1. Qu'est-ce que le minimum contributif (MICO)
Le minimum contributif (MICO) est un seuil plancher de pension de base du régime général. Il garantit aux salariés ayant eu une carrière complète mais avec des revenus modestes une pension minimale, calculée non plus sur le salaire annuel moyen mais sur un montant forfaitaire.
Créé en 1983, le MICO concerne uniquement le régime général (salariés du privé) et les régimes alignés (MSA salariés, ex-RSI artisans/commerçants). Les fonctionnaires bénéficient d'un dispositif équivalent mais distinct (le « minimum garanti »).
La réforme des retraites de 2023 a relevé le MICO à compter du 1er septembre 2023, en particulier le MICO majoré des carrières entièrement cotisées. Au 1er janvier 2026, il a été revalorisé de 1,18 %.
À retenir : le MICO est contributif : il suppose d'avoir cotisé. Il se distingue de l'ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées, ex-minimum vieillesse) qui est une aide sociale soumise à conditions de ressources et à récupération sur succession.
2. MICO de base et MICO majoré : les deux montants
Le minimum contributif se décline en deux niveaux selon votre carrière :
- MICO de base 2026 : 756,29 €/mois (9 075,50 €/an, contre 747,47 €/mois en 2025). S'applique aux retraités ayant la durée d'assurance requise (167 à 172 trimestres selon la génération) mais moins de 120 trimestres cotisés.
- MICO majoré 2026 : 903,93 €/mois (10 847,22 €/an, contre 893,66 €/mois en 2025). C'est le montant atteint lorsque tous les trimestres requis sont cotisés. Entre 120 trimestres cotisés et la durée complète, la majoration est proportionnelle au nombre de trimestres cotisés.
La majoration maximale s'élève à 147,64 €/mois (903,93 − 756,29) pour les carrières entièrement cotisées. Elle vise à différencier la pension de ceux qui ont effectivement cotisé sur des emplois peu rémunérés de celle des bénéficiaires de longues périodes assimilées (chômage, maladie, maternité, service militaire).
3. Conditions strictes d'attribution
Le MICO est accordé sous trois conditions cumulatives :
- Bénéficier du taux plein : soit par la durée d'assurance (167 à 172 trimestres selon la génération), soit par l'âge (67 ans), soit par un dispositif particulier (inaptitude, carrière longue, handicap).
- Avoir liquidé toutes vos retraites : régime de base, complémentaires, retraites étrangères éventuelles. Le MICO ne peut être attribué qu'une fois toutes les pensions calculées.
- Avoir une pension totale inférieure à 1 410,89 €/mois brut en 2026 (1 394,86 € auparavant ; plafond révisé comme le SMIC). Au-delà, le MICO est écrêté ou supprimé.
Pour le MICO majoré, une condition supplémentaire : avoir validé au moins 120 trimestres réellement cotisés au régime général ou alignés. Cette condition élimine les retraités dont la carrière repose principalement sur des trimestres assimilés.
4. Formule de calcul et proratisation
Le MICO n'est pas attribué intégralement à tous : il est proratisé selon votre durée d'assurance au régime général rapportée à la durée requise pour votre génération (172 trimestres dans les exemples ci-dessous). Les formules publiées par service-public.gouv.fr :
MICO versé = 756,29 € × (trimestres au régime général ÷ trimestres requis)
Et, à partir de 120 trimestres cotisés, pour la part majorée :
MICO versé = 756,29 € + (903,93 − 756,29) × (trimestres cotisés ÷ trimestres requis)
Cette proratisation pénalise les polypensionnés (retraités relevant de plusieurs régimes). Exemple : un retraité avec 100 trimestres au régime général + 72 trimestres dans la fonction publique percevra environ 756,29 × 100/172 = 440 €/mois de MICO sur sa part régime général, et non l'intégralité.
