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Succession frère / sœur

Calculez les droits de succession entre frère et sœur en 2026 — abattement de 15 932 €, barème ultra-taxatif 35/45 % et exonération possible sous conditions.

Votre part dans l'actif net successoral, avant abattement et droits.

Lien de parenté avec le défunt

Enfant (ou descendant en ligne directe : petit-enfant représentant un parent prédécédé).

Barème CGI 2026

Droits de succession dus

18 194 €

Soit 181 806 € net après droits

Voir le détail du calcul
Montant hérité
200 000,00 €
Abattement appliqué
100 000,00 €
Assiette taxable
100 000,00 €
De 0 € à 8 072 € (5 %)
403,60 €
De 8 072 € à 12 109 € (10 %)
403,70 €
De 12 109 € à 15 932 € (15 %)
573,45 €
De 15 932 € à 552 324 € (20 %)
16 813,60 €
Droits dus
18 194,35 €
Taux moyen d'imposition
9,1 %
Montant net hérité
181 805,65 €

Calcul indicatif sur la part nette reçue par un héritier. Hors réductions spécifiques (mutilés de guerre, dons à organismes d'intérêt général…), hors prise en compte des donations antérieures de moins de 15 ans, hors assurance-vie (régime à part, art. 990 I et 757 B du CGI).

Comment est calculé ce résultat ?

La succession entre frère et sœur est l'une des plus pénalisées fiscalement du droit français. L'abattement n'est que de 15 932 € par bénéficiaire(à comparer à 100 000 € pour un enfant), et le barème grimpe à 45 % dès que la part imposable dépasse 24 430 €.

Pour la simulation, sélectionnez « Frère / sœur » comme lien de parenté : le simulateur applique automatiquement l'abattement et le barème spécifique.

Le barème entre frères et sœurs(article 777 du CGI) :

  • 35 %sur la fraction de la part nette imposable jusqu'à 24 430 €.
  • 45 %sur la fraction au-delà de 24 430 €.

Exonération possible (article 796-0 ter CGI) : un frère ou une sœur célibataire/veuf/divorcé, de plus de 50 ans (ou invalide), qui a vécu avec le défunt pendant les 5 années précédant le décès, est totalement exonéré de droits de succession. Les trois conditions sont cumulatives.

Questions fréquentes

Quel est l'abattement entre frère et sœur en 2026 ?

L'abattement entre frère et sœur s'élève à 15 932 € par bénéficiaire (article 779 IV du CGI), à comparer à 100 000 € pour un enfant ou 31 865 € pour un petit-enfant. C'est l'un des abattements les plus faibles du droit français, qui reflète une volonté historique de protéger la ligne directe descendante. L'abattement est individuel : chaque frère ou sœur du défunt en bénéficie sur sa propre part.

Quel barème s'applique sur la part imposable ?

Au-delà de l'abattement de 15 932 €, le barème entre frère et sœur (article 777 du CGI) est ultra-taxatif : 35 % jusqu'à 24 430 € de part imposable, puis 45 % au-delà. À titre de comparaison, le barème en ligne directe (enfant) débute à 5 % et monte progressivement à 45 % au-delà de 1,8 M€. Pour la fratrie, on atteint la tranche maximale de 45 % dès 40 362 € hérités, ce qui rend les transmissions entre frères et sœurs très coûteuses fiscalement.

Existe-t-il une exonération totale entre frère et sœur ?

Oui, sous trois conditions strictement cumulatives (article 796-0 ter du CGI) : (1) être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps au jour du décès ; (2) avoir plus de 50 ans OU être atteint d'une infirmité empêchant de subvenir aux nécessités de la vie ; (3) avoir été domicilié constamment avec le défunt pendant les 5 années précédant son décès. Les trois conditions doivent être réunies. C'est l'une des rares exonérations totales du droit successoral français.

Comment se calcule la part héritée par chaque frère ou sœur ?

