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PTZ 2026 : conditions, zones, montant max selon votre profil

Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) est un crédit immobilier sans intérêts ni frais de dossier, accordé sous conditions de ressources aux primo-accédants. En 2026, il peut financer jusqu'à 50 % de l'achat en zone A/B1 (Île-de-France, grandes métropoles), avec différé de remboursement jusqu'à 15 ans. Voici les conditions, les zones éligibles, les plafonds de revenus et le montant maximal selon votre profil.

Qui peut bénéficier du PTZ en 2026 et pour quel montant ?

Le PTZ 2026 est ouvert aux primo-accédants (non propriétaires de leur résidence principale depuis 2 ans), dont les revenus fiscaux N-2 ne dépassent pas les plafonds par zone et par foyer. Il finance jusqu'à 50 % du coût d'achat en zone A/B1 pour un logement neuf, jusqu'à 40 % en zone B2/C pour l'ancien avec 25 % de travaux, sur une durée totale de 20 à 25 ans avec un différé de remboursement de 5 à 15 ans.

1. Le PTZ, c'est quoi exactement ?

Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) est un prêt immobilier aidé par l'État, sans intérêts ni frais de dossier, destiné aux ménages modestes ou intermédiaires qui achètent leur première résidence principale. C'est l'État qui prend en charge les intérêts via un crédit d'impôt versé à la banque distributrice (article L31-10-1 et suivants du Code de la construction et de l'habitation).

Le PTZ ne peut pas financer la totalité de l'opération : il s'ajoute toujours à un prêt principal, à un apport personnel ou à d'autres aides (Action Logement, prêt familial, PEL/CEL). Sur un projet de 250 000 € en zone A, un PTZ maximal couvre la moitié du prix, le reste devant être financé par ailleurs.

La banque qui octroie le PTZ doit avoir signé une convention avec l'État. La quasi-totalité des banques de réseau le distribue (Crédit Agricole, BNP, Société Générale, BPCE, Crédit Mutuel, La Banque Postale…). Le PTZ est étudié dans le même dossier que le prêt principal.

2. Conditions générales d'éligibilité

Pour bénéficier du PTZ 2026, six conditions cumulatives doivent être réunies :

  • Primo-accédant : ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des 2 dernières années (sauf exceptions : handicap, invalidité, catastrophe naturelle).
  • Résidence principale : le logement doit devenir la résidence principale dans l'année qui suit l'acquisition (ou l'achèvement des travaux) et le rester au moins 6 ans.
  • Plafonds de ressourcesrespectés : le revenu fiscal de référence N-2 du foyer doit rester sous le plafond prévu pour la zone et la taille de foyer (cf. tableau).
  • Type de logement éligible : neuf (zones A, Abis, B1, B2, C) ou ancien avec 25 % de travaux d'amélioration (uniquement zones B2 et C).
  • Prêt complémentaire obligatoire : PTZ + autres financements (prêt bancaire, apport, prêts aidés). Le PTZ ne peut pas dépasser le montant cumulé des autres financements de durée > 2 ans.
  • Logement décent répondant aux normes minimales (le DPE doit être au moins E pour l'ancien réhabilité).

3. Zones A bis, A, B1, B2, C : comment savoir où l'on est

La France est découpée en 5 zones selon la tension du marché immobilier (arrêté du 1er août 2014, mis à jour régulièrement). Ces zones conditionnent l'éligibilité au PTZ, le montant et le type de logement (neuf vs ancien) :

ZoneTerritoireNeuf éligibleAncien + travaux
A bisParis et 76 communes très tendues d'Île-de-FranceOuiNon
ACouronne parisienne, Côte d'Azur, Genevois français, métropoles tendues (Bordeaux, Lyon, Marseille, Lille, Montpellier)OuiNon
B1Agglomérations > 250 000 habitants (Nantes, Toulouse, Strasbourg, Rennes…) et grande couronne francilienneOuiNon
B2Villes moyennes 50 000-250 000 hab. et littoral (Brest, Avignon, Dunkerque…)Non (réforme 2024)Oui
CReste du territoire (rural, petites villes < 50 000 hab.)Non (réforme 2024)Oui

La zone exacte de votre commune est consultable sur service-public.fr ou sur le site de l'ANIL (Agence nationale pour l'information sur le logement). Depuis avril 2024, le PTZ neufest recentré sur les zones tendues (A bis, A, B1) : il n'est plus accessible pour le neuf en zone B2 et C. À l'inverse, l'ancien avec 25 % de travaux reste éligible uniquement en B2 et C.

