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Location meublée de tourisme 2026 : fiscalité et réforme

La loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, a durci la fiscalité des meublés de tourisme. Micro-BIC ramené à 30 % (plafond 15 000 €) pour les logements non classés, 50 % (77 700 € pour les revenus 2025, 83 600 € pour 2026) pour les classés, DPE obligatoire et autorisation de changement d'usage en zone tendue : voici ce qui change pour vos locations de courte durée en 2026.

Rédigé et vérifié par l'éditeur du site, un particulier indépendant. Comment les textes sont relus et corrigés : édition et vérification.

Vérifié le Édition et vérificationMéthodologie

1. La loi « Le Meur » rebat les cartes

La loi du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme, dite loi « Le Meur », a durci le cadre fiscal et réglementaire de la location de courte durée (type Airbnb)[1]. Elle s'applique aux revenus 2025 déclarés en 2026. Son objectif : réduire l'avantage fiscal du meublé de tourisme par rapport à la location nue et rendre du logement aux résidents, notamment en zone tendue.

2. Le nouvel abattement du micro-BIC

Le régime micro-BIC applique un abattement forfaitaire pour frais sur les recettes. La réforme abaisse ces abattements[2] :

Le nouvel abattement du micro-BIC
Type de bienAbattement micro-BICPlafond de recettes
Meublé de tourisme non classé30 %15 000 €
Meublé de tourisme classé / chambre d'hôtes50 %77 700 € (83 600 € pour les recettes 2026)
Location meublée longue durée (rappel)50 %77 700 € (83 600 € pour les recettes 2026)

Auparavant, un meublé non classé bénéficiait de 50 % jusqu'à 77 700 €, et un meublé classé jusqu'à 71 % : l'écart avec la nouvelle grille est donc considérable pour les loueurs de courte durée.

3. Le régime réel, souvent plus intéressant

Avec un abattement micro-BIC réduit à 30 %, le régime réel devient attractif dès que les charges dépassent ce forfait. Il permet de déduire les charges effectives (intérêts d'emprunt, taxe foncière, assurances) et surtout d'amortir le bien et le mobilier, ce qui peut annuler l'imposition des loyers pendant plusieurs années[3]. À noter : depuis 2025, les amortissements déduits en LMNP sont, en règle générale, réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente. Pour comparer réel et micro, simulez votre rentabilité avec notre simulateur de rendement locatif LMNP et lisez notre comparatif LMNP, LMP ou SCI.

4. DPE et changement d'usage : les contraintes réglementaires

Au-delà de la fiscalité, la loi renforce l'encadrement local[4] :

  • DPE obligatoire : un diagnostic de performance énergétique décent est désormais exigé pour les nouveaux meublés de tourisme là où la commune l'impose (au moins classe E), avec une trajectoire vers la classe D d'ici 2034.
  • Changement d'usage et enregistrement : les communes en zone tendue peuvent imposer une autorisation de changement d'usage et un numéro d'enregistrement obligatoire pour toute mise en location.
  • Plafond de nuitées : pour une résidence principale louée, les communes peuvent abaisser le plafond de 120 à 90 nuitées par an.

5. Exemple 1 : Nathalie, meublé de tourisme non classé

Nathalie loue un studio en courte durée et encaisse 12 000 € de recettes par an. Avant la réforme, le micro-BIC lui appliquait 50 % d'abattement : 6 000 € imposables. Désormais, l'abattement tombe à 30 % : son revenu imposable passe à 8 400 €. À une tranche marginale de 30 %, sa facture fiscale et sociale augmente sensiblement. Elle a intérêt à faire classer son meublé pour retrouver l'abattement de 50 %, ou à basculer au régime réel.

6. Exemple 2 : Karim passe au régime réel

Karim perçoit 20 000 € de recettes sur un appartement financé à crédit. Au micro-BIC non classé (30 %), il serait imposé sur 14 000 €. En optant pour le régime réel, il déduit 8 000 € de charges (intérêts, taxe foncière, assurances) et 9 000 € d'amortissement, soit 17 000 € : son revenu imposable tombe à 3 000 €. Le réel lui fait économiser plusieurs milliers d'euros d'impôt, au prix d'une comptabilité plus lourde et de la réintégration des amortissements à la revente.

7. Faut-il continuer en meublé de tourisme ?

La courte durée reste rentable dans les zones très touristiques, mais l'écart fiscal avec la location nue ou meublée longue durée se resserre. Trois leviers : faire classer le bien, passer au régime réel, ou arbitrer vers une location longue durée plus stable. Notre guide de l'investissement locatif 2026 détaille ces arbitrages selon votre profil et votre ville.

