour priver le salarié de l'indemnité, le CDI proposé doit porter sur le même emploi ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente, sur le même lieu de travail et avec la même durée de travail. Un CDI moins rémunéré, sur un poste différent ou à temps partiel si le CDD était à temps plein, n'efface pas l'indemnité en cas de refus.

Que se passe-t-il en cas de renouvellement du CDD ?

L'indemnité de précarité est due à la fin définitive du contrat. En cas de renouvellement du CDD (un même contrat peut être renouvelé deux fois dans la limite de 18 mois cumulés), l'indemnité n'est versée qu'à la fin du dernier renouvellement, calculée sur la totalité de la rémunération versée pendant l'ensemble des périodes.

L'intérim donne-t-il aussi droit à une prime ?

Oui, avec un mécanisme similaire : en mission d'intérim (contrat de mission), le salarié intérimaire perçoit une indemnité de fin de mission(IFM) de 10 % du salaire brut versé par l'entreprise de travail temporaire, sauf dans les mêmes cas d'exclusion (refus de CDI, démission, faute grave, CDD étudiant…).

Que faire si l'employeur ne verse pas l'indemnité ?

Le salarié peut adresser une mise en demeure à l'employeur, puis saisir le conseil de prud'hommes. Le délai de prescription est de 3 ans à compter de la date à laquelle l'indemnité aurait dû être versée. L'employeur peut être condamné à verser l'indemnité majorée de dommages-intérêts pour résistance abusive, ainsi que les cotisations sociales correspondantes.

L'indemnité est-elle due si le CDD est rompu pendant la période d'essai ?

Non. La rupture pendant la période d'essai (par l'une ou l'autre des parties) n'ouvre pas droit à l'indemnité de précarité, puisque le contrat n'a pas atteint son terme prévu. Seule l'arrivée à terme du CDD ou une rupture par l'employeur sans faute grave déclenche le versement de l'indemnité.

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