En l'absence d'enfants et de conjoint, les frères et sœurs du défunt sont héritiers réservataires (article 745 du Code civil). En présence d'un conjoint, ils n'héritent que des biens de famille (article 757-3). La répartition entre frères et sœurs se fait par parts égales, avec un mécanisme de représentation : si un frère est prédécédé, ses enfants (neveux/nièces du défunt) prennent sa part par souche.

Quel impact pour un demi-frère ou une demi-sœur ?

Les demi-frères et demi-sœurs sont assimilés aux frères et sœurs entiers pour les droits de succession (mêmes abattement et barème). Sur le plan civil, en l'absence d'enfants et de conjoint, la succession est divisée en deux moitiés : la moitié paternelle et la moitié maternelle (système de la fente successorale, article 752-1 du Code civil). Un demi-frère côté père ne reçoit donc que sur la moitié paternelle.

Les donations antérieures sont-elles déduites de l'abattement ?

Oui, le rappel fiscal des 15 ans s'applique (article 784 du CGI). Si le défunt vous a fait une donation moins de 15 ans avant son décès, le montant donné est réintégré dans le calcul des droits de succession et l'abattement déjà utilisé n'est plus disponible. Au-delà de 15 ans, l'abattement se reconstitue intégralement. C'est pourquoi la donation entre frères et sœurs très en amont (idéalement avant 70 ans, voir tarifs réduits) est un outil patrimonial pertinent.

Que se passe-t-il si je renonce à la succession de mon frère ?

La renonciation à succession (article 804 du Code civil) est possible dans un délai de 4 mois à compter du décès, prolongeable. En cas de renonciation, votre part est attribuée aux héritiers de votre souche (vos enfants par représentation, article 754) ou aux autres frères et sœurs en l'absence de descendants. La renonciation peut être stratégique fiscalement si vos enfants ont un abattement plus favorable que vous, mais entre fratrie, l'abattement neveu/nièce (7 967 €) est encore plus faible.

Comment réduire le coût pour ma fratrie ?

Plusieurs leviers existent : (1) souscrire une assurance-vie au profit de vos frères et sœurs avec versements avant 70 ans (abattement 152 500 € par bénéficiaire, fiscalité 20 % puis 31,25 % au-delà) ; (2) faire une donation 15 ans en amont pour purger les droits ; (3) si conditions remplies, vivre ensemble pour ouvrir l'exonération de l'article 796-0 ter ; (4) sauter une génération en transmettant directement aux neveux/nièces (abattement 7 967 €) ou par testament aux petits-neveux.

Sources et références

Simulateurs liés

Pour aller plus loin

Pourquoi un barème si défavorable entre frère et sœur ?

Le droit français privilégie historiquement la transmission en ligne directe descendante (parents → enfants → petits-enfants). Les transmissions latérales (entre frères et sœurs) ou indirectes (oncles, neveux) sont soumises à des barèmes significativement plus lourds, dans l'idée que la richesse doit se transmettre prioritairement vers les générations suivantes plutôt que rester dans la fratrie.

Concrètement, là où un enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 € et d'un barème démarrant à 5 %, un frère ou une sœur ne dispose que de 15 932 € d'abattement et passe directement à 35 % puis 45 %. C'est environ 10 fois plus coûteux en proportion sur des montants équivalents.

Cette pénalisation rend la planification successorale particulièrement importante pour les personnes sans descendance, dont la fratrie est le principal bénéficiaire potentiel. L'assurance-vie, la donation anticipée et l'exonération de l'article 796-0 ter sont les leviers principaux pour limiter la facture fiscale.

Exemples chiffrés selon le montant hérité

Voici l'impact réel du barème pour différents montants reçus par un frère ou une sœur, après application de l'abattement de 15 932 € :

Droits de succession entre frère et sœur (2026)
Montant héritéPart imposableDroits à payerNet reçu
50 000 €34 068 €12 887 €37 113 €
100 000 €84 068 €35 387 €64 613 €
200 000 €184 068 €80 387 €119 613 €
500 000 €484 068 €215 387 €284 613 €

Pour 500 000 € hérités, plus de 43 % du montant part en droits de succession. C'est l'un des taux effectifs les plus lourds du système fiscal français.

