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Succession sans lien de parenté

Calculez les droits de succession entre personnes sans lien de parenté en 2026 — 60 % de taxation sur la totalité, après un abattement symbolique de 1 594 €.

Votre part dans l'actif net successoral, avant abattement et droits.

Lien de parenté avec le défunt

Enfant (ou descendant en ligne directe : petit-enfant représentant un parent prédécédé).

Barème CGI 2026

Droits de succession dus

18 194 €

Soit 181 806 € net après droits

Voir le détail du calcul
Montant hérité
200 000,00 €
Abattement appliqué
100 000,00 €
Assiette taxable
100 000,00 €
De 0 € à 8 072 € (5 %)
403,60 €
De 8 072 € à 12 109 € (10 %)
403,70 €
De 12 109 € à 15 932 € (15 %)
573,45 €
De 15 932 € à 552 324 € (20 %)
16 813,60 €
Droits dus
18 194,35 €
Taux moyen d'imposition
9,1 %
Montant net hérité
181 805,65 €

Calcul indicatif sur la part nette reçue par un héritier. Hors réductions spécifiques (mutilés de guerre, dons à organismes d'intérêt général…), hors prise en compte des donations antérieures de moins de 15 ans, hors assurance-vie (régime à part, art. 990 I et 757 B du CGI).

Comment est calculé ce résultat ?

Le régime fiscal des successions sans lien de parenté est le plus pénalisant du droit français : 60 % de taxation sur la totalitéde l'héritage, après un abattement symbolique de 1 594 € seulement (article 788 IV du CGI). Sur 100 000 € légués à un ami ou un concubin, il reste environ 40 000 € net après droits.

Pour la simulation, sélectionnez « Autre »comme lien de parenté : le simulateur applique automatiquement le taux unique de 60 % et l'abattement résiduel.

Personnes concernées par ce régime :

  • Concubin non pacsé — même après 30 ans de vie commune, statut fiscal de « tiers ».
  • Ami ou connaissance désigné par testament.
  • Neveu sans représentation directe (lorsqu'il hérite en propre, non par souche).
  • Légataire universel non-parent.
  • Cousins éloignés au-delà du 4ème degré civil.

Alternative incontournable : l'assurance-vie (article 990 I du CGI) avec versements avant 70 ans bénéficie d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 €. Pour un concubin, le PACS fait chuter la taxation de 60 % à 0 % (article 796-0 bis CGI).

Questions fréquentes

Quel est le taux de taxation entre personnes sans lien de parenté ?

Le taux est unique et ultra-pénalisant : 60 % sur la totalité de la part héritée (article 777 du CGI), après application d'un abattement de seulement 1 594 € (article 788 IV). Sur un héritage de 100 000 €, vous payez 60 000 € de droits — il vous reste 40 000 € net. C'est le régime fiscal le plus défavorable du droit successoral français, prévu pour décourager les transmissions hors cadre familial direct.

Qui est concerné par ce régime « sans lien de parenté » ?

Sont concernés : (1) un ami ou une connaissance non-membre de la famille ; (2) un concubin non pacsé (la jurisprudence est constante depuis 30 ans) ; (3) un neveu sans descendance directe d'un frère/sœur du défunt ; (4) un légataire universel par testament hors lien de famille ; (5) une association non reconnue d'utilité publique ; (6) un partenaire dans une union de fait. À l'inverse, le conjoint marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés.

Pourquoi le concubinage ne donne-t-il aucun droit ?

Le concubinage, même de longue durée (30 ans, 50 ans), n'est pas reconnu fiscalement par le droit successoral français. L'article 515-8 du Code civil définit le concubinage comme une union de fait, sans création de lien familial ni d'engagement formel. Le concubin survivant n'est ni héritier légal (sauf testament) ni bénéficiaire d'un quelconque abattement majoré. C'est précisément pour combler cette lacune que le PACS a été créé en 1999, offrant l'exonération totale en succession.

Quel est l'abattement de 1 594 € ?

L'abattement de 1 594 € prévu à l'article 788 IV du CGI est un abattement résiduel, applicable à tout bénéficiaire ne relevant d'aucune autre catégorie spécifique. Il n'a quasiment aucune incidence pratique sur les montants courants : sur 100 000 € hérités, il représente moins de 1,6 % de réduction. Son objectif est essentiellement symbolique pour exonérer les très petits legs (un objet personnel, une somme modique).

