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Freelance en 2026 : statut, TJM, cotisations, TVA, factures

Ce guide relie tout ce qu'un freelance doit régler avant de facturer : le statut (micro-entreprise jusqu'à 83 600 € de CA, entreprise individuelle, EURL, SASU ou portage), le TJM calculé à partir du revenu net visé avec les formules du site, les cotisations et l'impôt 2026, la TVA, les mentions de facture et la facturation électronique obligatoire en réception depuis le 1er septembre 2026, les assurances et la retraite. Chaque section renvoie vers l'article ou le simulateur détaillé.

Rédigé et vérifié par l'éditeur du site, un particulier indépendant. Comment les textes sont relus et corrigés : édition et vérification.

Vérifié le Édition et vérificationMéthodologie

Quel statut et quel TJM pour se lancer en freelance en 2026 ?

Quatre statuts couvrent l'essentiel des situations : la micro-entreprise jusqu'à 83 600 € de chiffre d'affaires (25,6 % de cotisations en BNC en 2026), l'entreprise individuelle ou l'EURL au réel, la SASU, et le portage salarial. Pour 63 000 € facturés (350 € par jour, 180 jours), le net avant impôt est de 46 746 € en micro, 42 684 € en société avec toute la marge versée en rémunération, 32 973 € en portage. Pour dégager 3 000 € nets par mois sur 180 jours, il faut un TJM d'environ 270 € en micro, 295 € en société et 390 € en portage. Depuis le 1er septembre 2026, tout freelance assujetti à la TVA doit pouvoir recevoir des factures électroniques.

Choisir son statut : le tableau de décision

« Freelance » n'est pas un statut juridique. Derrière le mot, quatre cadres coexistent, et le bon dépend de trois variables : le chiffre d'affaires attendu, le poids de vos frais professionnels réels et la protection sociale que vous voulez financer.

Choisir son statut : le tableau de décision
StatutCotisations socialesImpôtLimitesPour qui
Micro-entreprise25,6 % du CA (BNC), 21,2 % (services BIC), 12,3 % (vente), ACRE la première annéeBarème sur 66 % du CA (BNC) ou versement libératoire de 2,2 %83 600 € de CA (services) en 2026, frais non déductibles, TVA dès 37 500 €Démarrage, activité à faibles frais, complément de revenu
Entreprise individuelle au réelCotisations TNS sur le bénéfice réel (dans notre calcul, 20 316 € pour 42 684 € nets sur 63 000 € de CA, assiette abattue de 26 %)Barème sur le bénéfice réel, option IS possibleComptabilité, expert-comptable conseilléFrais réels élevés (matériel, déplacements, sous-traitance)
EURL à l'ISTNS sur la rémunération du gérant, dividendes soumis à cotisations au-delà de 10 % du capitalIS 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 %, PFU 31,4 % sur les dividendesFormalisme de société, comptes annuelsCA élevé, volonté de lisser sa rémunération
SASUCharges salariales et patronales du régime général sur le salaire du président (même régime que le portage : sur 54 000 € de coût employeur, 22 367 € de charges pour 31 633 € nets), dividendes sans cotisationsIS, puis barème sur le salaire et PFU 31,4 % sur les dividendesPas de chômage pour le président, coût social élevé du salaireRémunération par dividendes, levée de fonds, association future
Portage salarialFrais de gestion (8 à 12 %) puis charges salariales et patronales du régime généralBarème sur le salaire net imposablePrestations intellectuelles, salaire minimum conventionnel, 36 mois par clientSécurité (chômage, retraite cadre), clients grands comptes

Les comparaisons chiffrées statut par statut sont détaillées dans nos articles micro-entreprise ou portage salarial, micro-entreprise ou SASU et dividendes ou salaire pour le dirigeant.

Fixer son TJM : la méthode et trois scénarios calculés

Le tarif journalier se déduit du revenu net visé, pas l'inverse : TJM = revenu net annuel souhaité ÷ (jours facturés × taux de rétention du statut). Le nombre de jours réellement facturables est le paramètre le plus sous-estimé : sur 228 jours ouvrés, la prospection, l'administratif, la formation et les intercontrats laissent souvent 160 à 200 jours.