5. Tableau récapitulatif MICO 2026
| Dispositif | Montant 2026 | Conditions | Plafond ressources |
|---|---|---|---|
| MICO de base | 756,29 €/mois | Taux plein + 172 trim. d'assurance | 1 410,89 €/mois |
| MICO majoré | 903,93 €/mois | + 120 trim. cotisés minimum | 1 410,89 €/mois |
| ASPA (1 personne) | 1 043,59 €/mois | 65 ans, séjour régulier | 12 523,14 €/an |
| ASPA (couple) | 1 620,18 €/mois | 65 ans, séjour régulier | 19 442,21 €/an |
6. Écrêtement : ce qui se passe au-dessus du plafond
Si l'addition de votre pension de base, de votre complémentaire et des éventuels avantages annexes dépasse 1 410,89 €/mois en 2026, le MICO est réduit (« écrêté ») de la différence. Exemple :
- Pension de base calculée à 600 €/mois.
- MICO théorique (carrière entièrement cotisée) : 903,93 €/mois, soit une majoration de 303,93 €.
- Pension complémentaire Agirc-Arrco : 600 €/mois (points acquis multipliés par la valeur du point Agirc-Arrco, qui compte donc dans l'écrêtement).
- Pension totale avec MICO : 903,93 + 600 = 1 503,93 €/mois > plafond.
- Écrêtement : 1 503,93 − 1 410,89 = 93,04 € en moins.
- Pension finale : 1 410,89 €/mois.
À retenir : l'écrêtement vise à éviter que le MICO devienne plus avantageux qu'une pension cotisée normalement. Le plafond est revalorisé chaque année selon l'évolution du SMIC.
7. Trois exemples chiffrés
Exemple 1 : Salariée à temps partiel, carrière complète. Sylvie a travaillé 36 ans à temps partiel sur des emplois de service au SMIC. Salaire annuel moyen 14 000 €, 172 trimestres validés sur 172 requis (dont 150 cotisés). Sa pension calculée normalement serait de 14 000 × 50 % = 7 000 €/an, soit 583 €/mois. Avec 150 trimestres cotisés (plus de 120), le MICO majoré au prorata la fait remonter à 756,29 + 147,64 × 150/172 = 885 €/mois, soit environ +302 €/mois grâce au minimum contributif.
Exemple 2 : Polypensionné régime général + fonction publique. Karim a 100 trimestres au régime général (carrière courte mais cotisée) + 72 trimestres dans la fonction publique territoriale. Pension régime général sans MICO : ~ 250 €/mois. MICO de base proratisé : 756,29 × 100/172 = 440 €/mois. Avec sa pension de fonctionnaire (~ 600 €/mois), il atteint 1 040 €/mois, sous le plafond donc pas d'écrêtement.
Exemple 3 : Retraité avec faible complémentaire. Robert, 172 trimestres validés sur 172 requis (dont 130 cotisés). Pension de base calculée à 600 €/mois. MICO majoré au prorata : 756,29 + 147,64 × 130/172 = 868 €/mois. Pension complémentaire Agirc-Arrco : 250 €/mois. Total : 1 118 €/mois, sous le plafond. Pas d'écrêtement.
8. MICO vs ASPA : ne pas confondre
Le MICO et l'ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées) sont souvent confondus mais répondent à deux logiques opposées :
- MICO : contributif. Versé en raison de vos cotisations passées, dans le cadre du calcul de pension. Pas de récupération sur succession. Pas de condition de séjour.
- ASPA : aide sociale. Versée sous condition de ressources, résidence stable en France (plus de 9 mois par an), 65 ans (âge légal si inaptitude). Récupérable sur succession lorsque l'actif net dépasse 108 585,14 € (décès en 2026, métropole).
L'ASPA peut compléter le MICO si la pension totale reste inférieure au seuil ASPA (1 043,59 €/mois pour une personne seule en 2026). Cas typique : retraitée avec MICO de 904 € et pension complémentaire de 50 € seulement, pension totale 954 €. Elle peut demander l'ASPA pour compléter jusqu'à 1 043,59 €, soit environ +90 €/mois.
9. Démarche : MICO automatique mais vérifiez
Le MICO est attribué automatiquement par la CARSAT lors de la liquidation de votre pension de base, si vous remplissez les conditions. Aucune démarche spécifique à effectuer.
