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Salaire alternance 2026 : barème 27 à 100 % du SMIC

Le salaire en alternance dépend du contrat (apprentissage ou contrat de professionnalisation), de votre âge et de votre progression dans le cursus. En apprentissage, vous touchez de 27 % du SMIC (16 ans, 1re année) à 100 % du SMIC (26 ans et plus, 3e année). En contrat de professionnalisation, le minimum monte plus vite. Voici le tableau exhaustif 2026 avec exemples chiffrés.

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1. Alternance 2026 : deux types de contrats

L'alternance recouvre en France deux dispositifs distincts : le contrat d'apprentissage (Code du travail Art. L6221-1 et suivants) et le contrat de professionnalisation (Code du travail Art. L6325-1 et suivants). Les deux mêlent formation théorique en CFA ou organisme de formation et activité professionnelle en entreprise, mais les barèmes de rémunération diffèrent[1].

Le contrat d'apprentissage est ouvert aux jeunes de 16 à 29 ans révolus (limite portée à 35 ans pour les personnes en situation de handicap ou créateurs d'entreprise). La durée varie de 6 mois à 4 ans et prépare à un diplôme reconnu par l'État. Le contrat de professionnalisation, lui, vise à obtenir une qualification professionnelle reconnue dans une convention collective. Il est ouvert aux 16-25 ans et aux demandeurs d'emploi de 26 ans et plus.

À retenir : en alternance, le salaire est net d'impôt sur le revenu jusqu'à 1 SMIC annuel (21 622 € pour les revenus 2025 déclarés en 2026 ; limite 2026 publiée au printemps 2027) et bénéficie d'une exonération de cotisations salariales jusqu'à 50 % du SMIC (contrats conclus depuis le 1er mars 2025). C'est pour cela qu'on dit souvent « brut = net » pour les apprentis les moins rémunérés.

2. Apprentissage 2026 : barème selon âge et année

Le salaire en apprentissage dépend de deux variables : l'âge de l'apprenti (au début du contrat) et l'année du contrat (1re, 2e ou 3e année). Le tableau ci-dessous donne le pourcentage du SMIC mensuel brut applicable[2] :

Apprentissage 2026 : barème selon âge et année
Âge1re année2e année3e année
16-17 ans27 % SMIC39 % SMIC55 % SMIC
18-20 ans43 % SMIC51 % SMIC67 % SMIC
21-25 ans53 % SMIC*61 % SMIC*78 % SMIC*
26 ans et +100 % SMIC100 % SMIC100 % SMIC

* Ou le SMC (Salaire Minimum Conventionnel) s'il est plus favorable.

Le passage à la tranche d'âge supérieure s'applique au premier jour du mois suivant le jour anniversaire. Un apprenti qui passe de 17 à 18 ans le 15 mars verra son salaire recalculé au 1er avril.

3. Montants 2026 en euros (SMIC mensuel brut 1 867,02 €)

En appliquant ces pourcentages au SMIC mensuel brut en vigueur depuis le 1er juin 2026 (1 867,02 €), voici les montants bruts minimaux perçus chaque mois (montants publiés par service-public.fr) :

Montants 2026 en euros (SMIC mensuel brut 1 867,02 €)
Âge1re année2e année3e année
16-17 ans504,09 €728,14 €1 026,86 €
18-20 ans802,82 €952,18 €1 250,90 €
21-25 ans989,52 €1 138,88 €1 456,27 €
26 ans et +1 867,02 €1 867,02 €1 867,02 €

4. Contrat de professionnalisation : barème

Le contrat de professionnalisation applique un barème un peu plus favorable, avec moins de niveaux. Le pourcentage minimum dépend de l'âge et du niveau de qualification visé (titre ≥ bac ou inférieur)[3] :

Contrat de professionnalisation : barème
ÂgeQualification < bacQualification ≥ bac
Moins de 21 ans55 % SMIC (1 026,86 €)65 % SMIC (1 213,56 €)
21 à 25 ans70 % SMIC (1 306,91 €)80 % SMIC (1 493,62 €)
26 ans et +100 % SMIC ou 85 % SMC100 % SMIC ou 85 % SMC

Pour les 26 ans et plus, l'alternant en contrat pro touche au minimum le SMIC ou 85 % du salaire minimum conventionnel, selon le plus favorable. Les conventions collectives peuvent imposer un minimum supérieur (banque, conseil, tech).