Fixer son TJM : la méthode et trois scénarios calculés
ScénarioChiffre d'affairesMicro-BNC (25,6 %)Société, toute la marge en rémunération TNSPortage (10 % de frais)
350 € × 180 jours63 000 €46 746 €42 684 €32 973 €
500 € × 200 jours100 000 €Plafond de 83 600 € dépassé69 141 €50 786 €
700 € × 200 jours140 000 €Plafond dépassé99 435 €70 319 €

Revenus nets avant impôt sur le revenu, calculés avec la formule du simulateur TJM freelance (cotisations TNS sur l'assiette abattue de 26 % et régime général 2026) ; micro-BNC au taux 2026 de 25,6 % plus 0,2 % de formation professionnelle. La société sans mise en réserve est une borne haute de cotisations : l'arbitrage avec des dividendes améliore le net aux revenus élevés.

Pour 3 000 € nets par mois (36 000 € par an) sur 180 jours facturés, le TJM nécessaire est d'environ 270 € en micro-entreprise, 295 € en société et 390 € en portage. Ajoutez vos frais (matériel, logiciels, assurance, formation, déplacements) et une marge pour les mois sans mission avant d'annoncer un tarif.

Cotisations et impôts : ce qu'il faut retenir en 2026

  • Micro-entreprise : taux 2026 de 12,3 %, 21,2 %, 25,6 % ou 23,2 % selon l'activité, ACRE réduite à 25 % pour les créations depuis le 1er juillet 2026, versement libératoire sous condition de revenu fiscal de référence. Tout est détaillé dans notre article sur les cotisations URSSAF de l'auto-entrepreneur.
  • Travailleur non salarié au réel : cotisations calculées sur le bénéfice (maladie, retraite de base et complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, CSG), avec des cotisations minimales même sans revenu, et une régularisation l'année suivante. Le simulateur de cotisations TNS donne le détail par poste.
  • Société à l'IS : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour les PME, 25 % au-delà, puis PFU de 31,4 % sur les dividendes (12,8 % + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis 2026). Voir le simulateur d'impôt sur les sociétés.
  • TVA : franchise jusqu'à 37 500 € de prestations (85 000 € en vente), TVA due dès le jour du dépassement du seuil majoré de 41 250 €. Détails et exemples dans notre article sur les seuils de TVA.
  • CFE : due par tous les indépendants à partir de la deuxième année, sur une base minimale fixée par la commune, exonération si le chiffre d'affaires ne dépasse pas 5 000 €. Voir le simulateur de CFE.

Facturer dans les règles

  • Mentions obligatoires : identité et adresse des deux parties, numéro SIREN, numéro de facture chronologique, date, désignation et prix de chaque prestation, TVA ou mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI », date d'échéance, taux des pénalités de retard et indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement due par tout client professionnel en retard. L'absence de facture est passible d'une amende pouvant atteindre 75 000 € (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 7 août 2026).
  • Facturation électronique : depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise établie en France et assujettie à la TVA (y compris en franchise) doit pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée ; l'obligation d'émettre s'applique aux PME et aux micro-entreprises à compter du 1er septembre 2027.
  • Délais de paiement : 30 jours par défaut après réception, 60 jours maximum sur accord (art. L. 441-10 du Code de commerce). Un acompte à la commande et des factures intermédiaires sur les missions longues protègent la trésorerie.
  • Compte bancaire dédié : obligatoire pour le micro-entrepreneur dès que le chiffre d'affaires dépasse 10 000 € deux années de suite, indispensable en société.

Assurances et protection sociale

  • Responsabilité civile professionnelle : obligatoire pour les professions réglementées (santé, droit, bâtiment avec la décennale, conseil en investissements, agents immobiliers), facultative mais exigée par la plupart des clients grands comptes pour le conseil et le développement. Le contrat couvre les dommages causés au client (erreur, retard, perte de données) dans la limite des plafonds souscrits.
  • Prévoyance : les indemnités journalières des indépendants sont plafonnées et soumises à un délai de carence ; un contrat de prévoyance (incapacité, invalidité, décès) comble l'écart, avec des cotisations déductibles au réel (contrats Madelin) mais pas en micro.
  • Mutuelle : aucune obligation d'adhésion pour l'indépendant, contrairement au salarié porté ; cotisations déductibles au réel dans les limites Madelin.
  • Chômage : aucun droit pour l'indépendant hors allocation des travailleurs indépendants (liquidation ou cessation d'une activité non viable), d'où l'intérêt d'une épargne de précaution de plusieurs mois de charges. Comparatif détaillé dans notre article TNS ou salarié : retraite et chômage.

