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Congé maternité 2026 : 16 semaines, IJSS, conditions

Le congé maternité 2026 dure 16 semaines pour le 1er ou 2e enfant (6 semaines avant + 10 après accouchement), 26 semaines pour le 3e+, 34 sem pour jumeaux et 46 sem pour triplés. L'IJSS est égale au salaire journalier de base (plafonné à 4 005 € brut/mois) diminué d'un forfait de 21 %, soit 104,02 € par jour au maximum en 2026. Conditions : 6 mois d'affiliation Sécu + 150 h travaillées en 3 mois. Voici la durée précise, le calcul de l'IJSS et la démarche CPAM.

Rédigé et vérifié par l'éditeur du site, un particulier indépendant. Comment les textes sont relus et corrigés : édition et vérification.

Vérifié le Édition et vérificationMéthodologie

1. Congé maternité 2026 : durée totale selon la situation

Le congé maternité est un droit fondamental du Code du travail (Art. L1225-17 et suivants) qui interdit l'emploi d'une salariée pendant une durée minimale autour de l'accouchement. La durée légale dépend du rang de l'enfant dans la famille et du nombre d'enfants à naître. En 2026, la France propose 16 à 46 semaines selon la situation, avec une indemnité journalière calculée sur le salaire brut plafonné (voir le calcul plus bas).

Le congé maternité se divise en deux périodes distinctes : le congé prénatal (avant la date présumée d'accouchement) et le congé postnatal (après la naissance). Au minimum 8 semaines doivent être obligatoirement prises, dont au moins 6 semaines après l'accouchement, sous peine de perdre l'indemnisation.

2. Tableau des durées par situation familiale

Tableau des durées par situation familiale
SituationPrénatalPostnatalTotal
1er ou 2e enfant6 sem10 sem16 semaines
3e enfant ou plus8 sem18 sem26 semaines
Jumeaux12 sem22 sem34 semaines
Triplés ou plus24 sem22 sem46 semaines

Pour le rang de l'enfant, on tient compte du nombre d'enfants à charge ou nés viables d'au moins 22 semaines de gestation. Une fausse couche tardive ou un enfant décédé peu après la naissance compte donc dans le calcul du rang pour les grossesses suivantes.

Report possible : la mère peut avancer une partie de son congé prénatal sur le postnatal (jusqu'à 3 semaines sur les 6 du 1er ou 2e enfant), à condition d'avoir un certificat médical attestant qu'aucun risque ne s'oppose à la poursuite du travail. Cela permet de prolonger la période passée avec le bébé après la naissance.

3. Conditions d'ouverture des droits à indemnisation

Pour bénéficier des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) pendant le congé maternité, la salariée doit remplir les conditions cumulatives suivantes :

  • Être affiliée à la Sécurité sociale française depuis au moins 6 mois à la date présumée d'accouchement (DPA).
  • Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois civils précédant le début du congé prénatal, OU avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire sur les 6 mois précédents (12 494,65 € avec un SMIC horaire de 12,31 €).
  • Pour les contrats discontinus (saisonnier, intérimaire, employeurs multiples) : 600 heures travaillées en 12 mois, ou cotisations sur 2 030 SMIC horaire sur 12 mois.

Le congé maternité est ouvert à toutes les salariées du privé comme du public, en CDI, CDD, intérim ou apprentissage. Les travailleuses indépendantes (TNS, professions libérales, micro-entrepreneuses, artisanes, commerçantes) bénéficient également d'un congé maternité, avec une allocation forfaitaire de repos maternel et des indemnités journalières versées par la CPAM. Les conjointes collaboratrices ont aussi accès à une indemnisation.

4. Calcul de l'IJSS maternité : salaire journalier plafonné, moins 21 %

Pendant le congé maternité, la salariée perçoit des indemnités journalières versées par la CPAM, calculées sur le salaire brut moyen des 3 derniers mois précédant le congé :

IJSS journalière = (salaires bruts des 3 derniers mois ÷ 91,25) × 79 %

Chaque salaire mensuel est retenu dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit 4 005 € brut par mois en 2026. Le salaire journalier de base maximal est donc de 4 005 × 3 ÷ 91,25 ≈ 131,67 €. La CPAM en déduit un taux forfaitaire de 21 % représentant la part salariale des cotisations et contributions (CSG et CRDS comprises) : l'indemnité journalière maximale s'établit à 104,02 € par jour au 1er janvier 2026 (minimum : 11,12 € par jour). Aucun autre prélèvement social n'est retenu sur ce montant.

Fiscalité : comme les salaires, les IJSS de maternité sont soumises à l'impôt sur le revenu et au prélèvement à la source, appliqué par la CPAM lors du versement. Elles figurent dans le montant prérempli de la déclaration de revenus.