En revanche, vérifiez attentivement votre notification de pension :
- Le calcul du MICO doit y apparaître distinctement (ligne « minimum contributif » ou « majoration de pension au minimum »).
- La part majorée (120 trim. cotisés) doit être bien identifiée si vous y êtes éligible.
- En cas d'écrêtement, le montant déduit doit être précisé.
En cas d'erreur, vous disposez de 2 mois pour contester par recours amiable auprès de la commission de recours amiable de votre CARSAT, puis devant le tribunal judiciaire pôle social en appel.
Pour simuler votre pension complète (MICO compris), utilisez le simulateur de pension de retraite qui intègre automatiquement le minimum contributif lorsque vous y êtes éligible.
10. Revalorisation et perspectives
Le MICO est revalorisé chaque année au 1er janvier selon l'évolution prévue des prix à la consommation (hors tabac). Au 1er janvier 2026, la revalorisation a été de +1,18 % par rapport à 2025, portant le MICO de base à 756,29 € et le MICO majoré à 903,93 € par mois. Le plafond des retraites personnelles, lui, suit le SMIC : 1 410,89 € au 1er janvier 2026.
Sources
- Service-public.gouv.fr : « Pensions de retraite : quel est le montant du minimum contributif en 2026 ? », actualité A15703, publiée le 12 février 2026 (756,29 € et 903,93 € par mois, revalorisation de 1,18 %, plafond des retraites personnelles de 1 410,89 €, formules de proratisation), consulté le 15 septembre 2026.
- Service-public.gouv.fr : « Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) », fiche F16871, vérifiée le 23 juin 2026 (1 043,59 € et 1 620,18 € par mois, résidence de plus de 9 mois par an, récupération sur succession), consulté le 15 septembre 2026.
- Assurance retraite : circulaire Cnav n° 2025-29 du 22 décembre 2025(seuil de récupération de l'Aspa sur succession : 108 585,14 € pour les décès de 2026 en métropole ; la fiche F16871 affiche 108 586,14 €), consultée le 8 octobre 2026.
11. Questions fréquentes
Le MICO est-il imposable ?
Oui. Comme toute pension de retraite, le MICO est imposable à l'IR, après application de l'abattement de 10 % sur les pensions (plafonné à 4 439 € par foyer pour les revenus 2025). Il est aussi soumis à la CSG (taux normal 8,3 %, réduit 3,8 % ou 6,6 % selon RFR), à la CRDS (0,5 %) et à la CASA (0,3 %).
Puis-je bénéficier du MICO si je pars avec décote ?
Non. Le MICO est strictement réservé aux retraités bénéficiant du taux plein du régime général, par la durée d'assurance ou par l'âge (67 ans). Si vous partez avant 67 ans sans le nombre de trimestres requis, vous subirez une décote et ne pourrez pas prétendre au MICO.
Les retraites étrangères sont-elles prises en compte ?
Oui, dans le plafond. Si vous avez travaillé à l'étranger (UE, conventions bilatérales), les pensions perçues à ce titre sont intégrées dans le total comparé au plafond de 1 410,89 €/mois. Au-delà, le MICO est écrêté en conséquence.
Le MICO peut-il être versé après le départ à la retraite ?
Oui, à titre rétroactif s'il a été oublié. Si vous découvrez après coup que vous aviez droit au MICO mais qu'il ne vous a pas été attribué, vous pouvez le demander avec effet rétroactif jusqu'à 2 ans en arrière. Au-delà, la prescription biennale s'applique.
Faut-il choisir entre MICO et ASPA ?
Non, ils se combinent. Le MICO est attribué d'abord, dans le calcul de votre pension contributive. Si la pension totale (MICO + complémentaire) reste inférieure au seuil ASPA (1 043,59 €/mois pour 1 personne en 2026), vous pouvez ensuite demander l'ASPA pour compléter, en gardant à l'esprit qu'elle est récupérable sur succession lorsque l'actif net dépasse 108 585,14 €.