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BSPCE 2026 : fiscalité du gain, 12,8 % ou 30 %

Les Bons de Souscription de Parts de Créateur d'Entreprise (BSPCE) permettent à une startup d'intéresser ses salariés au capital avec une fiscalité préférentielle. Le gain d'exercice est imposé à 12,8 % (plus 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 %) si le bénéficiaire exerce son activité dans la société depuis au moins 3 ans à la cession, et à 30 % (48,6 % au total) sinon ; la plus-value de cession suit le régime des plus-values mobilières. Conditions strictes pour la société : moins de 15 ans, capital détenu à 15 % au moins par des personnes physiques, non cotée ou capitalisation inférieure à 150 M€. Voici le cadre 2026.

Rédigé et vérifié par l'éditeur du site, un particulier indépendant. Comment les textes sont relus et corrigés : édition et vérification.

Vérifié le Édition et vérificationMéthodologie

1. BSPCE : outil d'intéressement des startups

Les Bons de Souscription de Parts de Créateur d'Entreprise (BSPCE) sont un dispositif réservé aux startups françaises, créé en 1997 et régulièrement assoupli depuis. Ils permettent à une jeune entreprise d'attribuer gratuitement à ses salariés, à ses dirigeants soumis au régime des salariés et, depuis la loi PACTE de 2019, aux membres de son conseil d'administration ou de surveillance le droit d'acheter des actions à un prix fixé à l'avance, en général décoté par rapport à la valorisation cible[1].

Le principe est simple : si la société grandit et que les actions prennent de la valeur, le salarié exerce ses BSPCE au prix d'exercice initial et revend immédiatement (ou à terme) avec une plus-value. Cette plus-value, dite gain d'exercice, bénéficie d'une fiscalité préférentielle codifiée à l'article 163 bis G du CGI.

À retenir : les BSPCE ne sont accessibles qu'aux sociétés respectant des conditions strictes (jeune entreprise, capital détenu majoritairement par des personnes physiques, activité opérationnelle). Le régime fiscal dépend de la durée de présence du salarié.

2. Conditions de la société émettrice

Pour qu'une société puisse émettre des BSPCE, elle doit cumuler en 2026 les conditions suivantes[2] :

  • Être soumise à l'IS en France (SAS, SA, SARL optant pour l'IS).
  • Avoir moins de 15 ans à la date d'attribution des bons.
  • Avoir un capital détenu directement et de manière continue à au moins 15 % par des personnes physiques (ou par des sociétés respectant elles-mêmes ce critère par transparence) pour les bons attribués depuis le 1er janvier 2026 (25 % auparavant, seuil abaissé par la loi de finances pour 2026, art. 25).
  • Ne pas être issue d'une restructuration (concentration, restructuration ou extension d'activités préexistantes) sauf cas dérogatoires.
  • Ne pas être cotée, ou avoir une capitalisation boursière inférieure à 150 millions d'euros.
  • Exercer une activité opérationnelle (industrielle, commerciale, artisanale, libérale ou agricole), à l'exclusion des activités purement immobilières ou de gestion de patrimoine.

Si l'une de ces conditions cesse d'être remplie, l'attribution de BSPCE devient impossible pour l'avenir, mais les BSPCE déjà attribués conservent leur régime fiscal.

3. Bénéficiaires éligibles et règles d'attribution

Les BSPCE peuvent être attribués aux :

  • Salariés de la société (CDI, CDD, à temps plein ou partiel).
  • Dirigeants soumis au régime fiscal des salariés (président, directeur général, gérant minoritaire de SARL à l'IS).
  • Membres du conseil d'administration ou de surveillance sous certaines conditions.
  • Salariés et dirigeants des filiales détenues à au moins 75 % (loi PACTE 2019).

L'attribution est décidée par l'AGE (Assemblée Générale Extraordinaire) qui fixe le prix d'exercice, le nombre de bons et les conditions (vesting, événements déclencheurs, etc.). Le prix d'exercice doit correspondre à la valeur réelle de l'action à la date d'attribution, sauf si l'entreprise a levé des fonds au cours des 12 mois précédents (auquel cas le prix de la dernière levée s'applique sauf décote justifiée).

4. Mécanisme d'exercice et de cession

Le cycle de vie d'un BSPCE se découpe en trois étapes :

  • Attribution : le salarié reçoit gratuitement le droit d'exercer ses bons selon un calendrier (« vesting »), classiquement 4 ans avec cliff d'1 an.
  • Exercice : à la date d'exercice (souvent déclenchée par un événement de liquidité : levée importante, IPO, rachat), le salarié paye le prix d'exercice et reçoit les actions.
  • Cession : la revente des actions ainsi souscrites déclenche la plus-value imposable. C'est à ce moment que l'imposition s'applique (et non à l'exercice).