8. Copropriété, sanctions et points de vigilance

La fiscalité n'est pas le seul obstacle. En copropriété, le règlement peut interdire ou encadrer la location de courte durée, et l'assemblée générale dispose désormais d'outils renforcés pour l'inscrire à l'ordre du jour et statuer. Vérifiez ce règlement avant de vous lancer : une clause d'habitation bourgeoise peut suffire à interdire l'activité.

Le non-respect de l'obligation d'enregistrement, du changement d'usage ou du plafond de nuitées expose à des amendes civiles : jusqu'à 10 000 € en cas de défaut d'enregistrement, 20 000 € en cas de fausse déclaration ou de faux numéro d'enregistrement, 15 000 € en cas de dépassement du plafond de nuitées de la résidence principale (actualité service-public.gouv.fr A17883). À cela s'ajoutent, selon les communes, la taxe de séjour à collecter auprès des voyageurs (au réel par nuitée et par personne, ou au forfait selon la capacité) et, le plus souvent, la cotisation foncière des entreprises (CFE) due par le loueur. Un meublé de tourisme laissé sans occupant reste par ailleurs assujetti à la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, et non à la taxe sur les logements vacants, réservée aux logements vides de meubles. Avant d'investir, additionnez ces contraintes à l'effet de la réforme fiscale pour mesurer la rentabilité réelle.

9. Questions fréquentes

Quel abattement micro-BIC en 2026 pour un meublé de tourisme ?

30 % avec un plafond de recettes de 15 000 € pour un meublé non classé, et 50 % jusqu'à 77 700 € pour un meublé classé ou une chambre d'hôtes. Ces règles s'appliquent aux revenus 2025 déclarés en 2026 ; pour les recettes 2026, le plafond du meublé classé passe à 83 600 €.

Le classement de mon meublé change-t-il vraiment la donne ?

Oui. Un meublé classé conserve l'abattement de 50 % et un plafond bien plus élevé. Le classement, valable cinq ans, peut donc réduire nettement l'imposition d'un loueur de courte durée.

Le régime réel est-il plus avantageux que le micro-BIC ?

Souvent, dès que vos charges et amortissements dépassent l'abattement forfaitaire. Le réel permet de déduire les charges réelles et d'amortir le bien, quitte à réintégrer ces amortissements dans la plus-value à la revente.

Dois-je un DPE pour louer en meublé de tourisme ?

De plus en plus. Là où la commune l'impose, un DPE d'au moins classe E est exigé pour les nouveaux meublés de tourisme, avec une exigence de classe D à horizon 2034. Renseignez-vous auprès de votre mairie.

Combien de nuitées puis-je louer ma résidence principale ?

120 nuitées par an au maximum, mais les communes en zone tendue peuvent désormais abaisser ce plafond à 90 nuitées. Au-delà, la location n'est plus considérée comme celle d'une résidence principale.

Faut-il un numéro d'enregistrement ?

Oui. La loi du 19 novembre 2024 généralise la déclaration avec enregistrement à toutes les communes, via un téléservice national, au plus tard le 20 mai 2026. Louer sans numéro d'enregistrement expose à une amende civile pouvant atteindre 10 000 €.

Sources officielles consultées

  1. Service-public.gouv.fr : « Locations touristiques : de nouvelles règles en 2025 », actualité A17883, mise à jour le 20 janvier 2025 (loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 : abattements, 90 nuitées, DPE, enregistrement au plus tard le 20 mai 2026, copropriété, amendes), consulté le 15 septembre 2026.
  2. Service-public.gouv.fr : « Impôt sur le revenu - Revenus d'une location meublée », fiche F32744, vérifiée le 15 avril 2026 (micro-BIC : 30 % jusqu'à 15 000 € pour les meublés de tourisme non classés, 50 % jusqu'à 77 700 € pour les meublés classés, les chambres d'hôtes et la location meublée classique, 83 600 € pour 2026), consulté le 15 septembre 2026.
  3. Impots.gouv.fr : « Je vends un bien immobilier donné en location meublée, comment se calcule la plus-value ? », mise à jour le 10 juillet 2026 (réintégration des amortissements pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025, loi de finances pour 2025), consulté le 15 septembre 2026.
  4. Service-public.gouv.fr : « Faire de sa résidence principale une location de vacances (meublé de tourisme) », fiche F33175, vérifiée le 21 mai 2026 (plafond de 90 à 120 jours selon la commune, numéro d'enregistrement), consulté le 15 septembre 2026.

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