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Âge légal de départ à la retraite 2026 : 63 ans 3 mois (tableau cohorte)

Depuis la réforme des retraites de 2023, l'âge légal de départ recule progressivement de 62 ans (génération 1961) à 64 ans (génération 1968 et après). En 2026, les personnes nées en 1963 partent à 63 ans, celles nées en 1962 à 62 ans 9 mois. Tableau complet par année de naissance, durée d'assurance requise (172 trimestres) et conditions du taux plein automatique.

1. Trois âges distincts à ne pas confondre

La réforme des retraites du 14 avril 2023 a profondément modifié le calendrier de départ à la retraite en France. Avant tout calcul, il faut distinguer trois âges qui définissent vos droits :

  • L'âge légal d'ouverture des droits : âge à partir duquel vous pouvez liquider votre pension. Il passe progressivement de 62 à 64 ans entre les générations 1961 et 1968.
  • L'âge du taux plein automatique : fixé à 67 ans. À cet âge, vous partez sans décote, même si vous n'avez pas la durée d'assurance requise.
  • L'âge du taux plein « par la durée » : âge auquel vous atteignez les 172 trimestres requis et donc une pension complète sans décote.

À retenir : partir à l'âge légal ne signifie pas partir au taux plein. Si vous n'avez pas vos 172 trimestres, vous subirez une décote (sauf cas particuliers : carrière longue, handicap, inaptitude, etc.).

2. Le calendrier de relèvement progressif

Le relèvement de l'âge légal s'applique au rythme de 3 mois par génération, à partir des personnes nées le 1er septembre 1961. Le palier final de 64 ans est atteint avec la génération 1968. Ce calendrier concerne le régime général, les régimes alignés (MSA salariés, RSI) et la fonction publique pour les catégories sédentaires.

Parallèlement, la durée d'assurance requise pour le taux plein a été accélérée : elle atteint 172 trimestres (43 ans) dès la génération 1965, contre une montée prévue jusqu'en 2035 avant la réforme.

3. Tableau de cohorte : âge légal par année de naissance

GénérationÂge légalTrimestres requisAnnée de départ possible
1961 (avant 1er sept.)62 ans1682023
1961 (1er sept. et après)62 ans 3 mois1692023-2024
196262 ans 6 mois1692024-2025
196362 ans 9 mois1702025-2026
196463 ans1712027
196563 ans 3 mois1722028
196663 ans 6 mois1722029-2030
196763 ans 9 mois1722030-2031
1968 et après64 ans1722032+

Ce tableau s'applique au cas général (régime général, fonction publique sédentaire). Les fonctionnaires en catégorie active (policiers, pompiers, infirmiers hospitaliers avant 2010, etc.) conservent des âges de départ anticipés spécifiques, eux aussi relevés de 2 ans par la réforme.

4. Comment lire votre âge de départ

Le calcul de votre âge légal personnel suit deux règles simples :

Âge légal = palier de votre génération + ajustement mois si né en cours d'année charnière

Vous trouvez votre âge légal exact sur votre relevé de carrière via info-retraite.fr (compte unique tous régimes). Le service délivre également une estimation indicative du montant de pension selon plusieurs scénarios de départ (62, 64, 67 ans).

5. Trois exemples chiffrés

Exemple 1 — Salariée née en mars 1963 : âge légal à 62 ans 9 mois, soit décembre 2025. Avec 170 trimestres requis et 170 trimestres validés, elle part au taux plein. Avec un salaire annuel moyen de 35 000 € sur ses 25 meilleures années, sa pension de base atteint environ 1 458 €/mois (35 000 × 50 % × 170/170 ÷ 12), à laquelle s'ajoute l'Agirc-Arrco (~ 900 €), soit ~ 2 360 €/mois brut.

Exemple 2 — Salarié né en juin 1965 : âge légal à 63 ans 3 mois, soit septembre 2028. Il doit valider 172 trimestres pour le taux plein. S'il n'en a que 168 (4 manquants), il subit une décote de 4 × 1,25 % = −5 % sur sa pension. Sur une pension brute de 1 800 €/mois, la décote représente −90 €/mois à vie.

Exemple 3 — Cadre né en janvier 1968 : âge légal à 64 ans, soit janvier 2032. Avec une carrière démarrée à 23 ans et 172 trimestres validés à 65 ans, il a intérêt à attendre 65 ans : il bénéficie de la surcote sur 4 trimestres travaillés en plus, soit +5 % sur sa pension à vie. Pour une pension brute de 2 400 €/mois, cela représente +120 €/mois.

6. Le taux plein automatique à 67 ans

Quelle que soit votre durée d'assurance, vous bénéficiez du taux plein automatique à 67 ans. À cet âge, la décote disparaît même si vous n'avez que 100 trimestres validés. Le taux de calcul s'applique à 50 % (régime général), mais la pension est proratisée par trimestres validés ÷ 172.

