Tableau comparatif 2026
| Critère | PER | PEA | Assurance-vie |
|---|---|---|---|
| Objectif | Retraite et baisse d'impôt immédiate | Actions européennes à long terme | Épargne disponible, projets, transmission |
| Plafond de versements | Aucun (déduction limitée à 10 % des revenus, 4 710 à 37 680 €) | 150 000 € (225 000 € avec un PEA-PME) | Aucun |
| Avantage à l'entrée | Versements déduits du revenu imposable | Aucun | Aucun |
| Supports | Fonds euros, unités de compte, ETF, immobilier | Actions et fonds de l'UE/EEE, ETF éligibles | Fonds euros garanti, unités de compte, SCPI, ETF |
| Disponibilité | Bloqué jusqu'à la retraite, sauf 6 cas légaux | Retrait avant 5 ans = clôture (sauf exceptions) | Rachat libre à tout moment |
| Impôt sur les gains avant maturité | Sans objet (sortie à la retraite) | PFU 31,4 % (avant 5 ans) | PFU 30 % (avant 8 ans) |
| Impôt sur les gains à maturité | PFU 31,4 % sur les gains + barème sur le capital déduit | 18,6 % de prélèvements sociaux (après 5 ans) | 7,5 % + 17,2 % après abattement (après 8 ans) |
| Abattement annuel | Aucun | Aucun (exonération d'IR) | 4 600 € / 9 200 € (couple) |
| Capital garanti possible | Oui (fonds euros) | Non | Oui (fonds euros) |
| Transmission au décès | 152 500 € par bénéficiaire si décès avant 70 ans (PER assurantiel) | Clôture, succession classique | 152 500 € par bénéficiaire (primes avant 70 ans) |
| Horizon conseillé | Jusqu'à la retraite (10 à 30 ans) | 8 ans et plus | De quelques mois à plusieurs décennies |
| Pour qui | TMI 30 % et plus, retraite à tranche plus basse | Tout épargnant acceptant la volatilité | Tout le monde, dès le premier euro |
Le PER : déduire aujourd'hui, payer à la retraite
Créé par la loi PACTE de 2019, le plan d'épargne retraite permet de déduire les versements volontaires du revenu imposable dans la limite de 10 % des revenus professionnels 2025, avec un plancher de 4 710 € et un plafond de 37 680 € (plancher 4 806 € et plafond 88 911 € pour un indépendant, calculés sur le PASS 2026), plus les plafonds non utilisés des années précédentes. L'économie vaut le versement multiplié par votre tranche marginale : un cadre à 41 % qui verse 10 000 € économise 4 100 € cette année. En contrepartie, l'épargne est bloquée jusqu'à la retraite, sauf achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage et liquidation judiciaire. À la sortie, le capital issu des versements déduits est imposé au barème (sans abattement de 10 %) et les gains au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % + 18,6 % de prélèvements sociaux). Le seuil de bascule du PER est un écart de tranche : à tranche identique de 30 %, les 3 000 € économisés sur 10 000 € versés sont intégralement repris à la sortie, et les gains supportent encore 31,4 % là où un PEA de plus de 5 ans n'en prélève que 18,6 %. Il faut donc descendre d'au moins une tranche entre le versement et la liquidation, de 41 % à 30 % par exemple, pour que l'enveloppe rapporte : 11 points gagnés sur chaque euro versé, auxquels s'ajoute le rendement de l'impôt économisé. Plafonds, mutualisation et profils sont détaillés dans notre guide du PER 2026.
Le PEA : 18,6 % seulement après cinq ans
Le plan d'épargne en actions (Code monétaire et financier, art. L. 221-30) accueille jusqu'à 150 000 € de versements par personne, les gains réinvestis ne comptant pas dans le plafond. Le PEA-PME, dédié aux petites et moyennes entreprises européennes, porte le cumul des deux plans à 225 000 €. Seuls sont éligibles les actions et fonds investis à 75 % au moins en titres d'entreprises de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen, ce qui inclut des ETF répliquant des indices mondiaux par swap. Tant que vous ne retirez rien, dividendes et plus-values capitalisent sans impôt. Après le cinquième anniversaire du plan, les retraits ne supportent que les prélèvements sociaux de 18,6 % sur la part de gains (taux 2026, LFSS 2026), contre 31,4 % sur un compte-titres ordinaire, et le plan reste ouvert. Avant cinq ans, tout retrait clôture le plan et les gains sont taxés à 31,4 %, sauf licenciement, invalidité, retraite anticipée ou création d'entreprise. Le cinquième anniversaire du plan est donc la bascule : sur 6 000 € de gains, la facture passe de 1 884 € à 1 116 €, parce que les 12,8 % d'impôt sur le revenu disparaissent et que seuls les prélèvements sociaux restent dus. Le PEA peut aussi être transformé en rente viagère exonérée d'impôt sur le revenu après cinq ans.