5. Exonérations sociales et fiscales en alternance

L'alternance bénéficie d'avantages fiscaux et sociaux majeurs qui renforcent le pouvoir d'achat net :

  • Exonération de cotisations salariales pour l'apprenti jusqu'à 50 % du SMIC (933,51 €) pour les contrats conclus depuis le 1er mars 2025 (79 % du SMIC pour les contrats antérieurs) : en dessous, le salaire brut = salaire net. Au-delà, les cotisations salariales et la CSG-CRDS s'appliquent sur la fraction excédentaire (LFSS 2025, art. 23).
  • Exonération d'impôt sur le revenu jusqu'à 1 SMIC annuel (21 622 € pour les revenus 2025 déclarés en 2026 ; limite 2026 publiée au printemps 2027), Art. 81 bis CGI. La quasi-totalité des apprentis ne paient donc aucun impôt sur leur salaire d'alternance.
  • Rattachement au foyer fiscal des parents possible : l'apprenti peut rester rattaché, sans pour autant que son salaire fasse perdre la demi-part aux parents.
  • Conservation des aides sociales : APL, bourse CROUS (si université), allocation rentrée scolaire pour les parents (sous conditions).

6. Exemples chiffrés : 3 profils types

Exemple 1 : Léa, 19 ans, BTS NDRC 1re année en apprentissage : 43 % du SMIC, soit 802,82 €/mois brut = net (sous 50 % du SMIC). Sur 12 mois, 9 634 €. Pas d'IR, pas de cotisations salariales. La famille touche en plus quelques aides (APL si logement indépendant).

Exemple 2 : Karim, 22 ans, BUT GEA 2e année en apprentissage : 61 % du SMIC, soit 1 138,88 €/mois brut, soit 1 096,08 € net (les cotisations salariales ne portent que sur les 205 € au-delà de 50 % du SMIC). Sur 12 mois : 13 667 € brut, sous le SMIC annuel donc sans impôt sur le revenu.

Exemple 3 : Sara, 24 ans, M2 finance en contrat pro (qualification ≥ bac) : 80 % du SMIC, soit 1 493,62 €/mois brut (cotisations salariales de droit commun en contrat pro). Beaucoup d'entreprises du secteur financier vont au-delà du minimum (cas fréquent : 1 800-2 200 € pour un M2 école de commerce). Sous le SMIC annuel, pas d'IR ; au-dessus, une fraction devient imposable.

7. Aides complémentaires pour l'alternant

Au-delà du salaire d'alternance, plusieurs aides sont cumulables[4] :

  • Aide au permis de conduire : 500 € versés par le CFA ou l'OPCO pour passer le permis B.
  • Mobili-Jeune (Action Logement) : 10 à 100 €/mois pendant 1 an pour les apprentis de moins de 30 ans en logement séparé.
  • Carte étudiant des métiers : avantages commerciaux (transports, cinéma, restauration) et réductions culturelles.
  • Aide à l'équipement : 500 € versés via le CFA pour l'achat du matériel pédagogique (ordinateur, outils professionnels).

8. Aides à l'embauche pour l'employeur

Côté entreprise, l'embauche d'un alternant donne droit à des aides significatives qui rendent ce contrat très attractif :

  • Aide unique à l'embauche d'apprenti : pour les contrats conclus depuis le 8 mars 2026, de 5 000 € (CAP, bac pro) à 2 000 € (licence, master) la première année dans une entreprise de moins de 250 salariés, 6 000 € pour un apprenti reconnu travailleur handicapé ; le barème par diplôme et par effectif est détaillé dans l'article sur l' aide à l'embauche d'un apprenti en 2026.
  • Réduction générale des cotisations patronales : depuis 2019, l'employeur privé d'un apprenti ne bénéficie plus d'une exonération spécifique mais de la réduction générale dégressive, au coefficient maximal puisque le salaire est sous le SMIC (urssaf.fr, « Le contrat d'apprentissage »). Le coût n'est pas nul pour autant : pour un apprenti de 18 à 20 ans en 1re année (43 % du SMIC, 802,82 € brut), le simulateur de coût employeur (entreprise de moins de 50 salariés, régime général) donne 9 875 € sur douze mois, soit 9 634 € de salaire brut et 241 € de cotisations et taxes restant dues après réduction générale (taxe d'apprentissage comprise, dont les employeurs de moins de 11 salariés sont exonérés sur les salaires d'apprentis). Avec l'aide de 5 000 € du décret n° 2026-168 pour un diplôme de niveau bac ou inférieur, la première année revient à 4 875 €, environ 406 € par mois : un coût réduit, pas un « coût zéro ».