Gain BSPCE = (Prix de cession − Prix d'exercice) × Nombre de bons

5. Fiscalité 2026 : 12,8 % ou 30 % selon la durée

C'est le cœur du régime BSPCE. Depuis la loi de finances pour 2025 (art. 92), pour les titres souscrits à compter du 1er janvier 2025, le gain se décompose en deux parts : le gain d'exercice (valeur des actions au jour de l'exercice moins prix d'exercice), qui suit le régime propre des BSPCE, et le gain de cession (plus-value réalisée entre l'exercice et la vente), imposé comme une plus-value mobilière ordinaire. Le taux applicable au gain d'exercice dépend de la durée d'activité du bénéficiaire dans la société à la date de la cession.

  • Activité d'au moins 3 ans : gain d'exercice imposé au taux forfaitaire de 12,8 % (ou, sur option, au barème progressif), plus 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % au total.
  • Activité de moins de 3 ans : gain d'exercice imposé au taux forfaitaire de 30 %, sans option pour le barème, plus 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 48,6 % au total.
  • Gain de cession : prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % plus 18,6 % de prélèvements sociaux (31,4 %), ou option pour le barème progressif avec les abattements pour durée de détention applicables aux titres acquis avant 2018.

Les prélèvements sociaux à 18,6 % (taux applicable aux revenus du capital depuis le 1er janvier 2026) sont toujours dus, quel que soit le taux d'impôt sur le revenu retenu[3].

6. Tableau récapitulatif des taux

Tableau récapitulatif des taux
SituationIRPSTotal
≥ 3 ans en poste12,8 %18,6 %31,4 %
< 3 ans en poste (gain d'exercice)30 %18,6 %48,6 %
Gain de cession (plus-value après exercice)12,8 %18,6 %31,4 %
Option barème (TMI 45 %, ≥ 3 ans)jusqu'à 45 %18,6 %63,6 %

Note : l'avantage du régime BSPCE réside dans le taux forfaitaire de 12,8 % et dans l'absence de cotisations sociales salariales sur le gain d'exercice, contrairement au gain de levée des stock-options.

7. Exemples chiffrés

Exemple 1 : Ingénieur startup, 5 000 BSPCE à 1 €, revente à 11 € : présent depuis 4 ans dans la société (≥ 3 ans). Gain = (11 - 1) × 5 000 = 50 000 €. Imposition à 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) = 15 700 €. Il conserve 34 300 € net.

Exemple 2 : Designer parti après 2 ans : 10 000 BSPCE à 0,50 €, exercice et revente à 5 €. Gain d'exercice = (5 - 0,50) × 10 000 = 45 000 €. Comme il a quitté avant 3 ans, le taux de 30 % s'applique, plus 18,6 % de prélèvements sociaux : 21 870 € de prélèvements. Il garde 23 130 € net, contre 30 870 € s'il était resté 3 ans.

Exemple 3 : Dirigeant TMI 45 %, option barème : gain de 200 000 €. Au PFU 31,4 %, il paye 62 800 €. À l'option barème (45 % IR + 18,6 % PS = 63,6 %), il payerait 127 200 €. Le PFU 31,4 % reste très avantageux pour les hauts revenus.

8. Démarche : déclaration et paiement

La société émettrice transmet à chaque salarié et à l'administration fiscale (formulaire 2074 et déclaration DGFiP) un état individuel d'attribution et de cession précisant : nombre de bons, prix d'exercice, prix de cession, gain réalisé, durée d'exercice.

Le salarié reporte le gain :

  • Le gain d'exercice dans la rubrique dédiée aux BSPCE de la déclaration 2042 C (taux de 12,8 % ou de 30 % selon la durée d'activité), et le gain de cession avec les plus-values de cession de valeurs mobilières.
  • Joindre le formulaire 2074 détaillant le calcul du gain et la durée d'exercice.

Le paiement intervient l'année suivant la cession, lors de la régularisation IR (avis d'imposition reçu en juillet-août). Les prélèvements sociaux sont collectés simultanément.