L'assurance-vie : la souplesse et la transmission
Aucun plafond de versement, un nombre de contrats illimité, un fonds en euros à capital garanti et des unités de compte (actions, obligations, SCPI, ETF) : l'assurance-vie est l'enveloppe la plus souple. Les rachats sont possibles à tout moment et seule la part de gains est imposée. Avant 8 ans, elle subit le prélèvement forfaitaire de 30 % (12,8 % + 17,2 %). Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € de gains (9 200 € pour un couple) s'applique, puis un taux de 7,5 % + 17,2 % sur les gains issus des 150 000 premiers euros versés (12,8 % au-delà), pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017. Au décès, les capitaux versés avant les 70 ans de l'assuré sont transmis hors succession avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (CGI art. 990 I), puis taxés à 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable et 31,25 % au-delà ; les primes versées après 70 ans bénéficient d'un abattement global de 30 500 €, leurs gains restant exonérés (art. 757 B).
Cas chiffré 1 : 10 000 € versés, effet immédiat sur l'impôt
| Tranche marginale | PER | PEA | Assurance-vie |
|---|---|---|---|
| 11 % | 1 100 € | 0 € | 0 € |
| 30 % | 3 000 € | 0 € | 0 € |
| 41 % | 4 100 € | 0 € | 0 € |
| 45 % | 4 500 € | 0 € | 0 € |
Le PER est le seul à agir sur l'impôt de l'année, à condition de rester sous votre plafond de déduction. Le simulateur de déduction PER l'applique à votre situation.
Cas chiffré 2 : 20 000 € retirés dont 6 000 € de gains
Retrait de 20 000 € composé de 14 000 € de capital et 6 000 € de gains, personne seule, calculs réalisés avec les simulateurs du site :
| Enveloppe | Impôt + prélèvements | Net perçu |
|---|---|---|
| Compte-titres ordinaire (PFU 31,4 %) | 1 884 € | 18 116 € |
| PEA de moins de 5 ans (clôture) | 1 884 € | 18 116 € |
| PEA de plus de 5 ans | 1 116 € | 18 884 € |
| Assurance-vie de moins de 8 ans | 1 800 € | 18 200 € |
| Assurance-vie de plus de 8 ans | 1 137 € | 18 863 € |
| PER (versements déduits), retraité à TMI 11 % | ≈ 3 424 € | ≈ 16 576 € |
Sur l'assurance-vie de plus de 8 ans, l'abattement de 4 600 € efface l'essentiel des gains : il ne reste que 105 € d'impôt (7,5 % de 1 400 €) et 1 032 € de prélèvements sociaux. Sur le PER, les 14 000 € de versements déduits sont ajoutés au revenu du retraité (1 540 € à 11 %, mais 4 200 € à 30 %) et les 6 000 € de gains subissent le prélèvement de 31,4 % (1 884 €) : la sortie coûte cher, ce qui n'a de sens que si la déduction à l'entrée a été obtenue à une tranche supérieure. Vérifiez un rachat avec le simulateur de fiscalité de l'assurance-vie et une cession avec le simulateur de plus-value mobilière.
Entre le PEA de plus de 5 ans et l'assurance-vie de plus de 8 ans, la bascule se situe à 5 656 € de gains retirés dans la même année civile par une personne seule. En deçà, l'assurance-vie de plus de 8 ans est la moins taxée, parce que l'abattement de 4 600 € annule l'impôt sur le revenu et ne laisse que 17,2 % de prélèvements sociaux. Au-delà, chaque euro de gain supplémentaire supporte 24,7 %, soit 7,5 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, contre 18,6 % sur un PEA de plus de 5 ans, qui redevient alors moins cher. Le seuil monte à 11 311 € pour un couple marié ou pacsé, dont l'abattement est doublé.
Quelle enveloppe pour quel profil
- Choisissez le PER si votre TMI est d'au moins 30 %, que vous épargnez pour la retraite et que vous anticipez une tranche plus basse à la liquidation. Un cadre de 50 ans à 41 % qui sortira à 30 % gagne 11 points sur chaque euro versé, plus le rendement de l'impôt économisé.
- Choisissez le PEA pour la part de votre patrimoine investie en actions avec un horizon de 8 ans ou plus. Ouvrez-le tôt, même avec quelques dizaines d'euros, pour faire courir le délai de 5 ans.
- Choisissez l'assurance-vie pour l'épargne de précaution, les projets à moyen terme, la diversification (fonds euros, SCPI) et la transmission. Elle convient à toutes les tranches et n'impose aucune condition de revenus. Ouvrez-la tôt aussi : le compteur des 8 ans court à partir du premier versement, pas des suivants.
L'ordre d'ouverture qui fonctionne
- Assurance-vie dès les premiers euros mis de côté, avec une poche de précaution en fonds euros et le reste en unités de compte selon votre tolérance au risque.
- PEA une fois trois à six mois de dépenses sécurisés, pour la part actions : c'est l'enveloppe la moins taxée à la sortie.
- PER lorsque votre TMI atteint 30 %, à hauteur de l'épargne dont vous n'aurez pas besoin avant la retraite, en respectant le plafond de déduction et en mobilisant les reliquats des années précédentes.
