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9 min de lecture

Indemnité de départ à la retraite 2026 : calcul et fiscalité

Partir volontairement à la retraite ou être mis à la retraite par son employeur : deux situations aux conséquences fiscales très différentes. Barèmes selon l’ancienneté, imposition de l’indemnité de départ volontaire, exonération partielle en cas de mise à la retraite et exemples chiffrés pour bien anticiper votre fin de carrière en 2026.

1. Départ volontaire ou mise à la retraite : deux régimes distincts

Le montant et surtout la fiscalité de l’indemnité de fin de carrière dépendent d’une distinction essentielle : est-ce vous qui partez, ou votre employeur qui vous met à la retraite ?[1]

  • Le départ volontaire : vous décidez de partir. Vous percevez une indemnité légale (ou conventionnelle si plus favorable), en principe imposable en totalité.
  • La mise à la retraite : l’employeur en prend l’initiative, dans les cas prévus par la loi. L’indemnité, calculée comme une indemnité de licenciement, bénéficie d’un régime fiscal et social plus favorable.

2. Le barème du départ volontaire

L’indemnité légale de départ volontaire suppose au moins dix ans d’ancienneté et suit ce barème[2] :

AnciennetéIndemnité légale de départ
10 à 15 ans0,5 mois de salaire
15 à 20 ans1 mois de salaire
20 à 30 ans1,5 mois de salaire
30 ans et plus2 mois de salaire

La convention collective prévoit souvent un barème plus généreux : c’est le montant le plus favorable qui s’applique.

3. La fiscalité, cœur du sujet

C’est ici que tout se joue[3] :

  • Départ volontaire (hors plan de sauvegarde de l’emploi) : l’indemnité est soumise à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales. Vous pouvez atténuer la progressivité de l’impôt en demandant le système du quotient pour revenu exceptionnel.
  • Mise à la retraite : l’indemnité est exonérée d’impôt dans la limite la plus élevée entre le montant légal ou conventionnel, deux fois la rémunération annuelle brute, ou 50 % de l’indemnité — le tout plafonné à cinq fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (environ 5 × 47 100 €, valeur de référence revalorisée chaque année).

4. Le barème de la mise à la retraite

L’indemnité de mise à la retraite ne peut être inférieure à l’indemnité légale de licenciement : 1/4 de mois de salaire par année jusqu’à dix ans d’ancienneté, puis 1/3 de mois par année au-delà. Une convention plus favorable prime. Comme pour l’indemnité de licenciement, une part de cette somme échappe donc à l’impôt et aux cotisations, dans les limites indiquées.

5. Exemple 1 — Jocelyne part volontairement à la retraite

Jocelyne, 64 ans, quitte volontairement son poste après 32 ans d’ancienneté, pour un salaire de référence de 2 600 € brut. Le barème légal lui donne 2 mois de salaire, soit 5 200 € (sa convention n’étant pas plus favorable). Cette indemnité est imposable en totalité et soumise à cotisations. Comme il s’agit d’un revenu exceptionnel, elle demande le système du quotient pour éviter de basculer artificiellement dans une tranche supérieure sur l’année.

6. Exemple 2 — Alain est mis à la retraite par son employeur

Alain, 67 ans, est mis à la retraite par son entreprise après 36 ans d’ancienneté, salaire de référence 3 000 € brut. Le calcul (1/4 de mois sur 10 ans + 1/3 de mois sur 26 ans) aboutit à environ 33 500 €. Comme cette somme reste sous le montant légal servant de référence à l’exonération, elle est exonérée d’impôt sur le revenu. À indemnité comparable, la mise à la retraite est donc fiscalement bien plus avantageuse qu’un départ volontaire.

7. Préparer son départ au bon moment

Avant de choisir votre date, vérifiez votre nombre de trimestres et le montant estimé de votre pension : partir quelques mois plus tard peut éviter une décote. Notre simulateur d’indemnité de départ à la retraite chiffre votre prime, et notre simulateur de pension de retraite estime votre future pension. Le guide retraite 2026 synthétise les âges et conditions de départ.

8. Cotisations sociales et cas du plan de sauvegarde de l’emploi

Le sort social de l’indemnité complète son sort fiscal. Pour une mise à la retraite, la fraction exonérée d’impôt est aussi exonérée de cotisations sociales dans une limite spécifique (de l’ordre de deux fois le plafond annuel de la Sécurité sociale) ; au-delà, elle redevient soumise à cotisations. La part exonérée de cotisations reste, elle, en général assujettie à la CSG et à la CRDS.

Un cas mérite l’attention : le départ dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). L’indemnité de départ volontaire y est alors exonérée d’impôt, à la différence d’un départ volontaire ordinaire, entièrement imposable. Le motif exact de votre départ — départ volontaire classique, mise à la retraite ou plan collectif — conditionne donc l’ensemble du traitement fiscal et social : faites-le préciser par écrit avant de signer.

9. Questions fréquentes

L’indemnité de départ volontaire est-elle imposable ?

Oui, en totalité, hors cas d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Elle est aussi soumise aux cotisations sociales. Le système du quotient permet d’en lisser l’effet sur votre impôt.

Pourquoi la mise à la retraite est-elle mieux traitée fiscalement ?

Parce que la loi l’assimile à une indemnité de licenciement, exonérée d’impôt dans certaines limites. À l’inverse, le départ volontaire est considéré comme un revenu ordinaire, donc imposable.

Faut-il dix ans d’ancienneté pour toucher une indemnité ?

Pour l’indemnité légale de départ volontaire, oui. Mais votre convention collective peut prévoir un versement dès une ancienneté plus faible ou un montant supérieur : vérifiez toujours votre texte de branche.

À quel âge l’employeur peut-il me mettre à la retraite ?

À partir de 70 ans, il peut le faire sans votre accord. Entre 67 et 70 ans, il doit vous interroger chaque année, et votre refus fait obstacle à la mise à la retraite. En dessous, elle n’est pas possible.

L’indemnité est-elle soumise à la CSG ?

La fraction exonérée de cotisations reste en général soumise à la CSG et à la CRDS. Les modalités précises dépendent du montant et du régime (départ volontaire ou mise à la retraite) ; votre bulletin de solde en détaille le décompte.

Puis-je cumuler cette indemnité avec ma pension ?

Oui, l’indemnité de fin de carrière est versée au moment du départ, indépendamment de votre pension. Elle n’entre pas dans le calcul de la retraite, mais peut, si elle est imposable, augmenter votre revenu imposable de l’année.

Sources officielles consultées

  1. Service-public.fr — « Indemnité de départ volontaire à la retraite » et « Mise à la retraite d’un salarié par l’employeur », mise à jour 2026.
  2. Code du travail, articles L.1237-9 et D.1237-1 (indemnité de départ volontaire à la retraite), Légifrance.
  3. impots.gouv.fr — régime fiscal des indemnités de départ et de mise à la retraite ; Code général des impôts, art. 80 duodecies.
  4. Info-retraite.fr — conditions de départ et âge légal ; articulation entre indemnité de fin de carrière et liquidation de la pension.

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