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Calcul trimestres retraite 2026 : 1 trim = 1 747,50 € (150h SMIC)

Pour valider un trimestre de retraite en 2026, il faut avoir cotisé sur un salaire brut minimum de 1 747,50 € sur l'année (= 150 heures de SMIC), avec un plafond de 4 trimestres par an. Pour partir à taux plein à 64 ans (génération 1968+), il faut 172 trimestres validés. Cotisations chômage, maternité, maladie, service militaire comptent aussi. Voici le calcul exact et comment vérifier son relevé sur info-retraite.fr.

Le principe du trimestre : une mesure de cotisation, pas de temps

Contrairement à ce que son nom suggère, un trimestre de retraite n'est pas une période calendaire de trois mois. C'est une unité de mesure des droits acquis dans le régime général (article R351-9 du Code de la Sécurité sociale). Vous validez un trimestre dès que vous avez cotisé sur un montant minimal de salaire brut au cours d'une année civile, peu importe le moment ou la durée du travail.

En 2026, pour valider 1 trimestre, il faut avoir cotisé sur au moins 150 fois le SMIC horaire brut, soit 1 747,50 €(150 × 11,65 €). Pour valider les 4 trimestres d'une année (le plafond annuel), il faut cotiser sur au moins 6 990 €brut (600 fois le SMIC horaire). Au-delà, le salaire supplémentaire n'apporte aucun trimestre additionnel — un cadre à 80 000 € et un salarié à 7 000 € valident les mêmes 4 trimestres.

Combien de trimestres pour partir à taux plein en 2026

La réforme des retraites de 2023 a fixé un nombre de trimestres requis qui dépend de votre année de naissance. À partir de la génération 1965, il faut 172 trimestres validés (soit 43 années cotisées) pour obtenir le taux plein, contre 166 trimestres pour la génération 1955. Pour les générations 1968 et après, l'âge légal de départ est fixé à 64 ans, avec ces 172 trimestres.

Si vous partez sans le nombre requis, vous subissez une décotede 1,25 % par trimestre manquant (plafonnée à 20 trimestres = 25 % de décote). Le taux plein automatique sans condition de trimestres est de 67 ans — au-delà, vous touchez 50 % du salaire annuel moyen même avec une carrière courte.

Tableau : trimestres validés selon votre activité

SituationTrimestres validésPlafond annuel
Salarié à temps plein (SMIC)4 trim/an4
Cadre à 80 000 € brut/an4 trim/an4
Mi-temps SMIC (3 500 €/an)2 trim/an4
Chômage indemnisé (ARE)1 trim / 50 jours indemnisés4
Maternité / paternité1 trim / 90 jours d'IJSS4
Maladie / accident travail1 trim / 60 jours d'IJSS4
Service militaire / national1 trim / 90 jours4
Invalidité 2e ou 3e catégorie4 trim/an4

Les trimestres assimilés : maladie, chômage, maternité

Au-delà des trimestres cotisés (issus du salaire), la Sécurité sociale reconnaît des trimestres assimilés validés sans cotisation directe, dans certaines situations (article L351-3 CSS). Ils comptent comme des trimestres validés pour le taux plein mais ne génèrent pas de salaire pris en compte dans le calcul du salaire annuel moyen.

  • Chômage indemnisé : 1 trimestre toutes les 50 journées indemnisées par France Travail (ARE, ASS, AREF). Limite : 4 trimestres/an.
  • Chômage non indemnisé : 1 trimestre toutes les 50 jours, dans la limite de 1,5 an pour la première période, puis 1 an si âge ≥ 55 ans.
  • Arrêt maladie ou accident du travail : 1 trimestre toutes les 60 jours d'indemnités journalières (IJSS) versées par la CPAM.
  • Congé maternité / paternité : 1 trimestre toutes les 90 jours d'IJSS, qui comptent comme trimestres cotisés (et non assimilés) depuis 2014.
  • Service militaire et service national : 1 trimestre toutes les 90 jours, sur justificatif (livret militaire).
  • Invalidité 2e ou 3e catégorie : 4 trimestres automatiques par an, tant que la rente est servie.

La majoration pour enfants : 8 trimestres par enfant

La majoration de durée d'assurance(MDA) reste l'un des leviers les plus puissants pour atteindre le taux plein, notamment pour les mères. Pour chaque enfant né ou adopté, le régime général accorde :

  • 4 trimestres au titre de la maternité ou de l'adoption, attribués automatiquement à la mère biologique ou à la mère adoptive.
  • 4 trimestres au titre de l'éducation de l'enfant durant ses 4 premières années — répartis librement entre les deux parents, sur déclaration commune dans les 6 mois suivant le 4e anniversaire de l'enfant. Par défaut (sans déclaration), ils sont attribués à la mère.

Soit jusqu'à 8 trimestres par enfant pour la mère et potentiellement 4 trimestres pour le père s'il en fait la demande. Une femme avec 3 enfants peut ainsi valider jusqu'à 24 trimestres (6 années) de carrière supplémentaires, ce qui change radicalement la stratégie de départ. Les fonctionnaires d'État relèvent d'un régime spécifique (article L24 du Code des pensions civiles).

Comment vérifier ses trimestres sur info-retraite.fr

Le service public info-retraite.fr, géré par le GIP Union Retraite, regroupe les informations des 42 régimes de retraite obligatoires français. C'est laréférence pour vérifier vos droits acquis. La démarche en 5 minutes :

  1. Connectez-vous sur info-retraite.fr avec FranceConnect (impots.gouv, l'Assurance Maladie, La Poste, Identité Numérique…).
  2. Cliquez sur « Mon relevé de carrière ». Vous y trouvez chaque année validée, le nombre de trimestres et les revenus pris en compte.
  3. Vérifiez ligne par ligne. Vérifiez en particulier les années de transition (premier emploi, années étudiantes avec petit job, périodes de chômage, années d'expatriation, congé parental).
  4. Si un trimestre est manquant, contactez votre caisse via le formulaire en ligne, avec les justificatifs : bulletins de paie, attestations Pôle emploi/France Travail, livret militaire, livret de famille.
  5. Demandez votre estimation indicative globale (EIG) dès 55 ans pour projeter votre pension nette future en fonction de plusieurs âges de départ.