Cet âge concerne particulièrement les carrières courtes ou hachées : femmes ayant interrompu leur activité pour élever leurs enfants, salariés ayant débuté tard (longues études, expatriation), travailleurs ayant subi de longues périodes de chômage non indemnisé.

À retenir : attendre 67 ans peut être plus avantageux que partir à 64 ans avec décote, mais le calcul dépend de votre espérance de vie résiduelle et de votre besoin de revenu. Simulez les deux scénarios avant de décider.

7. Cas particuliers : qui échappe au relèvement

La réforme préserve plusieurs dispositifs permettant de partir avant l'âge légal :

  • Carrière longue : départ possible dès 58, 60, 62 ou 63 ans selon l'âge de début d'activité (avant 16, 18, 20 ou 21 ans).
  • Handicap : départ dès 55 ans avec taux d'incapacité ≥ 50 % et durée d'assurance minimale (variable selon génération et âge de départ).
  • Inaptitude au travail / invalidité : taux plein dès l'âge légal, même sans la durée requise.
  • Compte professionnel de prévention (C2P) : jusqu'à 8 trimestres de retraite anticipée pour les salariés exposés à des facteurs de pénibilité (travail de nuit, postes répétitifs, températures extrêmes, etc.).
  • Catégorie active fonction publique : départ à 54 ou 59 ans (au lieu de 57 et 62 avant réforme) selon les métiers.

8. Trimestres validés vs trimestres cotisés

Un point souvent mal compris : la durée d'assurance (172 trimestres) compte les trimestres validés, qui incluent des périodes non travaillées (chômage indemnisé, maladie, maternité, service national, majoration pour enfants). En revanche, certains dispositifs (carrière longue, minimum contributif majoré) exigent des trimestres cotisés au sens strict.

Pour valider un trimestre en 2026, vous devez avoir cotisé sur un revenu au moins égal à 150 × SMIC horaire brut dans l'année, soit environ 1 805 €. Vous pouvez valider au maximum 4 trimestres par année civile, quel que soit votre nombre d'emplois ou votre revenu.

Pour faire le point sur vos trimestres, le simulateur calcul de trimestres de retraite permet de simuler combien il vous en manque selon votre revenu et votre carrière.

9. Démarche : comment liquider sa retraite

La demande de retraite se fait en ligne sur info-retraite.fr, idéalement 6 mois avant la date de départ souhaitée. Une seule demande couvre tous vos régimes (régime général, Agirc-Arrco, fonction publique, MSA, etc.).

Documents à fournir : pièce d'identité, RIB, dernier avis d'imposition, relevés employeurs récents si non remontés en DSN. La caisse vous transmet ensuite une notification de pension avec le détail du calcul. Vous disposez de 2 mois pour contester en cas d'erreur, via recours amiable puis tribunal judiciaire pôle social.

10. Questions fréquentes

Si je suis né le 31 août 1961, quel est mon âge légal ?

Vous êtes né avant le 1er septembre 1961 : votre âge légal reste 62 ans avec 168 trimestres requis, conformément au régime antérieur à la réforme. Le relèvement ne s'applique qu'aux personnes nées à partir du 1er septembre 1961.

Puis-je partir avant l'âge légal sans dispositif particulier ?

Non. En dehors des dispositifs prévus (carrière longue, handicap, inaptitude, C2P, catégorie active), vous ne pouvez pas liquider votre pension du régime général avant l'âge légal. Vous pouvez cependant quitter votre emploi et utiliser votre épargne (assurance-vie, PER, PEA) en attendant l'ouverture de vos droits.

Comment l'âge légal s'articule-t-il avec la retraite Agirc-Arrco ?

La retraite complémentaire Agirc-Arrco suit l'âge légal du régime de base. Cependant, depuis 2019, un malus de 10 % est appliqué pendant 3 ans sur la complémentaire si vous partez dès l'obtention du taux plein, sauf si vous reportez votre départ d'au moins 1 an. Ce malus a été supprimé pour les départs à partir du 1er décembre 2023.

Que se passe-t-il si je continue à travailler après l'âge légal ?

Si vous avez vos 172 trimestres et continuez à travailler au-delà de l'âge légal, vous bénéficiez de la surcote : +1,25 % de pension par trimestre travaillé en plus, sans plafond. Pour une pension brute de 1 800 €/mois, 4 trimestres de surcote représentent +90 €/mois à vie.

La réforme s'applique-t-elle aux personnes déjà retraitées ?

Non. La réforme ne s'applique qu'aux départs postérieurs au 1er septembre 2023. Si vous étiez déjà retraité à cette date, votre pension n'est en rien modifiée. Les revalorisations annuelles continuent normalement selon l'indice INSEE.

Sources : Code de la Sécurité sociale Art. L161-17-2 (âge légal), Art. L351-1 (durée d'assurance), loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la Sécurité sociale, décret n° 2023-435 du 3 juin 2023, service-public.fr (fiche départ en retraite), info-retraite.fr (relevé de carrière unique).