Pour un couple de quadragénaires imposé à 30 %, une répartition courante ressemble à : 30 000 € d'assurance-vie (précaution et projets), 80 000 € de PEA (actions) et 5 à 10 % du revenu imposable versés chaque année sur un PER. Les autres leviers fiscaux (dons, emploi à domicile, frais réels) sont listés dans nos dix stratégies pour réduire ses impôts.
Cinq erreurs à éviter
- Ouvrir un PER à TMI 11 % ou sans impôt : la déduction vaut au mieux 110 € pour 1 000 € versés, et l'épargne reste bloquée.
- Retirer d'un PEA avant 5 ans pour un besoin prévisible : le plan est clôturé et les gains taxés à 31,4 %. Gardez la trésorerie de court terme en assurance-vie ou sur un livret.
- Sortir tout un PER en une fois : le capital déduit s'ajoute au revenu de l'année et peut faire monter d'une tranche ; étalez les retraits.
- Négliger les frais : 0,5 point de frais de gestion annuels en plus sur des unités de compte ampute le capital d'environ un dixième sur vingt ans. Visez 0 % de frais sur versement.
- Oublier la clause bénéficiaire de l'assurance-vie ou du PER : sans désignation précise, le capital rejoint la succession et perd l'abattement de 152 500 €.
Questions fréquentes
Quelle enveloppe choisir à 40 ans avec une TMI de 30 % ?
D'abord une assurance-vie pour l'épargne disponible, puis un PEA pour la part investie en actions (18,6 % de prélèvements sociaux après 5 ans au lieu de 31,4 %), et un PER pour l'épargne que vous ne toucherez pas avant la retraite : chaque 1 000 € versé économise 300 € d'impôt cette année, à condition d'anticiper une tranche plus basse à la retraite.
Combien rapporte fiscalement un versement de 10 000 € sur un PER ?
1 100 € à TMI 11 %, 3 000 € à 30 %, 4 100 € à 41 % et 4 500 € à 45 %, dans la limite de votre plafond (10 % des revenus professionnels 2025, entre 4 710 et 37 680 € pour un salarié, jusqu'à 88 911 € pour un indépendant). L'impôt est décalé, pas supprimé : à la sortie, le capital issu des versements déduits est imposé au barème et les gains au prélèvement forfaitaire de 31,4 %.
Quelle enveloppe est la moins taxée à la sortie ?
Le PEA après 5 ans : 18,6 % de prélèvements sociaux sur les gains, sans impôt sur le revenu. L'assurance-vie de plus de 8 ans suit, avec un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) puis 7,5 % + 17,2 % sur les gains issus des 150 000 premiers euros versés. Le PER est le plus taxé à la sortie, en contrepartie de la déduction à l'entrée.
Peut-on retirer de l'argent d'un PEA avant 5 ans ?
Oui, mais tout retrait avant le cinquième anniversaire entraîne la clôture du plan et l'imposition des gains au prélèvement forfaitaire de 31,4 %, sauf licenciement, invalidité, retraite anticipée ou création d'entreprise. Après 5 ans, les retraits partiels sont libres et le plan reste ouvert aux versements.
Le PER est-il intéressant si je ne suis pas imposable ?
Non pour la déduction, qui ne vaut rien sans impôt. Vous pouvez renoncer à la déduction et n'être imposé que sur les gains à la sortie, mais le capital reste bloqué jusqu'à la retraite : une assurance-vie rend le même service en restant disponible.
Quelle enveloppe privilégier pour transmettre un capital ?
L'assurance-vie : chaque bénéficiaire désigné reçoit jusqu'à 152 500 € sans droits pour les primes versées avant les 70 ans de l'assuré, puis 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable et 31,25 % au-delà. Le PER assurantiel offre le même régime en cas de décès avant 70 ans. Le PEA est clôturé au décès et ses avoirs entrent dans la succession classique.
Peut-on détenir les trois enveloppes en même temps ?
Oui, et c'est la stratégie la plus courante. La seule limite est d'un PEA par personne (deux par foyer fiscal marié ou pacsé) et d'un plafond de 150 000 € de versements sur le PEA, 225 000 € PEA et PEA-PME cumulés. Le nombre de contrats d'assurance-vie et de PER n'est pas limité.
Comparaisons et guides liés
- Rachat d'assurance-vie : fiscalité après 8 ans et abattement
- Assurance-vie et succession : l'abattement de 152 500 €
- Sortie du PER en rente ou en capital
- Livret A, LEP ou LDDS : comparatif 2026
- Réduire ses impôts en 2026 : 10 leviers légaux chiffrés
Sources officielles consultées
- service-public.gouv.fr : Plan d'épargne en actions (PEA) : plafonds, retraits, fiscalité, vérifié le 22 mai 2026, consulter
- service-public.gouv.fr : Plan d'épargne retraite (PER), vérifié le 18 juin 2026, consulter
- service-public.gouv.fr : Comment sont imposés les revenus d'un contrat d'assurance-vie ?, vérifié le 15 avril 2026, consulter
- service-public.gouv.fr : Contrat d'assurance-vie : fonctionnement, consulter
- Code général des impôts, art. 163 quatervicies (PER), 150-0 A et 200 A (PEA et prélèvement forfaitaire unique), 125-0 A (assurance-vie), 990 I et 757 B (transmission).
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