Tableau comparatif principal
| Critère | CDI | CDD | Intérim |
|---|---|---|---|
| Durée | Indéterminée | 18 mois au plus à défaut d'accord de branche, renouvellements compris (art. L1242-8-1) | 18 mois au plus par mission à défaut d'accord de branche (art. L1251-12-1) |
| Indemnité de fin de contrat | Aucune | 10 % du brut total (prime de précarité, art. L1243-8) | 10 % du brut total (IFM, art. L1251-32) |
| Indemnité de congés payés | Salaire maintenu pendant les congés | 10 % du brut, prime de précarité comprise, en fin de contrat si les congés n'ont pas été pris (art. L1242-16) | 10 % du brut, IFM comprise, à chaque fin de mission (art. L1251-19) |
| Allocation chômage (ARE) | Mêmes règles pour les trois contrats : 57 % du SJR ou 40,4 % du SJR + 13,18 €/jour | Idem (fin de contrat = perte involontaire d'emploi) | Idem (fin de mission = perte involontaire d'emploi) |
| Période d'essai | 2, 3 ou 4 mois selon la catégorie, renouvelable une fois si un accord de branche le prévoit | 1 jour par semaine : 2 semaines au plus (CDD de 6 mois ou moins), 1 mois au-delà (art. L1242-10) | À défaut d'accord : 2, 3 ou 5 jours selon la durée de la mission (art. L1251-14) |
| Rupture avant le terme | Démission, licenciement, rupture conventionnelle | Accord des parties, faute grave, force majeure, inaptitude ou embauche en CDI ailleurs | Mêmes cas ; en cas de rupture par l'agence, nouvelle mission ou salaire maintenu |
| Indemnité de licenciement | 1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà (art. R1234-2) | Sans objet (prime de précarité) | Sans objet (IFM) |
| Accès au crédit immobilier | Revenus considérés comme stables une fois la période d'essai passée | Plus difficile : la banque juge la régularité des revenus passés | Plus difficile, sauf ancienneté longue dans l'intérim |
| Mutuelle d'entreprise | Obligatoire | Obligatoire, dispense possible pour un CDD de moins de 3 mois déjà couvert | Obligatoire (mutuelle de l'agence), même dispense |
| CPF (formation) | 500 € par an (800 € pour les moins qualifiés) | Idem, au prorata du temps travaillé | Idem, au prorata du temps travaillé |
| Complément de rémunération sur 12 mois | Aucun (ancienneté, indemnité de licenciement à terme) | +21 % du salaire brut (précarité 10 % + congés 10 % sur salaire et prime) | +21 % du salaire brut (IFM 10 % + congés 10 % sur salaire et IFM) |
Comment fonctionne le CDI
Le contrat à durée indéterminée est la forme normale de la relation de travail (art. L1221-2 du Code du travail). Il apporte l'ancienneté, l'indemnité légale de licenciement (1/4 de mois de salaire par année jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà, après 8 mois d'ancienneté) et l'encadrement des motifs de rupture.
Pas d'indemnité de fin de contrat : la stabilité en tient lieu. Le salarié peut démissionner avec préavis (durée fixée par la convention collective). En cas de licenciement ou de rupture conventionnelle, il a droit à l'allocation de retour à l'emploi (ARE) : 57 % du salaire journalier de référence (SJR) ou 40,4 % du SJR + 13,18 € par jour, le montant le plus élevé, dans la limite de 75 % du SJR. La durée est plafonnée à 548 jours (18 mois) avant 55 ans, 685 jours (22,5 mois) à 55 et 56 ans et 822 jours (27 mois) à partir de 57 ans.
Comment fonctionne le CDD
Le contrat à durée déterminée ne peut être conclu que pour un motif précis (remplacement, accroissement temporaire d'activité, emploi saisonnier ou d'usage, contrat à objet défini). Durée maximale de 18 mois à défaut d'accord de branche, deux renouvellements compris (9, 24 ou 36 mois dans des cas particuliers, art. L1242-8-1).
À la fin du contrat, le salarié perçoit :
- Indemnité de fin de contrat (prime de précarité) : 10 % de la rémunération brute totale versée pendant le contrat, sauf poursuite en CDI, refus d'un CDI équivalent, rupture anticipée par le salarié, faute grave, contrats saisonniers, d'usage ou aidés, et jeunes employés pendant leurs vacances scolaires (art. L1243-8 et L1243-10).
- Indemnité compensatrice de congés payés : 10 % de la rémunération brute totale, prime de précarité comprise, si les congés n'ont pas été pris pendant le contrat (art. L1242-16).