9. Pièges à éviter

  • Sous-évaluer le prix d'exercice : si l'administration considère la décote injustifiée par rapport à une levée récente, elle peut requalifier l'écart en avantage en nature imposé en salaire (taux marginal jusqu'à 45 %).
  • Partir trop tôt : un départ avant 3 ans d'activité fait passer le taux d'impôt sur le gain d'exercice de 12,8 % à 30 % et peut faire perdre des bons non encore vestés.
  • Confondre exercice et cession : c'est la cession qui déclenche l'imposition. Tant que les actions ne sont pas vendues, aucun impôt n'est dû (mais l'IFI peut s'appliquer si patrimoine immobilier indirect).
  • Oublier l'apport-cession : il est possible d'apporter ses actions BSPCE à une holding (art. 150-0 B ter CGI) pour reporter l'imposition de la plus-value.
  • S'expatrier avec des titres non cédés : au-delà de 800 000 € de titres, ou 50 % du capital d'une société, le transfert du domicile hors de France déclenche l'exit tax sur les plus-values latentes, avec sursis de paiement sous conditions.
  • Raisonner hors salaire : les BSPCE ne sont pas du salaire et ne supportent aucune cotisation, mais le dirigeant qui les cumule avec une rémunération élevée voit sa paie structurée par la tranche 2 Agirc-Arrco, l'absence de cotisation chômage du mandataire et le prélèvement à la source, détaillés sur le simulateur de salaire net d'un cadre dirigeant.

10. BSPCE vs AGA vs stock-options

Comparaison rapide des trois dispositifs :

  • BSPCE : réservés aux jeunes sociétés < 15 ans, fiscalité PFU 31,4 %, pas de cotisations sociales salariées sur le gain de cession.
  • AGA (Actions Gratuites) : ouvert à toute société cotée ou non. Gain d'acquisition imposé comme salaire (jusqu'à 45 % IR + CSG-CRDS) avec un abattement de 50 % jusqu'à 300 000 € de gain par an, imposition intégrale comme salaire au-delà.
  • Stock-options : moins utilisées car fiscalité lourde (plus-value d'acquisition imposée au barème, CSG-CRDS et cotisations). Restent populaires uniquement dans les grands groupes.

Pour une startup, les BSPCE restent le dispositif le plus attractif tant que les conditions d'éligibilité sont remplies[4].

11. Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je quitte la société avant d'exercer ?

Le sort des BSPCE non encore exercés dépend du plan d'attribution (le « BSPCE Plan »). Le plus souvent, les bons vestés peuvent être exercés dans un délai limité après le départ (typiquement 90 jours), les bons non vestés étant définitivement perdus. Lisez attentivement votre plan.

Les BSPCE sont-ils transmissibles aux héritiers ?

Oui. En cas de décès du bénéficiaire, les BSPCE sont transmissibles aux héritiers, qui peuvent les exercer dans les conditions du plan. Le gain ultérieur sera imposé selon le régime BSPCE classique, dans le patrimoine de l'héritier.

Puis-je apporter mes actions BSPCE à une holding ?

Oui, l'apport-cession à une holding contrôlée (article 150-0 B ter CGI) permet de reporter l'imposition de la plus-value, à condition que la holding réinvestisse au moins 60 % du produit de cession dans une activité économique dans les 2 ans. Stratégie utile pour les gros tickets BSPCE.

Y a-t-il un plafond annuel d'attribution ?

Aucun plafond légal général : le nombre de bons et leur répartition sont fixés par l'assemblée générale extraordinaire (ou l'organe qu'elle délègue), dans le plan d'attribution.

Faut-il déclarer les BSPCE à l'IFI ?

Les actions et les bons ne sont pas des biens immobiliers : ils n'entrent dans l'assiette de l'IFI qu'à hauteur de la fraction de leur valeur représentative d'immobilier détenu par la société, fraction qui est exclue lorsque l'immobilier est affecté à l'activité opérationnelle. En revanche, après cession, les liquidités placées en immobilier ou parts de SCI deviennent imposables à l'IFI au-delà de 1,3 M€ de patrimoine immobilier net.

Sources officielles consultées

  1. Légifrance : Code général des impôts, article 163 bis G (régime fiscal des BSPCE, taux de 12,8 % et 30 %, condition d'activité de 3 ans), consulté le 15 septembre 2026.
  2. BOFiP : BOI-RSA-ES-20-40, bons de souscription de parts de créateur d'entreprise (12 août 2025) (conditions de la société émettrice, bénéficiaires, régime des titres souscrits à compter du 1er janvier 2025), consulté le 15 septembre 2026.
  3. BOFiP : actualité du 12 août 2025, aménagements du régime des BSPCE (loi n° 2025-127 du 14 février 2025, art. 92) (distinction du gain d'exercice et du gain de cession), consultée le 15 septembre 2026.
  4. BOFiP : actualité 2026, aménagements du régime des BSPCE (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 25) (seuil de détention par des personnes physiques abaissé de 25 % à 15 %, personnel des sous-filiales, bons attribués à compter du 1er janvier 2026), consultée le 15 septembre 2026.