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· Comparatif transmission de patrimoine

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Donation ou succession : comparatif 2026

Sur 600 000 € transmis à un enfant unique, les droits passent de 98 194 € à 41 821 €, soit 56 373 € de moins, quand le parent a donné 131 865 € plus de 15 ans avant son décès et placé 150 000 € en assurance-vie avant ses 70 ans. Le barème est identique en donation et en succession : tout l'écart vient du nombre de fois où les abattements sont utilisés, de la fraction de valeur taxée en nue-propriété et des capitaux d'assurance-vie qui sortent de la succession.

Chiffres clés de la donation et de la succession en 2026

Abattements, taux et délais en vigueur au 2 octobre 2026. Chaque valeur est reprise d'une section de cette page, avec le texte qui la fixe.

  • 100 000 €abattement par parent et par enfant, applicable aussi bien à une donation qu'à une succession en ligne directe (code général des impôts, art. 779).
  • 15 ansdélai au terme duquel une donation cesse d'être rappelée et l'abattement qu'elle a consommé se reconstitue intégralement (code général des impôts, art. 784).
  • 31 865 €don familial de sommes d'argent, cumulable avec l'abattement de droit commun, réservé au donateur de moins de 80 ans et au bénéficiaire majeur (code général des impôts, art. 790 G).
  • 20 %taux qui frappe l'essentiel de la part taxable reçue par un enfant, celle comprise entre 15 932 € et 552 324 € après abattement (code général des impôts, art. 777, tableau I).
  • 60 %taux des droits de succession entre personnes sans lien de parenté, concubin compris (code général des impôts, art. 777, tableau III).
  • 1 594 €abattement de l'héritier qui ne bénéficie d'aucun autre abattement, applicable en succession seulement et non en donation (code général des impôts, art. 788 IV).
  • 50 %fraction de la valeur d'un bien effectivement taxée lorsqu'un donateur de 51 à 60 ans ne transmet que la nue-propriété et conserve l'usufruit (code général des impôts, art. 669).
  • 152 500 €abattement par bénéficiaire désigné sur les capitaux d'assurance-vie issus de primes versées avant les 70 ans de l'assuré, hors succession (code général des impôts, art. 990 I).

Tableau comparatif

Donation et succession : règles fiscales et juridiques 2026
CritèreDonationSuccession
MomentDu vivant du donateur, acte irrévocableAu décès, selon la loi ou le testament
Abattement parent-enfant100 000 €, renouvelable tous les 15 ans100 000 €, une fois, diminué des donations de moins de 15 ans
Abattement grand-parent / petit-enfant31 865 € tous les 15 ans1 594 € (sauf représentation d'un parent décédé)
Don familial d'argent (art. 790 G)31 865 € en plus, donateur de moins de 80 ansSans objet
Barème en ligne directe5 à 45 % (CGI art. 777)Identique
DémembrementNue-propriété taxée sur 50 à 70 % de la valeur selon l'âgePleine propriété taxée, sauf démembrement antérieur
Valeur retenueFigée au jour de l'acte (donation-partage)Valeur au jour du décès
FormalitésActe notarié obligatoire pour un immeuble ; formulaire 2735 pour un don d'argentDéclaration de succession dans les 6 mois
RéversibilitéIrrévocable, sauf ingratitude ou inexécution des chargesTestament modifiable jusqu'au décès
Conjoint ou partenaire de PACSAbattement de 80 724 € puis barèmeExonération totale (loi TEPA 2007)

Les abattements 2026 selon le lien de parenté

L'abattement est la part reçue qui échappe aux droits. Il dépend du lien entre le donateur ou le défunt et le bénéficiaire (CGI art. 779 et 788) et, pour les donations, se reconstitue intégralement 15 ans après chaque utilisation (art. 784).

Abattements 2026 en donation et en succession
BénéficiaireDonationSuccession
Enfant (par parent)100 000 €100 000 €
Époux ou partenaire de PACS80 724 €Exonéré
Petit-enfant31 865 €1 594 €
Arrière-petit-enfant5 310 €1 594 €
Frère ou sœur15 932 €15 932 € (exonération sous conditions de cohabitation)
Neveu ou nièce7 967 €7 967 €
Concubin, ami, autreAucun (60 % dès le premier euro)1 594 €
Personne handicapée (cumulable)+ 159 325 €+ 159 325 €

S'y ajoute le don familial de sommes d'argent (art. 790 G) : 31 865 € par donateur de moins de 80 ans et par bénéficiaire majeur (enfant, petit-enfant, arrière-petit-enfant, ou neveu et nièce à défaut de descendance), renouvelable tous les 15 ans et cumulable avec l'abattement de droit commun. Un couple peut ainsi donner 263 730 € par enfant sans droits en une seule fois (2 × 100 000 + 2 × 31 865), et recommencer 15 ans plus tard. Les frères et sœurs sont exonérés en succession s'ils sont célibataires, veufs ou divorcés, âgés de plus de 50 ans ou infirmes, et ont vécu avec le défunt pendant les cinq années précédant le décès (art. 796-0 ter).