Comment éviter le piège des 60 % pour transmettre à un ami ou concubin ?

Plusieurs solutions existent : (1) l'assurance-vie, hors succession civile et fiscale (article L132-12 Code des assurances) avec abattement de 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans ; (2) le PACS, qui ouvre l'exonération totale (article 796-0 bis du CGI) ; (3) le mariage, identique au PACS pour la fiscalité successorale ; (4) la donation 15 ans en amont avec étalement progressif ; (5) la SCI familiale avec démembrement croisé.

L'assurance-vie au profit d'un concubin est-elle vraiment hors succession ?

Oui, juridiquement et fiscalement, sous certaines conditions. Article L132-12 du Code des assurances : les capitaux versés au bénéficiaire désigné ne font pas partie de l'actif successoral. Fiscalement, article 990 I du CGI : abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur les versements effectués avant les 70 ans de l'assuré, puis taxation au taux forfaitaire de 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Au-dessus de 70 ans, abattement global de 30 500 € puis droits de succession classiques (60 % pour un non-parent).

Que se passe-t-il sans testament pour un défunt sans famille ?

En l'absence d'héritier connu jusqu'au 6ème degré (article 755 du Code civil), la succession revient à l'État (succession en déshérence, article 768). Pour transmettre à un ami ou un concubin, il faut impérativement rédiger un testament — olographe (manuscrit, daté, signé) ou notarié — désignant cette personne comme légataire. Sans testament, le concubin survivant ne reçoit rien, même après 40 ans de vie commune.

Le pacte civil de solidarité (PACS) change-t-il tout ?

Radicalement. Le PACS, conclu en mairie ou chez le notaire, fait passer le partenaire du régime « sans lien » (60 % de droits) au régime « conjoint » (exonération totale, article 796-0 bis du CGI). C'est l'écart fiscal le plus important du droit successoral. Sur 200 000 € hérités : 0 € de droits en PACS contre 119 044 € en concubinage. Le coût d'un PACS est minimal (gratuit en mairie) et l'effet fiscal est immédiat dès la conclusion. Attention : le PACS ne crée pas d'héritage automatique, il faut quand même un testament.

Sources et références

Simulateurs liés

Pour aller plus loin

Qui relève du régime « sans lien de parenté » ?

Le régime des 60 % concerne tous les bénéficiaires qui ne disposent d'aucun lien de famille reconnu fiscalement avec le défunt. Le droit français classe les héritiers en quatre catégories selon le lien :

  • Ligne directe (5 % à 45 %) — enfants, petits-enfants, parents, grands-parents.
  • Conjoint et PACS (0 %) — exonération totale depuis la loi TEPA de 2007.
  • Frères et sœurs (35 % puis 45 %)— abattement 15 932 €.
  • Parents jusqu'au 4ème degré (55 %) — neveux, nièces, oncles, tantes, cousins germains.
  • Sans lien (60 %)— toute personne hors des catégories précédentes : ami, concubin, cousin éloigné, association non RUP.

Le passage de 55 % (parents éloignés) à 60 % (sans lien) peut sembler minime, mais l'absence d'abattement majoré (1 594 € contre 7 967 €) creuse l'écart sur les petits héritages. Pour les gros montants, l'absence d'aménagement spécifique fait du régime « sans lien » le plus défavorable.

Tableau du coût effectif d'une transmission à un tiers

Voici l'impact concret du barème 60 % avec l'abattement de 1 594 € :

Droits de succession entre personnes sans lien (2026)
Montant léguéPart imposableDroits (60 %)Net reçu
10 000 €8 406 €5 044 €4 956 €
50 000 €48 406 €29 044 €20 956 €
100 000 €98 406 €59 044 €40 956 €
200 000 €198 406 €119 044 €80 956 €
500 000 €498 406 €299 044 €200 956 €

Sur 100 000 € légués à un ami ou un concubin non pacsé, près de 60 000 € partent en droits de succession. C'est l'équivalent de la perte du domicile familial pour beaucoup d'héritages modestes.

Le piège du concubinage : 30 ans de vie commune et 60 % de droits

Le concubinage, défini à l'article 515-8 du Code civil comme une union de fait, ne crée aucun droit successoral et ne donne droit à aucun abattement majoré. Cette règle s'applique quelle que soit la durée de la relation : 5 ans, 20 ans ou 50 ans, le traitement fiscal est identique.