L'exonération totale de l'article 796-0 ter du CGI

La loi prévoit une exonération totale au profit du frère ou de la sœur du défunt, à condition de remplir trois critères cumulatifs :

  1. Situation matrimoniale — être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps au jour du décès. Un frère marié ne peut pas bénéficier de l'exonération.
  2. Âge ou état de santé — avoir plus de 50 ans au jour du décès, ou être atteint d'une infirmité l'empêchant de subvenir par son travail aux nécessités de l'existence (justifié par certificat médical).
  3. Cohabitation effective — avoir été constamment domicilié avec le défunt pendant les 5 années précédant son décès. La cohabitation doit être réelle (même logement) et continue (pas d'interruption notable).

Cette exonération vise typiquement les fratries célibataires âgées qui ont partagé un domicile commun toute leur vie ou pour subvenir à un proche dépendant. Elle s'applique de plein droit sur déclaration, à condition que les preuves de la cohabitation soient apportées (factures, contrats au même nom, déclarations fiscales communes au même domicile).

Attention : les trois conditions doivent être réunies au jour du décès. Une cohabitation interrompue ou un mariage tardif fait perdre le bénéfice. L'exonération ne s'étend pas aux demi-frères et demi-sœurs sauf cohabitation effective.

Comment réduire les droits dans la fratrie

Plusieurs stratégies permettent de limiter l'impact fiscal d'une transmission entre frères et sœurs :

  1. Donation 15 ans en amont— toute donation faite plus de 15 ans avant le décès permet de reconstituer l'abattement de 15 932 €. En répétant les donations tous les 15 ans, on transmet sans droits jusqu'à plusieurs dizaines de milliers d'euros. Voir l'article 784 du CGI.
  2. Assurance-vie au profit de la fratrie— outil puissant : 152 500 € d'abattement par bénéficiaire sur les versements avant 70 ans, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. À comparer aux 35-45 % des droits de succession, le gain est considérable.
  3. Saut de génération vers les neveux— l'abattement neveu/nièce est de 7 967 € (article 779 V du CGI) mais le barème reste à 55 %. À utiliser uniquement avec testament spécifique si la fratrie est aisée et préfère que le patrimoine descende d'une génération.
  4. Pacs ou mariage tardif — pour les fratries résidant ensemble, le PACS ou le mariage entre les deux personnes (si possible légalement) modifie radicalement la fiscalité. Bien sûr, cette option n'est pas possible entre frères et sœurs au sens biologique, mais s'applique aux cohabitants amis.
  5. Démembrement — donation de la nue-propriété en conservant l'usufruit. La valeur taxée est réduite selon l'âge du donateur (article 669 du CGI). Pour un donateur de 60 ans, valeur nue-propriété = 60 % seulement.

Le rappel fiscal des donations sur 15 ans

L'article 784 du CGI prévoit un mécanisme de rappel fiscal : toutes les donations reçues d'une même personne dans les 15 années précédant le décès sont réintégrées dans le calcul des droits de succession. L'abattement consommé par les donations n'est plus disponible pour la succession.

Exemple concret : si votre frère vous a donné 10 000 € en 2020 (en utilisant 10 000 € de l'abattement de 15 932 €) et décède en 2026, il vous reste seulement 5 932 € d'abattement disponible pour la succession. En revanche, si la donation date de 2008, l'abattement se reconstitue intégralement.

Le délai de 15 ans est l'un des éléments clés de la planification patrimoniale entre frères et sœurs. Anticiper la transmission au moins 15 ans avant le décès permet de purger fiscalement les donations et de bénéficier à nouveau de l'abattement complet au moment de la succession.