Le barème, identique en donation et en succession

Barème des droits en ligne directe (CGI art. 777)
Part taxable après abattement (ligne directe)Taux
Jusqu'à 8 072 €5 %
De 8 072 à 12 109 €10 %
De 12 109 à 15 932 €15 %
De 15 932 à 552 324 €20 %
De 552 324 à 902 838 €30 %
De 902 838 à 1 805 677 €40 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %

Hors ligne directe : 35 % jusqu'à 24 430 € puis 45 % entre frères et sœurs, 55 % entre parents jusqu'au quatrième degré (neveux, cousins germains), 60 % au-delà et entre personnes sans lien de parenté, concubins compris. Le barème est progressif : chaque tranche ne s'applique qu'à la fraction qui la concerne.

Qui paie combien : droits calculés selon le montant reçu

Droits de succession dus selon le lien de parenté et le montant reçu (calcul du site, abattement de droit commun inclus)
Part reçueEnfantFrère ou sœurNeveu ou nièceConcubin ou ami
50 000 €0 €12 888 €23 118 €29 044 €
100 000 €0 €35 388 €50 618 €59 044 €
150 000 €8 194 €57 888 €78 118 €89 044 €
300 000 €38 194 €125 388 €160 618 €179 044 €
600 000 €98 194 €260 388 €325 618 €359 044 €
1 000 000 €212 962 €440 388 €545 618 €599 044 €

Lecture : un enfant qui reçoit 300 000 € d'un parent paie 38 194 € (abattement de 100 000 €, puis 200 000 € taxés de 5 à 20 %), soit 12,7 % de la somme. Un concubin qui reçoit la même somme paie 179 044 € en succession (180 000 € en donation : l'abattement de 1 594 € n'existe qu'en succession, art. 788 IV). Pour les autres liens, donation et succession donnent les mêmes droits. Ces montants s'entendent par héritier et par parent décédé : un couple avec deux enfants transmet donc jusqu'à 400 000 € sans droits en succession. Chiffrez votre cas avec le simulateur de droits de succession ou le simulateur de donation.

Donation puis succession : l'écart chiffré

Parent seul, enfant unique, aucune assurance-vie. Dans la configuration « donation », le parent donne 131 865 € (abattement de 100 000 € + don familial de 31 865 €) sans droits, puis décède plus de 15 ans plus tard, l'abattement reconstitué s'appliquant au solde.

Succession seule contre donation de 131 865 € suivie d'une succession, enfant unique
PatrimoineSuccession seuleDonation + successionÉconomie
300 000 €38 194 €11 821 €26 373 €
600 000 €98 194 €71 821 €26 373 €
1 000 000 €212 962 €173 402 €39 560 €

L'économie correspond aux 131 865 € sortis de la tranche à 20 % (26 373 €), et de la tranche à 30 % pour le patrimoine d'un million (39 560 €). La bascule est donc une date, pas un montant : tant que le décès survient moins de 15 ans après la donation, l'abattement n'est pas reconstitué, la donation est rappelée et les droits restent ceux de la succession seule, 98 194 € sur un patrimoine de 600 000 € ; passé ce délai, ils tombent à 71 821 €. Avant le terme, seule la plus-value prise par le bien donné échappe définitivement aux droits, puisque la valeur rappelée est celle du jour de la donation. Un donateur qui commence à 55 ans peut enchaîner deux cycles (55 et 70 ans) avant la succession et transmettre, en couple, 527 460 € par enfant sans droits, hors assurance-vie et hors démembrement.