Sur 24 000 € de salaire brut, cela représente 2 400 € de prime et 2 640 € de congés payés, soit +21 %, versés en fin de contrat. L'indemnité de congés payés n'est pas un supplément à proprement parler : elle remplace les cinq semaines de congés qu'un salarié en CDI prend en étant payé. C'est là que se situe la bascule : le supplément de 21 % tombe à 10 % dès que le salarié prend ses congés pendant le contrat, puisque l'indemnité compensatrice n'est alors plus due et que seule l'indemnité de fin de contrat subsiste. Sur 24 000 € de salaire brut, l'avantage du CDD passe ainsi de 5 040 € à 2 400 € brut. Les droits au chômage sont identiques à ceux du CDI.
Comment fonctionne l'intérim
L'intérim est une relation tripartite : l'entreprise de travail temporaire (ETT) est l'employeur, l'entreprise utilisatrice est le lieu de travail. Les missions vont d'un jour à 18 mois au plus en général, renouvellements compris.
Indemnités propres à l'intérim :
- IFM (indemnité de fin de mission) : 10 % de la rémunération brute totale de la mission, versée à chaque fin de mission (art. L1251-32), sauf embauche en CDI par l'entreprise utilisatrice, rupture à l'initiative du salarié ou faute grave.
- ICCP (indemnité compensatrice de congés payés) : 10 % de la rémunération brute totale, IFM comprise, versée à chaque fin de mission (art. L1251-19).
Le salarié intérimaire perçoit donc, à taux horaire égal, environ 21 % de plus qu'un salarié en CDI sur la même période, sans prendre de congés payés. L'égalité de rémunération avec les salariés de l'entreprise utilisatrice occupant le même poste est obligatoire (art. L1251-18). Entre CDD et intérim, il n'existe aucun seuil de bascule financier : les deux contrats appliquent les mêmes 10 % d'indemnité de fin de contrat ou de mission et les mêmes 10 % de congés payés, et aboutissent au même total de 29 040 € brut sur 12 mois. Seul le calendrier diffère : l'intérimaire encaisse ses deux indemnités à chaque fin de mission, le salarié en CDD une seule fois, au terme du contrat.
Exemple chiffré : 2 000 € brut par mois sur 12 mois
| Composante | CDI | CDD | Intérim |
|---|---|---|---|
| Salaire brut annuel | 24 000 € | 24 000 € | 24 000 € |
| Prime de précarité ou IFM (10 % du salaire) | 0 € | 2 400 € | 2 400 € |
| Indemnité de congés payés (10 % du salaire + prime) | Incluse dans le salaire | 2 640 € | 2 640 € |
| Total brut annuel | 24 000 € | 29 040 € | 29 040 € |
| Net avant impôt (cotisations 20,84 %) | 18 998 € | 22 988 € | 22 988 € |
Net calculé avec la formule du simulateur salaire net-brut (non-cadre sous le plafond de la Sécurité sociale, 1 583,19 € net pour 2 000 € brut), hors prélèvement à la source, mutuelle et heures supplémentaires. Les indemnités de fin de contrat et de congés payés supportent les mêmes cotisations qu'un salaire. L'écart de 3 990 € net suppose qu'aucun congé n'a été pris en CDD ou en intérim.
Cas d'usage : quand choisir lequel
- Le CDI si l'objectif est la stabilité, l'accès au crédit (immobilier, automobile) et la constitution d'une ancienneté qui compte pour l'indemnité de licenciement ou de rupture conventionnelle.
- Le CDD pour une mission de 6 à 18 mois (remplacement, surcroît d'activité, transition professionnelle), avec un complément de 21 % versé en fin de contrat si les congés n'ont pas été pris.
- L'intérim pour enchaîner des missions courtes avec IFM et ICCP versées à chaque fin de mission, tester plusieurs secteurs ou conserver une flexibilité géographique ; fréquent dans le BTP, l'industrie et la logistique.
Ce que le contrat change pour le chômage
Rien, ou presque. L'ouverture des droits à l'ARE suit les mêmes règles pour les trois contrats (règlement d'assurance chômage annexé à la convention du 15 novembre 2024) : il faut 6 mois travaillés (130 jours ou 910 heures) sur les 24 derniers mois (36 mois à partir de 55 ans), tous contrats confondus, et une perte involontaire d'emploi. La fin d'un CDD ou d'une mission d'intérim en est une ; la démission d'un CDI n'en est pas une, sauf cas de démission légitime ou projet de reconversion validé.
