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Calcul trimestres retraite 2026 : 1 803 € par trimestre

Pour valider un trimestre de retraite en 2026, il faut avoir cotisé sur un salaire brut minimum de 1 803 € sur l'année (= 150 heures de SMIC au 1er janvier 2026), avec un plafond de 4 trimestres par an. Pour partir à taux plein à 64 ans (génération 1969 et suivantes), il faut 172 trimestres validés ; 170 ou 171 pour les personnes nées de 1963 à 1965. Cotisations chômage, maternité, maladie, service militaire comptent aussi. Voici le calcul détaillé et comment vérifier son relevé sur info-retraite.fr.

Rédigé et vérifié par l'éditeur du site, un particulier indépendant. Comment les textes sont relus et corrigés : édition et vérification.

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Le principe du trimestre : une mesure de cotisation, pas de temps

Contrairement à ce que son nom suggère, un trimestre de retraite n'est pas une période calendaire de trois mois. C'est une unité de mesure des droits acquis dans le régime général (article R351-9 du Code de la Sécurité sociale). Vous validez un trimestre dès que vous avez cotisé sur un montant minimal de salaire brut au cours d'une année civile, peu importe le moment ou la durée du travail.

En 2026, pour valider 1 trimestre, il faut avoir cotisé sur au moins 150 fois le SMIC horaire brut, soit 1 803 € (150 × 12,02 €, SMIC horaire en vigueur au 1er janvier 2026, retenu pour toute l'année malgré la revalorisation de juin). Pour valider les 4 trimestres d'une année (le plafond annuel), il faut cotiser sur au moins 7 212 € brut (600 fois le SMIC horaire). Au-delà, le salaire supplémentaire n'apporte aucun trimestre additionnel : un cadre à 80 000 € et un salarié à 7 000 € valident les mêmes 4 trimestres.

Combien de trimestres pour partir à taux plein en 2026

Le nombre de trimestres requis dépend de votre date de naissance. Depuis la suspension du calendrier de la réforme de 2023 par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026), il faut 170 trimestres pour les personnes nées du 1er janvier 1963 au 31 mars 1965, 171 pour celles nées d'avril à décembre 1965 et 172 trimestres validés (soit 43 années) à partir de la génération 1966, contre 166 trimestres pour la génération 1955. L'âge légal atteint 64 ans pour les personnes nées à compter du 1er janvier 1969 (62 ans et 9 mois de 1963 à mars 1965, puis un trimestre de plus par génération) : le détail par date de naissance figure dans l'article âge légal de départ par génération.

Si vous partez sans le nombre requis, vous subissez une décote de 1,25 % par trimestre manquant (plafonnée à 20 trimestres = 25 % de décote). Le taux plein automatique sans condition de trimestres est de 67 ans, au-delà, vous touchez 50 % du salaire annuel moyen même avec une carrière courte.

Tableau : trimestres validés selon votre activité

Tableau : trimestres validés selon votre activité
SituationTrimestres validésPlafond annuel
Salarié à temps plein (SMIC)4 trim/an4
Cadre à 80 000 € brut/an4 trim/an4
Mi-temps SMIC (3 500 €/an)2 trim/an4
Chômage indemnisé (ARE)1 trim / 50 jours indemnisés4
Maternité / paternité1 trim / 90 jours d'IJSS4
Maladie / accident travail1 trim / 60 jours d'IJSS4
Service militaire / national1 trim / 90 jours4
Invalidité 2e ou 3e catégorie4 trim/an4

Les trimestres assimilés : maladie, chômage, maternité

Au-delà des trimestres cotisés (issus du salaire), la Sécurité sociale reconnaît des trimestres assimilés validés sans cotisation directe, dans certaines situations (article L351-3 CSS). Ils comptent comme des trimestres validés pour le taux plein mais ne génèrent pas de salaire pris en compte dans le calcul du salaire annuel moyen.

