1. Une prime conventionnelle : tout dépend de votre branche
Le Code du travail ne prévoit aucune prime de vacances obligatoire: seule l'indemnité de congés payés est due à tous les salariés. La prime de vacances ne s'impose à l'employeur que si elle est prévue par une convention collective, un accord d'entreprise, le contrat de travail ou un usage constant[1]. Deux branches en font un droit généralisé : le bâtiment et les travaux publics (BTP) d'une part, la convention Syntec (bureaux d'études, sociétés de conseil et du numérique) d'autre part. Pour savoir si vous êtes concerné, repérez l'intitulé de votre convention collective sur votre bulletin de paie.
2. BTP : 30 % de l'indemnité de congés payés, versés par la caisse
Dans le BTP, les congés payés ne sont pas réglés par l'employeur mais par les caisses CIBTP, auxquelles les entreprises cotisent. La prime de vacances s'élève à 30 % de l'indemnité de congés correspondant au congé principal(24 jours ouvrables au maximum), et elle est versée par la caisse en même temps que l'indemnité de congés. Condition principale : justifier d'un volume suffisant de travail dans des entreprises du BTP au cours de l'année de référence — 1 675 heures, avec des assimilations pour certaines absences (intempéries, accident du travail, maladie professionnelle…)[2].
Exemple : Karim, maçon, perçoit de sa caisse une indemnité de congé principal de 1 800 €. Sa prime de vacances atteint 540 € bruts(30 % de 1 800 €), versés avec l'indemnité au moment de son départ en congés. Pour estimer votre indemnité de congés, base de calcul de la prime, utilisez notre simulateur de congés payés.
3. Syntec : 10 % de la masse des indemnités de congés payés
L'article 31 de la convention Syntec impose à l'employeur de distribuer chaque année, à l'ensemble des salariés, une enveloppe au moins égale à 10 % de la masse globale des indemnités de congés payés de l'entreprise[3]. La répartition entre salariés est libre (montant uniforme, prorata du salaire ou du temps de présence), ce qui explique que deux collègues puissent percevoir des sommes différentes. Particularité importante : toute prime versée en cours d'année peut « tenir lieu » de prime de vacances, à condition d'être au moins égale aux 10 % requis et d'être versée pour partie entre le 1ᵉʳ mai et le 31 octobre.
Exemple : une société de conseil de 40 salariés affiche une masse d'indemnités de congés payés de 200 000 €. L'enveloppe minimale de prime de vacances est de 20 000 €. Répartie uniformément, elle représente 500 € bruts par salarié, soit environ 390 € net.
4. BTP, Syntec : le comparatif
| Critère | BTP | Syntec |
|---|---|---|
| Base de calcul | 30 % de l'indemnité de congés du congé principal | 10 % de la masse globale des indemnités de congés, répartis entre tous |
| Qui verse ? | La caisse CIBTP | L'employeur |
| Quand ? | Avec l'indemnité de congés, lors du congé principal | Au moins en partie entre le 1ᵉʳ mai et le 31 octobre |
| Condition principale | 1 675 heures dans le BTP sur l'année de référence (avec assimilations) | Être salarié de l'entreprise, sans condition d'ancienneté |
| Ordre de grandeur | Souvent quelques centaines d'euros bruts | Souvent quelques centaines d'euros bruts |
5. Une prime imposable et soumise à cotisations
Quelle que soit la branche, la prime de vacances est un élément de salaire: elle supporte les cotisations sociales, la CSG-CRDS et le prélèvement à la source, et elle entre dans le net imposable de l'année de versement[4]. Comptez, en ordre de grandeur, un net d'environ 75 à 80 % du brut annoncé. Pour mesurer précisément l'écart sur votre situation, notre simulateur salaire brut-net fait le calcul en quelques secondes. La prime figure obligatoirement sur le bulletin de paie du mois de versement.
6. Et dans les autres branches ?
D'autres conventions collectives ou accords territoriaux prévoient des primes de vacances ou de congés, selon des modalités propres (montant forfaitaire, pourcentage du salaire, condition d'ancienneté). À défaut de texte, un usage d'entreprisepeut créer le droit : versement constant, général et fixe dans son mode de calcul. L'employeur ne peut alors le supprimer qu'en respectant une procédure de dénonciation (information individuelle des salariés, des représentants du personnel et délai de prévenance suffisant). Attention enfin à ne pas confondre prime de vacances et 13ᵉ mois : ce dernier rémunère l'année entière et obéit à ses propres règles. En cas de doute, consultez votre convention collective sur Légifrance à partir du numéro IDCC indiqué sur votre bulletin de paie.
7. Questions fréquentes
Mon employeur Syntec verse un 13ᵉ mois : ai-je quand même droit à la prime de vacances ?
Tout dépend de sa rédaction et de son calendrier de versement. Une prime versée à un autre titre peut tenir lieu de prime de vacances si elle atteint au moins les 10 % requis et si une partie est payée entre le 1ᵉʳ mai et le 31 octobre ; la jurisprudence examine ces conditions au cas par cas. Interrogez votre service RH par écrit et, en cas de désaccord persistant, faites vérifier votre situation.
CDD, intérim : ai-je droit à la prime de vacances ?
Oui, au nom de l'égalité de traitement : les salariés en CDD la perçoivent au prorata de leur présence, et les intérimaires doivent recevoir les mêmes éléments de rémunération que les salariés permanents de l'entreprise utilisatrice. Dans le BTP, les heures effectuées chez plusieurs employeurs de la branche se cumulent pour atteindre le seuil requis.
La prime est-elle due en cas d'absence (maladie, maternité) ?
Dans la Syntec, la prime bénéficie à l'ensemble des salariés présents, sans condition de travail effectif. Dans le BTP, certaines absences (accident du travail, maladie professionnelle, intempéries) sont assimilées à du travail pour apprécier le seuil d'heures. Une absence prolongée non assimilée peut en revanche réduire ou supprimer le droit l'année concernée.
Que faire si la prime ne m'a pas été versée ?
Adressez d'abord une réclamation écrite à votre employeur (ou à votre caisse CIBTP dans le BTP), en citant le texte applicable. Sans régularisation, saisissez les représentants du personnel puis le conseil de prud'hommes : les rappels de salaire se prescrivent par trois ans.
Le montant change-t-il en 2026 ?
Il n'existe pas de montant national fixe : la prime suit vos indemnités de congés payés, donc votre salaire et vos jours acquis. Si votre rémunération a augmenté en 2025-2026, votre prime de vacances 2026 progresse mécaniquement.
Sources officielles consultées
- Code du travail — articles L. 3141-22 et suivants (indemnité de congés payés), Légifrance.
- Réseau des caisses CIBTP — notice « Prime de vacances » (conditions d'attribution et calcul), cibtp.fr.
- Convention collective nationale Syntec (IDCC 1486), article 31 « Prime de vacances », Légifrance.
- BOSS (Bulletin officiel de la Sécurité sociale) — assujettissement des primes et gratifications aux cotisations et contributions sociales.
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