Le salaire journalier de référence (SJR) est calculé sur les salaires bruts, primes et 13e mois compris, mais hors indemnité de fin de contrat, IFM et indemnité compensatrice de congés payés : le règlement exclut « toutes sommes dont l'attribution trouve sa seule origine dans la rupture du contrat de travail ou l'arrivée du terme de celui-ci » (art. 12 § 2). Un intérimaire, un salarié en CDD et un salarié en CDI payés 2 000 € brut par mois ont donc le même SJR (65,75 €) et la même allocation : 39,74 € par jour, soit 1 192 € brut par mois. Le simulateur d'allocation chômage détaille le calcul et les prélèvements.
Questions fréquentes sur CDI, CDD et intérim
Quel contrat rapporte le plus à salaire brut équivalent ?
Le CDD et l'intérim, à égalité, si aucun congé n'est pris. Sur un poste à 2 000 € brut mensuel pendant 12 mois, le salarié perçoit 29 040 € brut au total (24 000 € de salaire, 2 400 € de prime de précarité ou d'IFM, 2 640 € d'indemnité de congés payés calculée sur salaire et prime), contre 24 000 € en CDI. En net avant impôt, l'écart est d'environ 3 990 € (22 988 € contre 18 998 €). En contrepartie, le salarié en CDI a pris cinq semaines de congés payés, bénéficie d'une ancienneté et accède plus facilement au crédit.
Quel contrat choisir si vous préparez un achat immobilier ?
Le CDI, période d'essai terminée, reste le contrat que les banques considèrent comme un revenu stable. En CDD ou en intérim, le prêt n'est pas exclu, mais la banque examine la régularité des revenus sur les années précédentes et la continuité des contrats ; un historique long dans le même secteur ou un co-emprunteur en CDI facilite le dossier. Si un achat est prévu à court terme, signer un CDI avant de déposer le dossier simplifie l'instruction.
La prime de précarité de 10 % est-elle toujours due en fin de CDD ?
Non. L'indemnité de fin de contrat (10 % de la rémunération brute totale) n'est pas versée si la relation se poursuit en CDI, si le salarié refuse un CDI pour le même emploi à rémunération au moins équivalente, en cas de rupture anticipée à son initiative, de faute grave ou de force majeure, ni pour les contrats saisonniers ou d'usage, les contrats aidés et les jeunes employés pendant leurs vacances scolaires (art. L1243-8 et L1243-10). Même logique pour l'IFM en intérim, perdue notamment en cas d'embauche en CDI par l'entreprise utilisatrice à l'issue de la mission.
CDD et intérim ouvrent-ils les mêmes droits au chômage que le CDI ?
Oui. L'ouverture des droits exige 6 mois travaillés (130 jours ou 910 heures) sur les 24 derniers mois (36 mois à partir de 55 ans), quel que soit le contrat, et la fin d'un CDD ou d'une mission est une perte involontaire d'emploi. L'allocation vaut 57 % du salaire journalier de référence ou 40,4 % du SJR plus 13,18 € par jour, le montant le plus élevé. La prime de précarité, l'IFM et l'indemnité de congés payés sont exclues du SJR : un intérimaire et un salarié en CDI payés 2 000 € brut ont la même allocation, 39,74 € par jour.
Quelle est la durée maximale d'un CDD ou d'une mission d'intérim ?
18 mois en général dans les deux cas, renouvellements compris, avec des exceptions (9 mois dans l'attente d'un CDI, 24 mois pour une commande exceptionnelle à l'exportation ou un contrat exécuté à l'étranger, 36 mois pour le CDD senior). Le CDD n'est autorisé que pour un motif précis : remplacement, accroissement temporaire d'activité, emploi saisonnier ou d'usage, contrat à objet défini. Un CDD conclu hors de ces motifs peut être requalifié en CDI par le conseil de prud'hommes, avec une indemnité de requalification d'au moins un mois de salaire (art. L1245-2).
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Sources
- service-public.gouv.fr, Le salarié touche-t-il la prime de précarité à la fin d'un contrat de travail ? (F803)
- service-public.gouv.fr, Comment est calculée l'indemnité de congés payés du salarié ? (F33359)
- Code du travail numérique : art. L1243-8 (indemnité de fin de contrat), L1242-16 (congés payés en CDD), L1242-10 (période d'essai du CDD), L1251-14 (période d'essai en intérim), L1251-19 (ICCP en intérim) et L1251-32 (indemnité de fin de mission).
- service-public.gouv.fr, Allocation chômage d'aide au retour à l'emploi pour une fin de contrat à compter du 1er avril 2025 (F38881) : conditions, montant et durée d'indemnisation selon l'âge (bornes 55 et 57 ans). La fiche F14860 ne couvre que les fins de contrat antérieures au 1er avril 2025.
- Unédic, fiche « Salaire de référence » et règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024, art. 12 § 2 (sommes exclues du salaire de référence).
- Net annuel : formule du simulateur salaire net-brut (cotisations salariales 2026, URSSAF et service-public F2302).