5. Exemples chiffrés : 3 profils de salariées

Profil 1 : Salariée au SMIC (1 867,02 € brut/mois, soit 1 477,93 € net) attendant son 1er enfant. Salaire journalier de base = 1 867,02 × 3 ÷ 91,25 ≈ 61,38 €, soit après le forfait de 21 % une IJSS de 48,49 € par jour. Sur les 16 semaines (112 jours), elle perçoit environ 5 430 €, avant impôt sur le revenu (prélèvement à la source selon son taux, souvent nul à ce niveau de revenu).

Profil 2 : Salariée à 2 800 € brut/mois (environ 2 216 € net) attendant son 2e enfant. Salaire journalier de base = 2 800 × 3 ÷ 91,25 ≈ 92,05 €, soit une IJSS de 72,72 € par jour. Sur les 16 semaines, elle touche environ 8 145 € d'IJSS, avant prélèvement à la source. Si son employeur (via la convention collective) maintient son salaire intégral, elle continue de recevoir ses 2 216 € nets habituels, dont une partie versée par la CPAM et la différence par l'employeur.

Profil 3 : Cadre à 7 500 € brut/mois (environ 5 966 € net) attendant son 3e enfant. Son salaire dépasse le plafond de 4 005 € : l'IJSS est plafonnée à 104,02 € par jour. Sur les 26 semaines (182 jours), elle perçoit environ 18 930 € d'IJSS, avant prélèvement à la source. Par rapport à son salaire net habituel sur 6 mois (environ 35 800 €), le manque à gagner dépasse 16 000 € sans complément de l'employeur.

6. Congé pathologique : +14 jours pré et +28 jours post

En cas de complications médicales liées à la grossesse, la salariée peut bénéficier d'un congé pathologique prescrit par un médecin :

  • Pathologique prénatal : 14 jours maximum, à prendre avant le début du congé maternité légal. Il est indemnisé selon les mêmes règles que le congé maternité (IJSS 100 % du SJR plafonné).
  • Pathologique postnatal : 28 jours maximum, à prendre immédiatement après la fin du congé maternité légal. Il est en revanche indemnisé en tant qu'arrêt maladie (IJ maladie égale à 50 % du salaire journalier de base, dans la limite du plafond de l'IJ maladie).

Le congé pathologique nécessite un certificat médical spécifique attestant de la nature pathologique de la grossesse ou des suites de l'accouchement. La salariée doit le transmettre à sa CPAM dans les 48 heures suivant la prescription.

7. Démarche : déclaration de grossesse avant la 14e semaine

La déclaration de grossesse doit être effectuée avant la fin du 3e mois de grossesse pour ouvrir les droits sans retard. Elle est le plus souvent transmise en ligne par le médecin ou la sage-femme lors du premier examen prénatal ; à défaut, la salariée envoie le formulaire papier « Premier examen médical prénatal » à sa CPAM et à sa CAF.

Cette déclaration déclenche :

  • L'ouverture des droits à la prise en charge à 100 % des examens prénataux obligatoires, puis de l'ensemble des soins à partir du 1er jour du 6e mois de grossesse et jusqu'à 12 jours après l'accouchement.
  • L'examen des droits à la prime à la naissance de la Paje (1 093,11 € par enfant depuis le 1er avril 2026, sous conditions de ressources, versée avant la fin du mois civil suivant le 6e mois de grossesse).

Côté employeur, aucun délai légal n'impose d'annoncer la grossesse à une date donnée, mais la protection contre le licenciement ne joue qu'une fois l'employeur informé. Avant le départ, la salariée lui indique le motif de son absence et les dates présumées de début et de fin du congé, par lettre recommandée avec accusé de réception (ou remise en main propre contre récépissé), accompagnée d'un certificat médical mentionnant la date présumée d'accouchement.

8. Protection contre le licenciement

Le Code du travail (Art. L1225-4) impose une interdiction absolue de licenciement qui s'étend sur trois phases :

  • Pendant toute la grossesse (à compter du certificat médical de grossesse transmis à l'employeur).
  • Pendant le congé maternité et toute période de congé pathologique associée.
  • Pendant les congés payés pris immédiatement après le congé maternité et les 10 semaines suivant le retour au travail (article L1225-4 du Code du travail).

Pendant ces périodes, le licenciement n'est admis qu'en cas de faute grave non liée à la grossesse ou en cas d'impossibilité de maintenir le contrat pour un motif indépendant de la grossesse (cessation d'activité de l'entreprise par exemple). Un licenciement abusif est nul de plein droit, ouvrant droit à réintégration ou à une indemnisation minimale de 6 mois de salaire.

9. Retour au travail et droits associés

À l'issue du congé maternité, la salariée retrouve son emploi précédent ou un emploi équivalent avec une rémunération au moins équivalente, et bénéficie automatiquement des augmentations générales et individuelles décidées en son absence (Art. L1225-26).

