Tableau comparatif principal
| Critère | Salaire (président SAS) | Dividendes |
|---|---|---|
| Déductible de l'IS ? | Oui | Non (versés après IS) |
| Charges sociales (SAS/SASU) | ~80 % du net (régime général) | 17,2 % PS sur le brut |
| Charges sociales (SARL gérant majoritaire) | ~45 % (TNS) | ~45 % TNS sur part > 10 % capital + IS |
| Imposition IR (par défaut) | Barème IR (TMI) | PFU 12,8 % (ou barème IR sur option) |
| Prélèvements sociaux | Inclus dans les charges | 17,2 % |
| Abattement 40 % (barème IR) | Non | Oui (option barème uniquement) |
| Validation trimestres retraite | Oui (4 trimestres si ≥ 6 762 €/an) | Non |
| Retraite complémentaire | Agirc-Arrco | Aucune |
| Maladie / Maternité | Régime général (IJ) | Aucune couverture |
| Chômage | Non (président assimilé) | Non |
| PER déductible | Oui (10 % revenus pro plafonné 35 194 €) | Non |
| Frais professionnels déductibles | 10 % automatique ou réels | Non |
| Variabilité | Fixe mensuel | Annuel (modulable selon résultat) |
Comment fonctionne la rémunération en salaire
En SAS ou SASU, le président est juridiquement assimilé salarié au régime général de la Sécurité sociale (hors chômage). Les charges totales sur le brut atteignent environ 80 % du salaire netversé : pour verser 1 000 € net, l'entreprise paie environ 1 800 € (450 € de charges salariales + 350 € de charges patronales + 1 000 € net).
Avantages : le salaire est déductible de l'IS(réduit le résultat imposable et donc l'IS de 15 ou 25 %), valide des trimestres de retraite, ouvre droit aux indemnités journalières maladie/maternité, permet de cotiser au PER individuel avec déduction fiscale.
En SARL avec gérant majoritaire, le statut bascule en TNS (Travailleur Non Salarié) : charges sociales abaissées à ~45 % du net (au lieu de 80 % en assimilé salarié), mais protection sociale réduite (pas de chômage, IJ plus faibles, retraite TNS).
Comment fonctionnent les dividendes
Les dividendessont une distribution du résultat après IS (15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà) décidée en assemblée générale annuelle. Par défaut, ils subissent le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 % :
- 12,8 % d'impôt sur le revenu
- 17,2 % de prélèvements sociaux
Option possible (irrévocable pour l'année et globale) pour le barème progressif de l'IR, avec abattement de 40 % sur le brut des dividendes. Avantageux uniquement si TMI ≤ 11 % ou si vous avez des moins-values mobilières à imputer.
Cas particulier SARL gérant majoritaire (TNS) : depuis 2013, la part de dividendes excédant 10 % du capital social + primes d'émission + comptes courants associés est assujettie aux cotisations TNS (~45 %) en plus du PFU. Ce piège rend les dividendes peu attractifs en SARL au-delà d'un certain seuil — la SAS/SASU est alors préférable pour optimiser.
Simulation chiffrée pour un président SAS / SASU
Hypothèses : TMI personnelle 30 %, IS PME 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 %, frais 10 % automatique sur salaire.
| Net dirigeant | 100 % salaire | 100 % dividendes | 50/50 mixte |
|---|---|---|---|
| 60 000 € | ~140 000 € | ~100 000 € | ~120 000 € |
| 100 000 € | ~230 000 € | ~175 000 € | ~200 000 € |
| 150 000 € | ~340 000 € | ~265 000 € | ~300 000 € |
Le 100 % dividendes minimise le coût total, mais prive le dirigeant de retraite, IJ et chômage. La logique réelle d'optimisation repose sur un mix.
La stratégie optimale selon votre TMI
| TMI | Recommandation | Justification |
|---|---|---|
| 0 % - 11 % | Salaire + option barème dividendes | L'abattement 40 % rend les div. quasi exonérés à 11 % TMI |
| 30 % | Mix 60 % salaire / 40 % dividendes | Salaire SMIC + dividendes PFU optimise droits sociaux et coût |
| 41 % | Salaire minimal + maximum dividendes | PFU 30 % << TMI 41 % + PS |
| 45 % | Salaire SMIC + 100 % dividendes restants | Maximisation PFU 30 % vs barème 45 % + PS |
Cas d'usage : quand privilégier l'un ou l'autre
- Privilégier le salairesi vous avez besoin de valider des trimestres de retraite, d'ouvrir des droits aux IJ maladie/maternité, d'obtenir un prêt immobilier (banques préfèrent les revenus salariaux), ou de cotiser à un PER avec déduction fiscale.
- Privilégier les dividendes si la société est bénéficiaire au-delà de vos besoins, votre TMI est élevée (41 % ou 45 %), et vous avez déjà sécurisé vos droits sociaux par ailleurs (conjoint salarié, retraite déjà acquise, assurance privée).
- Mix recommandé dans la majorité des cas : un salaire à hauteur du SMIC (ou légèrement au-dessus, ~21 600 € brut/an) pour valider la retraite à taux plein, plus des dividendes pour le reste. Combine optimisation fiscale et droits sociaux essentiels.
Conseil expert : la règle du SMIC + dividendes
La stratégie la plus répandue chez les présidents de SASU consiste à se verser un salaire au niveau du SMIC(~21 600 € brut/an en 2026) afin de valider les 4 trimestres retraite annuels et d'ouvrir les droits maladie, puis à distribuer les bénéfices restants en dividendes PFU 30 %en fin d'exercice.
Cette approche permet de réduire la pression sociale globale tout en sécurisant les droits sociaux essentiels. Attention toutefois en SARL gérant majoritaire : l'arbitrage est très différent (TNS sur dividendes au-delà du seuil 10 % capital), et la pure stratégie « SMIC + dividendes » peut s'avérer contre-productive. Un audit annuel avec votre expert-comptable reste indispensable.