Six leviers pour réduire les droits

  1. Mariage ou PACS. Exonération totale du survivant (art. 796-0 bis). Pour un couple non marié avec un patrimoine commun, c'est le geste le plus rentable qui existe : un concubin qui hérite de 200 000 € paie 119 044 € de droits, un partenaire de PACS désigné par testament, zéro.
  2. Donations anticipées. Chaque abattement consommé renaît 15 ans après. Une donation à 55 ans, une autre à 70 ans, puis la succession : trois utilisations de l'abattement au lieu d'une.
  3. Démembrement. Donner la nue-propriété et garder l'usufruit (loyers, jouissance) ne fait taxer qu'une fraction du bien (art. 669) : 50 % de 51 à 60 ans, 60 % de 61 à 70 ans, 70 % de 71 à 80 ans. Un parent de 65 ans qui donne un bien de 400 000 € à son enfant paie 58 194 € en pleine propriété, mais 26 194 € sur une nue-propriété valorisée 240 000 €. À 58 ans, la nue-propriété vaut 200 000 € et les droits 18 194 € : chaque anniversaire qui fait changer de tranche d'âge, à 61 ans puis à 71 ans, ajoute dix points de base taxable, c'est-à-dire 40 000 € sur un bien de 400 000 € et 8 000 € de droits de plus. Donner la nue-propriété avant 61 ans est donc strictement moins cher que de le faire après. Au décès, l'enfant récupère la pleine propriété sans rien payer (art. 1133). L'usufruit temporaire, qui transfère les revenus d'un bien pendant quelques années, est traité dans l'article sur la donation temporaire d'usufruit.
  4. Assurance-vie alimentée avant 70 ans. Chaque bénéficiaire désigné reçoit jusqu'à 152 500 € sans droits (art. 990 I), puis 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable et 31,25 % au-delà, en dehors de la succession. Après 70 ans, seuls 30 500 € de primes sont exonérés, tous bénéficiaires confondus, mais les gains le sont intégralement (art. 757 B). Le seuil de 152 500 € est la bascule : en deçà, le capital échappe à tout droit ; au-delà, il est taxé à 20 %, exactement le taux de la tranche qui couvre l'essentiel d'une succession en ligne directe, et l'avantage disparaît pour un enfant. Il reste décisif pour un concubin ou un neveu, taxés respectivement à 60 % et 55 % en succession. Détail dans l'article assurance-vie et succession.
  5. Donation-partage. L'acte répartit les biens entre tous les enfants et fige leur valeur au jour de la donation (Code civil art. 1078) : des actions données 100 000 € et valant 300 000 € au décès restent comptées 100 000 € dans le partage, ce qui évite les conflits entre héritiers. Une donation simple est, elle, réévaluée au décès.
  6. Don familial d'argent. 31 865 € par parent et par enfant majeur, à déclarer dans le mois sur le formulaire 2735. Le cumul avec l'abattement de 100 000 € est expliqué dans l'article sur l'abattement de 100 000 € et son renouvellement.

Cas pratique : transmettre 600 000 € à un enfant unique

Cinq scénarios de transmission de 600 000 € à un enfant unique
ScénarioDroitsÉconomie
1. Succession seule98 194 €-
2. Donation de 100 000 € cinq ans avant le décès98 194 €0 € (abattement non reconstitué)
3. Donation de 131 865 € plus de 15 ans avant le décès71 821 €26 373 €
4. 150 000 € placés en assurance-vie avant 70 ans, solde en succession68 194 €30 000 €
5. Scénarios 3 et 4 combinés41 821 €56 373 €

Dans le scénario 4, les 150 000 € d'assurance-vie passent sous l'abattement de 152 500 € et les 450 000 € restants sont taxés après l'abattement de 100 000 €. Dans le scénario 5, seuls 318 135 € entrent dans la succession. Ajouter une donation en nue-propriété de la résidence secondaire ferait encore baisser la note. Ces calculs supposent un décès plus de 15 ans après la donation et ne tiennent pas compte des émoluments du notaire, à estimer avec le simulateur de frais de notaire d'une donation.

Les limites de la donation

  • Irrévocabilité : sauf ingratitude ou inexécution des charges, on ne reprend pas ce que l'on a donné. Conservez de quoi financer votre retraite et une éventuelle dépendance, ou donnez la nue-propriété seulement.
  • Rappel fiscal de 15 ans : une donation récente est réintégrée pour le calcul des droits de succession et consomme l'abattement.
  • Réserve héréditaire : la moitié du patrimoine avec un enfant, les deux tiers avec deux, les trois quarts avec trois ou plus leur reviennent obligatoirement. Une donation qui l'entame peut être réduite au décès.
  • Coût de l'acte : la donation d'un immeuble passe obligatoirement devant notaire (émoluments proportionnels, taxe de publicité foncière, frais). Le don d'argent déclaré sur le formulaire 2735 est gratuit.
  • Égalité entre enfants : une donation simple faite à un seul enfant est rapportée à la succession pour sa valeur au décès, ce qui peut créer un déséquilibre ; la donation-partage l'évite.