Le crédit d'impôt apprentissage (1 600 € par apprenti, 3 200 € pour certains publics), encore cité dans de nombreux guides, a été supprimé pour les exercices ouverts depuis le 1er janvier 2019 (loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018, art. 27 ; BOFiP, ACTU-2019-00081) : il n'existe plus.

9. Durée et organisation du contrat

La durée du contrat d'apprentissage épouse celle de la formation préparée, généralement 1 à 3 ans (CAP, BTS, Bac pro, BUT, licence pro, master). Le temps en entreprise représente en moyenne 2/3 du temps total, avec un rythme variable selon les CFA (1 semaine sur 2, 3 jours en entreprise / 2 jours en CFA, etc.). À la sortie, le premier salaire d'un ouvrier qualifié se lit sur la grille de sa branche : les fiches boulanger, mécanicien automobile et électricien donnent le net d'un débutant après un CAP ou un bac pro.

Le contrat de professionnalisation est plus court : 6 à 12 mois standard, extensible à 24 mois pour les diplômes longs ou publics prioritaires. La répartition formation/entreprise est aussi plus flexible.

10. Questions fréquentes

Mon salaire augmente-t-il à chaque anniversaire ?

Oui, au premier jour du mois suivant l'anniversaire si le seuil d'âge est franchi (passage 17→18, 20→21, 25→26). Le changement est mécanique et doit figurer sur le bulletin de paie dès le mois concerné. Pensez à vérifier votre fiche de paie après chaque anniversaire.

L'apprenti a-t-il droit aux congés payés ?

Oui, 2,5 jours ouvrables par mois travaillé, soit 5 semaines par an comme un salarié classique. Les congés payés sont posés en accord avec l'employeur et tiennent compte du calendrier du CFA. L'apprenti garde aussi le droit aux jours fériés chômés.

Apprentissage ou contrat pro : quel est le mieux payé ?

En général, le contrat de professionnalisation paye plus que l'apprentissage à âge équivalent (55 % vs 27 % à 16-17 ans, 80 % vs 61 % à 21-25 ans pour un titre bac+). Mais l'apprentissage offre plus d'aides annexes (carte métier, permis, Mobili-Jeune). Le choix se fait selon la formation et le diplôme visé.

Puis-je négocier au-dessus du minimum ?

Oui, totalement. Le barème SMIC est un plancher minimum. De nombreuses entreprises (banques, conseil, tech, Big Four) proposent 10 à 50 % au-dessus du minimum, notamment pour attirer les profils écoles de commerce/ingénieurs. La négociation se fait au moment de l'embauche, comme un salarié classique.

Si je redouble mon année, mon salaire augmente-t-il ?

En cas de redoublement, le salaire reste celui de l'année déjà commencée : la 2e année ne se déclenche que si vous passez à l'année supérieure ou si vous changez de cycle (par exemple BTS suivi d'une licence pro = nouvelle 1re année avec maintien du dernier % atteint si plus favorable).

Sources officielles consultées

  1. Code du travail, Art. L6221-1 et suivants (apprentissage), consulter
  2. service-public.fr : Salaire de l'apprenti, consulter
  3. Code du travail, Art. D6325-14 à D6325-21 (rémunération contrat pro), consulter
  4. portail-de-l-alternance.fr : Ministère du Travail, Aides à l'alternance
  5. urssaf.fr : Le contrat d'apprentissage (exonérations salariales, réduction générale pour l'employeur), consulter
  6. Légifrance : décret n° 2026-168 du 6 mars 2026 relatif à l'aide exceptionnelle aux employeurs d'apprentis, consulter
  7. BOFiP, actualité du 6 mars 2019 (ACTU-2019-00081) : suppression du crédit d'impôt en faveur de l'apprentissage (loi n° 2018-771, art. 27), consulter