Conséquence pratique : un couple non marié et non pacsé, propriétaire en commun d'une maison achetée ensemble, est exposé à un risque fiscal majeur en cas de décès de l'un des deux. Si la maison vaut 400 000 € et que chacun en possède la moitié, le survivant qui souhaite garder la maison devra (a) payer 119 044 € de droits de succession sur la part héritée (200 000 €), s'il a été désigné par testament, soit (b) ne rien recevoir du tout si aucun testament n'existe — la part du défunt reviendra alors à ses propres héritiers (parents, frères et sœurs).

Aucune jurisprudence n'a jamais aménagé ce régime pour les concubins notoires de longue durée, malgré plusieurs tentatives. Le législateur a tranché en créant le PACS (1999), seule voie pour bénéficier de l'exonération sans se marier.

L'assurance-vie, l'outil principal pour transmettre à un tiers

L'assurance-vie est le seul produit qui permet de transmettre significativement à un non-parent en limitant la facture fiscale. Son régime fiscal repose sur deux principes :

  • Hors actif successoral civil(article L132-12 du Code des assurances) : les capitaux ne sont pas inclus dans la masse à partager entre héritiers réservataires. Le bénéficiaire désigné les perçoit directement.
  • Fiscalité forfaitaire(article 990 I du CGI pour les versements avant 70 ans) : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà.

Comparaison concrète :sur 152 500 € transmis à un ami via une assurance-vie souscrite avant 70 ans, les droits sont de 0 €. Le même montant légué par testament classique génère 90 544 € de droits. L'écart est de presque 60 % du montant transmis.

Au-delà de 70 ans, le régime devient moins favorable (article 757 B du CGI) : abattement global unique de 30 500 € tous bénéficiaires confondus, puis droits de succession au barème classique (60 % pour un tiers). Il faut donc anticiper et alimenter l'assurance- vie avant 70 ans pour maximiser l'avantage.

PACS et mariage : de 60 % à 0 %

Le pacte civil de solidarité (PACS), créé par la loi du 15 novembre 1999, modifie radicalement la situation fiscale du partenaire en cas de décès. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le partenaire de PACS bénéficie de l'exonération totale des droits de succession au même titre que le conjoint marié (article 796-0 bis du CGI).

Conséquences pratiques pour un couple concubin :

  • Coût de la conclusion d'un PACS : gratuit en mairie, ou environ 250 € chez le notaire si convention spécifique (séparation de biens, indivision, etc.).
  • Effet fiscal : immédiat dès la signature. L'exonération s'applique à la première succession qui suit.
  • Effet civil : attention, le partenaire de PACS n'est pas héritier légal automatique. Il faut quand même rédiger un testament pour que le partenaire hérite (sinon les biens reviennent à la famille du défunt).

Le mariage offre le même avantage fiscal (exonération) et confère automatiquement la qualité d'héritier sans testament. C'est souvent la solution la plus simple et la plus protectrice pour les couples de longue durée.

Autres leviers d'optimisation

Au-delà de l'assurance-vie et du PACS, plusieurs outils permettent de limiter le poids fiscal d'une transmission sans lien :

  1. Donation 15 ans en amont— même soumise à 60 %, la donation permet de purger fiscalement les biens transmis et de reconstituer l'abattement de 1 594 € tous les 15 ans. Sur une vie entière, c'est plusieurs milliers d'euros qui peuvent être transmis sans frais.
  2. Achat en SCI familiale avec démembrement croisé entre concubins. Chacun détient la nue-propriété et l'usufruit inversement. Au décès du premier, l'usufruit s'éteint sans droits de succession (article 1133 du CGI), reconstituant la pleine propriété chez le survivant.
  3. Don manuel exceptionnel (présents d'usage) — non taxable s'il reste proportionné à la fortune du donateur et lié à un événement particulier (anniversaire, mariage). Article 757 du CGI.
  4. Adoption simple— dans des cas particuliers (concubin de longue durée, enfant du conjoint), l'adoption simple par testament transforme le « tiers » en héritier en ligne directe au sens fiscal (abattement 100 000 €, barème 5-45 %). Procédure complexe nécessitant l'accord d'un juge.
  5. Legs à une association reconnue d'utilité publique — les ARUP bénéficient d'une exonération totale (article 795 CGI). Solution non patrimoniale mais utile pour orienter une partie de la succession.