Déclarer et payer : délais et facilités

La déclaration de succession est déposée au service des impôts du domicile du défunt dans les 6 mois du décès en France métropolitaine, 12 mois en cas de décès à l'étranger (aucune déclaration n'est exigée si l'actif brut est inférieur à 50 000 € pour un héritier en ligne directe ou un conjoint, 3 000 € pour les autres). Les droits sont payés au dépôt. Un paiement fractionné sur un à trois ans, ou différé jusqu'à six mois après le décès de l'usufruitier lorsque la succession comporte de la nue-propriété, peut être demandé moyennant des intérêts et des garanties. Au-delà du délai, l'intérêt de retard est de 0,20 % par mois (CGI art. 1727) et une majoration de 10 % s'applique (art. 1728). Pour une donation, les droits sont réglés par le donataire à l'enregistrement de l'acte ou de la déclaration 2735 ; le donateur peut les prendre à sa charge sans que cela constitue une donation supplémentaire.

Questions fréquentes

Combien peut-on donner à un enfant sans payer de droits en 2026 ?

100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans (CGI art. 779), auxquels s'ajoute le don familial de sommes d'argent de 31 865 € par parent et par enfant majeur si le donateur a moins de 80 ans (art. 790 G). Un couple peut donc transmettre 263 730 € à chaque enfant sans impôt, hors assurance-vie.

Que se passe-t-il si le donateur décède moins de 15 ans après la donation ?

La donation est rappelée fiscalement : l'abattement de 100 000 € déjà consommé n'est pas reconstitué et les tranches du barème déjà utilisées par la donation ne le sont pas non plus. La succession est alors taxée comme si la donation n'avait pas eu lieu. L'économie n'apparaît que si le décès survient plus de 15 ans après.

La donation coûte-t-elle plus cher que la succession ?

Les droits sont calculés avec le même barème et les mêmes abattements. La donation a un coût supplémentaire : l'acte notarié obligatoire pour un bien immobilier (émoluments proportionnels et frais), et l'irrévocabilité. Elle coûte moins cher au total dès que l'abattement peut être utilisé deux fois, ou que la nue-propriété seule est transmise.

Comment le démembrement réduit-il les droits ?

En donnant la nue-propriété et en conservant l'usufruit, vous n'êtes taxé que sur une fraction de la valeur du bien, fixée par l'article 669 du CGI selon votre âge : 50 % de 51 à 60 ans, 60 % de 61 à 70 ans, 70 % de 71 à 80 ans. À votre décès, l'usufruit s'éteint et l'enfant devient plein propriétaire sans nouveaux droits (art. 1133).

Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession ?

Non. L'époux et le partenaire de PACS sont totalement exonérés depuis la loi TEPA de 2007 (CGI art. 796-0 bis), le partenaire de PACS à condition d'avoir été désigné par testament. Le concubin, lui, est taxé à 60 % après un abattement de 1 594 € : sur 200 000 € reçus, il paie 119 044 €.

Dans quel délai faut-il déclarer une succession et payer les droits ?

La déclaration de succession est déposée dans les 6 mois du décès en France métropolitaine (12 mois en cas de décès à l'étranger) et les droits sont payés au dépôt. Un paiement fractionné sur un à trois ans, ou différé jusqu'au décès de l'usufruitier en cas de démembrement, peut être demandé moyennant intérêts. Au-delà du délai, l'intérêt de retard est de 0,20 % par mois et une majoration de 10 % s'applique.

Faut-il déclarer un don d'argent fait à son enfant ?

Oui, dans le mois qui suit, sur le formulaire 2735 déposé en ligne dans votre espace impots.gouv.fr, même si aucun droit n'est dû. C'est cette déclaration qui fait courir le délai de 15 ans et qui prouve la date du don. Un don d'argent non déclaré peut être taxé plus tard à sa valeur du jour où l'administration le découvre.

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Sources officielles consultées

  1. service-public.gouv.fr : Droits de succession : évaluation de la succession et calcul des droits (abattements, barème), vérifié le 9 février 2026, consulter
  2. service-public.gouv.fr : Droits de donation selon le lien avec le donateur, vérifié le 13 mai 2026, consulter
  3. service-public.gouv.fr : Droits de donation : biens imposables et principales exonérations (don familial d'argent), consulter
  4. service-public.gouv.fr : En quoi consiste l'usufruit ? (barème de l'article 669), consulter
  5. Code général des impôts, art. 669 (valeur de l'usufruit), 777 (barème), 779 et 788 (abattements), 784 (rappel des donations de moins de 15 ans), 790 G (don familial), 796-0 bis et ter (exonérations), 990 I et 757 B (assurance-vie), 1133, 1727 et 1728.
  6. Code civil, art. 912 à 913 (réserve héréditaire) et 1075 à 1078 (donation-partage).

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