La salariée a aussi droit à un entretien professionnel avec son employeur à sa reprise, à une visite médicale de reprise dans les 8 jours, et à des actions de formation pour remettre à niveau ses compétences. En cas d'allaitement maternel, elle bénéficie d'1 heure par jour (en deux fois 30 minutes) à prendre sur son temps de travail pendant un an. Cette heure n'est pas rémunérée sauf accord collectif plus favorable.

Le congé maternité est assimilé à du temps de travail effectif : il compte pour le calcul des congés payés, de l'ancienneté, de la participation/intéressement et du 13e mois. C'est l'un des dispositifs les plus protecteurs du droit du travail français.

10. Cumul avec le congé parental d'éducation

À la suite du congé maternité, la salariée peut enchaîner avec un congé parental d'éducation (CPE) à temps complet ou à temps partiel, jusqu'aux 3 ans de l'enfant. Le CPE est ouvert à toute personne ayant au moins 1 an d'ancienneté dans l'entreprise au jour de la naissance.

Indemnisation du CPE : la prestation partagée d'éducation (PreParE) versée par la CAF dépend du temps de réduction d'activité : 459,70 €/mois à temps plein, 297,17 € pour un temps partiel d'au plus 50 %, 171,42 € entre 50 et 80 % (montants en vigueur depuis le 1er avril 2026). Elle est versée au plus 6 mois par parent pour un premier enfant (jusqu'à ses 1 an) et jusqu'à 24 mois par parent à partir du deuxième enfant (jusqu'à ses 3 ans). Beaucoup plus faible donc que les IJSS, ce qui en fait un choix à arbitrer avec votre conjoint via une simulation salaire net fine.

Le CPE peut être prolongé jusqu'aux 3 ans de l'enfant (par périodes renouvelables de 6 mois ou 1 an selon les cas), et la salariée retrouve son poste à l'issue, dans les mêmes conditions de protection qu'à la sortie du congé maternité. Les montants de la PreParE, la répartition entre les parents et la démarche CAF sont détaillés dans l'article sur le congé parental 2026.

Deux autres congés indemnisés s'articulent avec celui de la mère. Le second parent dispose d'un congé de paternité de 25 jours (32 en cas de naissances multiples), indemnisé par la CPAM sur les mêmes bases que les IJ maternité. Et si l'enfant naît avec une maladie grave ou un handicap, l'allocation journalière de présence parentale permet à l'un des parents de suspendre son activité jusqu'à 310 jours sur trois ans.

11. Questions fréquentes

Puis-je travailler pendant mon congé maternité ?

Non. Le congé maternité comporte une interdiction absolue d'emploi pour la salariée pendant les 8 semaines obligatoires (2 avant + 6 après l'accouchement), assortie d'une amende pour l'employeur en cas d'infraction (contravention de 5e classe, 1 500 € au plus). Au-delà de ces 8 semaines, la salariée peut théoriquement reprendre, mais elle perdrait ses IJSS pour les jours travaillés.

Mon employeur peut-il maintenir 100 % de mon salaire ?

Oui, si votre convention collective ou un accord d'entreprise le prévoit : de nombreuses conventions collectives imposent un maintien du salaire pendant tout ou partie du congé maternité, souvent sous condition d'ancienneté, l'employeur versant le complément aux IJSS plafonnées. La loi n'impose aucun maintien de salaire. Vérifiez votre code IDCC sur votre fiche de paie et consultez le texte de la convention sur Légifrance pour connaître précisément vos droits.

Que se passe-t-il en cas d'accouchement prématuré ?

Si l'enfant naît plus de 6 semaines avant la date présumée et nécessite une hospitalisation, la mère bénéficie d'un congé supplémentaire qui couvre la totalité de la période d'hospitalisation, sans réduction du congé postnatal. La durée totale peut donc dépasser largement les 16 ou 26 semaines de référence.

Le congé maternité compte-t-il pour la retraite ?

Oui. Le congé maternité est une période assimilée : 1 trimestre est validé par période de 90 jours d'indemnités journalières. S'y ajoute la majoration de durée d'assurance : 4 trimestres au titre de la maternité, attribués automatiquement à la mère, et 4 trimestres au titre de l'éducation de l'enfant (dont 2 attribués d'office à la mère pour les enfants nés depuis 2010, les 2 autres pouvant être partagés avec le père). Les IJSS de maternité sont également intégrées dans le salaire annuel moyen servant au calcul de la retraite de base, y compris, depuis le 1er septembre 2023, celles perçues avant 2012.

Je suis en CDD : ai-je les mêmes droits ?

Oui, sous réserve de remplir les conditions d'affiliation Sécu (6 mois + 150 h en 3 mois). La protection contre le licenciement s'applique également aux CDD. Cependant, si le terme du CDD intervient pendant le congé maternité, le contrat prend fin à la date prévue : l'employeur n'a pas d'obligation de le renouveler. La CPAM continuera de verser les IJSS jusqu'à la fin du congé, mais l'allocation chômage prendra le relais ensuite si vous remplissez les conditions.

Sources