  • Chômage indemnisé : 1 trimestre toutes les 50 journées indemnisées par France Travail (ARE, ASS, AREF). Limite : 4 trimestres/an.
  • Chômage non indemnisé : 1 trimestre toutes les 50 jours, dans la limite de 1,5 an pour la première période de chômage non indemnisé de la carrière, puis 1 an pour les périodes suivantes (5 ans sous conditions à partir de 55 ans).
  • Arrêt maladie ou accident du travail : 1 trimestre toutes les 60 jours d'indemnités journalières (IJSS) versées par la CPAM.
  • Congé maternité / paternité : 1 trimestre toutes les 90 jours d'IJSS, qui comptent comme trimestres cotisés (et non assimilés) depuis 2014.
  • Service militaire et service national : 1 trimestre toutes les 90 jours, sur justificatif (livret militaire).
  • Invalidité 2e ou 3e catégorie : 4 trimestres automatiques par an, tant que la rente est servie.

La majoration pour enfants : 8 trimestres par enfant

La majoration de durée d'assurance (MDA) reste l'un des leviers les plus puissants pour atteindre le taux plein, notamment pour les mères. Pour chaque enfant né ou adopté, le régime général accorde :

  • 4 trimestres au titre de la maternité ou de l'adoption, attribués automatiquement à la mère biologique ou à la mère adoptive.
  • 4 trimestres au titre de l'éducation de l'enfant durant ses 4 premières années, répartis librement entre les deux parents, sur déclaration commune dans les 6 mois suivant le 4e anniversaire de l'enfant. Par défaut (sans déclaration), ils sont attribués à la mère.

Soit jusqu'à 8 trimestres par enfant pour la mère et potentiellement 4 trimestres pour le père s'il en fait la demande. Une femme avec 3 enfants peut ainsi valider jusqu'à 24 trimestres (6 années) de carrière supplémentaires, ce qui change radicalement la stratégie de départ. Les fonctionnaires d'État relèvent d'un régime spécifique (article L24 du Code des pensions civiles).

Comment vérifier ses trimestres sur info-retraite.fr

Le service public info-retraite.fr, géré par le GIP Union Retraite, regroupe les informations de l'ensemble des régimes de retraite obligatoires français. C'est la référence pour vérifier vos droits acquis. La démarche en 5 minutes :

  1. Connectez-vous sur info-retraite.fr avec FranceConnect (impots.gouv, l'Assurance Maladie, La Poste, Identité Numérique…).
  2. Cliquez sur « Mon relevé de carrière ». Vous y trouvez chaque année validée, le nombre de trimestres et les revenus pris en compte.
  3. Vérifiez ligne par ligne. Vérifiez en particulier les années de transition (premier emploi, années étudiantes avec petit job, périodes de chômage, années d'expatriation, congé parental).
  4. Si un trimestre est manquant, contactez votre caisse via le formulaire en ligne, avec les justificatifs : bulletins de paie, attestations Pôle emploi/France Travail, livret militaire, livret de famille.
  5. Demandez votre estimation indicative globale (EIG) dès 55 ans pour projeter votre pension nette future en fonction de plusieurs âges de départ.

Les erreurs fréquentes du relevé de carrière

Les relevés de carrière comportent régulièrement des oublis, le plus souvent en défaveur de l'assuré. Les anomalies les plus fréquentes :

  • Trimestres de stages non validés : les stages étudiants gratifiés sont parfois oubliés. Vérifiez avec vos conventions de stage.
  • Périodes de chômage non reportées : France Travail ne transmet pas toujours automatiquement les périodes indemnisées à la CNAV.
  • Service militaire absent : pour les générations 1960-1995 concernées, vérifiez la mention. Munissez-vous du livret militaire pour faire le rappel.
  • Majoration enfants non attribuée au père : la déclaration commune des 4 trimestres « éducation » doit être faite explicitement avant les 4 ans 6 mois de l'enfant.
  • Apprentissage avant 1972 sous-évalué : une réforme de 2014 a accordé des trimestres supplémentaires aux anciens apprentis. Demandez la rectification.
  • Emploi à l'étranger non reporté : les périodes en UE/EEE/Suisse/conventions bilatérales ouvrent des droits coordonnés. Joignez les attestations étrangères.

Trois profils : combien de trimestres validés ?

Cas 1 : Sophie, 52 ans, mère de 2 enfants

Sophie a commencé à travailler à 23 ans (après un master), avec une interruption de 2 ans de congé parental après son 2e enfant. Carrière : 29 ans cotisés × 4 trimestres = 116 trimestres + 16 trimestres MDA (8 par enfant) + 8 trimestres assimilés (chômage, maladie) = 140 trimestres validés à 52 ans. Pour atteindre 172 à 64 ans, elle doit encore valider 32 trimestres (= 8 ans à temps plein). Sa stratégie peut viser le rachat de 4 trimestres d'études si elle est faiblement imposée (économie limitée), ou plutôt sécuriser son emploi.