Les erreurs fréquentes du relevé de carrière

Selon une étude de la Cour des comptes (2024), 1 dossier retraite sur 7présente une erreur — souvent en défaveur de l'assuré. Les anomalies les plus fréquentes :

  • Trimestres de stages non validés : les stages étudiants gratifiés sont parfois oubliés. Vérifiez avec vos conventions de stage.
  • Périodes de chômage non reportées : France Travail ne transmet pas toujours automatiquement les périodes indemnisées à la CNAV.
  • Service militaire absent : pour les générations 1960-1995 concernées, vérifiez la mention. Munissez-vous du livret militaire pour faire le rappel.
  • Majoration enfants non attribuée au père : la déclaration commune des 4 trimestres « éducation » doit être faite explicitement avant les 4 ans 6 mois de l'enfant.
  • Apprentissage avant 1972 sous-évalué : une réforme de 2014 a accordé des trimestres supplémentaires aux anciens apprentis. Demandez la rectification.
  • Emploi à l'étranger non reporté : les périodes en UE/EEE/Suisse/conventions bilatérales ouvrent des droits coordonnés. Joignez les attestations étrangères.

Trois profils : combien de trimestres validés ?

Cas 1 : Sophie, 52 ans, mère de 2 enfants

Sophie a commencé à travailler à 23 ans (après un master), avec une interruption de 2 ans de congé parental après son 2e enfant. Carrière : 29 ans cotisés × 4 trimestres = 116 trimestres + 16 trimestres MDA (8 par enfant) + 8 trimestres assimilés (chômage, maladie) = 140 trimestres validés à 52 ans. Pour atteindre 172 à 64 ans, elle doit encore valider 32 trimestres (= 8 ans à temps plein). Sa stratégie peut viser le rachat de 4 trimestres d'études si elle est faiblement imposée (économie limitée), ou plutôt sécuriser son emploi.

Cas 2 : Jean, 60 ans, carrière longue

Jean a commencé à travailler à 17 ans après un CAP. Carrière continue, sans interruption, à temps plein. À 60 ans il a validé168 trimestres et bénéficie du dispositif « carrière longue » (5 trimestres cotisés avant 20 ans). Il peut partir à 62 ans (au lieu de 64) avec le taux plein. Sans ce dispositif, il aurait dû attendre 64 ans en ayant déjà tous ses trimestres.

Cas 3 : Marc, 56 ans, expatrié 8 ans à Singapour

Marc a travaillé en France de 23 à 35 ans (48 trimestres), puis 8 ans à Singapour (hors UE, donc sans coordination automatique), puis retour en France 13 ans (52 trimestres). Total relevé brut :100 trimestres validés à 56 ans. Solutions pour combler : rachat de 12 trimestres au titre des années à l'étranger (option VPLR), ou cotisation volontaire à la CFE (Caisse des Français de l'Étranger) rétroactive sous conditions. À défaut, départ à 67 ans pour taux plein automatique sans décote.

FAQ : 5 questions fréquentes sur les trimestres retraite

Peut-on valider plus de 4 trimestres dans une même année ?

Non, jamais. Le plafond de 4 trimestres par année civile est strict (article R351-9 CSS), même si vous cumulez plusieurs activités, percevez un salaire très élevé ou bénéficiez de majorations. Les trimestres supplémentaires sont juridiquement impossibles — seul le calcul du salaire annuel moyen tient compte du salaire total.

Les périodes de stage sont-elles validées ?

Oui, si le stage est rémunéré au-delà du seuil de gratification minimum(4,35 €/h en 2026) et qu'il dure plus de 2 mois. Depuis 2015, les stages en entreprise font l'objet de cotisations sociales et valident donc des trimestres au prorata. Un stage de 6 mois à 600 €/mois (3 600 €) valide environ 2 trimestres.

Le congé sabbatique fait-il perdre des trimestres ?

Oui, si vous ne cotisez pas durant cette période. Le congé sabbatique est par définition non rémunéré, donc aucun trimestre n'est validé. Vous pouvez en revanche cotiser volontairement au régime général (article R742-1 CSS) pour maintenir vos droits — démarche à demander auprès de votre CARSAT dans les 6 mois suivant le départ.

Trimestres validés ≠ trimestres cotisés : quelle différence ?

Les trimestres cotisés proviennent du travail effectif (salaire ou activité indépendante). Les trimestres validés incluent les cotisés plus les assimilés (chômage, maladie, maternité, service militaire) et les majorations (enfants). Le départ anticipé pour carrière longue exige un nombre minimum de trimestres cotisés (et non assimilés) avant 20 ou 21 ans. La distinction est donc cruciale pour ce dispositif.

Comment combler les trimestres manquants à l'approche de la retraite ?

Trois leviers principaux : (1) le rachat de trimestres au titre des études supérieures ou des années incomplètes (versement pour la retraite, VPLR), coûteux mais déductible des impôts ; (2) la cotisation volontairesi vous résidez à l'étranger ; (3) la surcoteen continuant à travailler après l'âge légal, qui majore la pension de 1,25 %/trimestre supplémentaire. Une simulation chiffrée permet d'arbitrer entre ces options selon votre TMI et votre âge.

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