Préparer sa retraite en freelance

Un micro-entrepreneur valide ses trimestres en fonction de son chiffre d'affaires (seuils publiés chaque année par l'URSSAF) et cotise à la retraite complémentaire des indépendants ; à revenu égal, sa pension future reste inférieure à celle d'un salarié cadre. Le PER est l'outil de rattrapage : un indépendant au réel déduit ses versements dans la limite de 10 % du bénéfice (plafonné à 8 PASS) majorés de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS, et un micro-entrepreneur dans la limite de droit commun de 10 % des revenus professionnels (37 680 € au plus en 2026). Notre simulateur de déduction PER et l'article sur la stratégie de déduction du PER chiffrent l'économie d'impôt.

Les erreurs de première année

  • Fixer le TJM en divisant l'ancien salaire par 20 jours : cela oublie les charges patronales, les jours non facturés et les congés. Multipliez plutôt le salaire brut mensuel par 1,4 à 1,5 puis divisez par 15 jours facturés.
  • Ne pas provisionner les cotisations et l'impôt : en micro, mettez de côté chaque mois le taux URSSAF plus le versement libératoire ; au réel, la régularisation de l'année 2 surprend souvent.
  • Oublier la CFE de deuxième année, la déclaration à 0 € obligatoire à l'URSSAF et la mise à jour du taux de prélèvement à la source.
  • Dépendre d'un seul client : au-delà d'une proportion écrasante du chiffre d'affaires et d'un lien de subordination (horaires, matériel, ordres), la requalification en salariat devient un risque pour le client comme pour vous.
  • Rester en micro par habitude alors que les frais réels dépassent l'abattement forfaitaire, ou que le chiffre d'affaires approche du plafond : le passage en société se prépare six mois à l'avance.

Questions fréquentes

Quel statut choisir pour débuter en freelance ?

La micro-entreprise dans la grande majorité des cas : création en ligne gratuite, cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires (rien encaissé, rien à payer), ACRE la première année. Le portage convient si vous voulez le chômage et la retraite cadre (le simulateur de salaire net en portage montre ce qui reste d'un chiffre d'affaires après frais de gestion et cotisations), la société si vos frais sont élevés ou votre chiffre d'affaires proche de 83 600 €.

Quel TJM pour un freelance débutant ?

Celui qui couvre votre revenu cible, vos charges et vos jours non facturés : pour 3 000 € nets par mois sur 180 jours, environ 270 € en micro, 295 € en société, 390 € en portage. Le marché de votre métier fixe ensuite la borne haute.

Un freelance doit-il facturer la TVA ?

Pas tant que son chiffre d'affaires de l'année précédente reste sous 37 500 € (prestations) et celui de l'année en cours sous 41 250 €. Au-delà, TVA à 20 % sur les factures, récupérable sur les achats.

La responsabilité civile professionnelle est-elle obligatoire ?

Seulement pour les professions réglementées. Pour les autres, elle reste fortement conseillée et souvent exigée contractuellement par les clients ; son coût est déductible au réel.

Peut-on cumuler freelance et salariat ?

Oui, sauf clause d'exclusivité ou de non-concurrence dans votre contrat de travail, et sous réserve de loyauté envers votre employeur. Les cotisations sont dues dans les deux régimes, les droits s'additionnent partiellement.

Que change la facturation électronique pour un micro-entrepreneur ?

Depuis le 1er septembre 2026, il doit pouvoir recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs assujettis via une plateforme agréée. Il devra lui-même émettre ses factures aux clients professionnels sous forme électronique à partir du 1er septembre 2027.

Sources

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