Cas 2 : Jean, 60 ans, carrière longue

Jean, né en 1966, a commencé à travailler à 17 ans après un CAP. Carrière continue, sans interruption, à temps plein. À 60 ans il a validé 168 trimestres, tous cotisés. Son âge légal est de 63 ans et 3 mois, mais il relève du dispositif « carrière longue » : ayant réuni 5 trimestres cotisés avant la fin de l'année de ses 18 ans, il peut partir dès 60 ans à condition de totaliser 172 trimestres cotisés. Il atteindra ce total vers 61 ans et pourra partir à ce moment-là avec le taux plein, soit plus de deux ans avant son âge légal. Les âges de départ par année de naissance et de début d'activité sont détaillés dans l'article sur la retraite anticipée pour carrière longue.

Cas 3 : Marc, 56 ans, expatrié 8 ans à Singapour

Marc a travaillé en France de 23 à 35 ans (48 trimestres), puis 8 ans à Singapour (hors UE, donc sans coordination automatique), puis retour en France 13 ans (52 trimestres). Total relevé brut : 100 trimestres validés à 56 ans. Solutions pour combler : rachat de 12 trimestres au titre des années à l'étranger (option VPLR), ou cotisation volontaire à la CFE (Caisse des Français de l'Étranger) rétroactive sous conditions. À défaut, départ à 67 ans pour taux plein automatique sans décote.

FAQ : 5 questions fréquentes sur les trimestres retraite

Peut-on valider plus de 4 trimestres dans une même année ?

Non, jamais. Le plafond de 4 trimestres par année civile est strict (article R351-9 CSS), même si vous cumulez plusieurs activités, percevez un salaire très élevé ou bénéficiez de majorations. Les trimestres supplémentaires sont juridiquement impossibles, seul le calcul du salaire annuel moyen tient compte du salaire total.

Les périodes de stage sont-elles validées ?

Rarement. La gratification d'un stage n'est soumise à cotisations que pour la fraction qui dépasse le minimum légal (15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, soit 4,50 € de l'heure en 2026) : un stage gratifié au minimum ne valide donc aucun trimestre. En revanche, les périodes de stage d'au moins 2 mois peuvent être rachetées à tarif réduit (481 € par trimestre en 2026), dans la limite de 2 trimestres, à condition d'en faire la demande dans les 2 ans suivant la fin du stage.

Le congé sabbatique fait-il perdre des trimestres ?

Oui, si vous ne cotisez pas durant cette période. Le congé sabbatique est par définition non rémunéré, donc aucun trimestre n'est validé. Vous pouvez en revanche cotiser volontairement au régime général (article R742-1 CSS) pour maintenir vos droits, démarche à demander auprès de votre CARSAT dans les 6 mois suivant le départ.

Trimestres validés ≠ trimestres cotisés : quelle différence ?

Les trimestres cotisés proviennent du travail effectif (salaire ou activité indépendante). Les trimestres validés incluent les cotisés plus les assimilés (chômage, maladie, maternité, service militaire) et les majorations (enfants). Le départ anticipé pour carrière longue exige un nombre minimum de trimestres cotisés (et non assimilés) avant 20 ou 21 ans. La distinction est donc cruciale pour ce dispositif.

Comment combler les trimestres manquants à l'approche de la retraite ?

Trois leviers principaux : (1) le rachat de trimestres au titre des études supérieures ou des années incomplètes (versement pour la retraite, VPLR), coûteux mais déductible des impôts ; (2) la cotisation volontaire si vous résidez à l'étranger ; (3) la surcote en continuant à travailler après l'âge légal, qui majore la pension de 1,25 %/trimestre supplémentaire. Une simulation chiffrée permet d'arbitrer entre ces options selon votre TMI et votre âge. Pour une carrière complète mais à bas salaires, le nombre de trimestres cotisés conditionne aussi le minimum contributif, qui relève la pension de base au taux plein jusqu'à un plancher majoré à partir de 120 trimestres cotisés.

Sources

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