4. Plafonds de ressources 2026 par zone et par foyer

Les plafonds dépendent du nombre de personnes du foyer et de la zone du logement. Le revenu pris en compte est le revenu fiscal de référence (RFR) N-2 : pour un PTZ 2026, c'est le RFR de l'avis d'imposition 2025 portant sur les revenus 2024.

Nombre de personnesZone A bis / AZone B1Zone B2Zone C
1 personne49 000 €34 500 €31 500 €28 500 €
2 personnes73 500 €51 750 €47 250 €42 750 €
3 personnes88 200 €62 100 €56 700 €51 300 €
4 personnes102 900 €72 450 €66 150 €59 850 €
5 personnes117 600 €82 800 €75 600 €68 400 €
6 personnes132 300 €93 150 €85 050 €76 950 €

Si le nombre de personnes est supérieur à 6, ajouter +14 700 € (A bis/A), +10 350 € (B1), +9 450 € (B2) ou +8 550 € (C) par personne supplémentaire. Ces plafonds peuvent être ajustés par décret : vérifier les valeurs exactes sur service-public.fr ou auprès de la banque.

5. Neuf, ancien avec travaux : que finance le PTZ ?

Depuis la réforme d'avril 2024, le PTZ est recentré sur deux situations bien distinctes :

  • Logement neuf en zones A bis, A et B1 : achat en VEFA, construction sur terrain, primo-accession dans le neuf. L'objectif est de soutenir la construction là où la demande est forte.
  • Logement ancien en zones B2 et C avec 25 % de travaux : l'acquéreur s'engage à réaliser un montant de travaux d'amélioration égal à au moins 25 % du coût total de l'opération. Ces travaux doivent porter sur la performance énergétique, la modernisation ou l'agrandissement, et être effectués dans un délai de 3 ans.

Dans les deux cas, le logement doit respecter un niveau minimal de performance énergétique (DPE). À partir de 2025, le neuf doit répondre à la RE2020, l'ancien réhabilité doit afficher une étiquette DPE A à E après travaux.

Cas particulier :l'achat d'un logement social (HLM) bénéficie d'un PTZ même en zone B2/C sans condition de travaux. C'est l'une des rares exceptions à la règle des 25 %.

6. Montant maximum du PTZ selon votre profil

Le montant du PTZ dépend de quatre paramètres : le coût total de l'opération (plafonné), la zone géographique, le nombre de personnes du foyer et la tranche de revenus (4 tranches selon le ratio RFR/plafond).

La quotité finançable représente le pourcentage du coût total que peut prendre en charge le PTZ :

TrancheQuotité zone A bis/A/B1 (neuf)Quotité zone B2/C (ancien + travaux)
Tranche 1 (modeste)50 %40 %
Tranche 240 %40 %
Tranche 340 %20 %
Tranche 4 (haute)20 %20 %

La tranche de revenusest déterminée par le ratio RFR ÷ plafond ressources. Plus le ratio est faible, plus la quotité est élevée. Les ménages les plus modestes peuvent donc financer jusqu'à 50 % de leur acquisition par le PTZ en zone tendue.

Le coût total pris en compte est lui aussi plafonné (entre 100 000 et 345 000 € selon zone et taille de foyer). Concrètement, sur un achat à 300 000 € en zone A pour un couple primo-accédant en tranche 1, le PTZ peut atteindre 150 000 €.

7. Durée de remboursement et différé

La durée totale du PTZ va de 20 à 25 ans, et se décompose en deux phases distinctes :

  • Phase de différé(5, 10 ou 15 ans selon votre tranche de revenus) : aucune mensualité de PTZ n'est due. Pendant ces années, vous ne remboursez que votre prêt principal.
  • Phase d'amortissement(10 à 15 ans) : vous remboursez le capital du PTZ par mensualités constantes, généralement après ou en chevauchement avec la fin du prêt principal.

Les tranches modestes (1 et 2) bénéficient du différé le plus long (15 ans), ce qui allège considérablement les mensualités totales pendant les premières années. Un exemple concret :

Exemple chiffré : couple avec deux enfants à Lyon (zone A), revenus 55 000 €/an (tranche 1), achat neuf à 280 000 €. PTZ à 50 % = 140 000 € à rembourser sur 25 ans dont 15 ans de différé : 0 € de mensualité PTZ jusqu'à l'année 16, puis ~1 167 €/mois pendant 10 ans. Pendant les 15 premières années, seul le prêt principal de 140 000 € sur 25 ans à 3,7 % génère une mensualité d'environ 715 €/mois.

Pour intégrer le PTZ dans votre plan de financement et simuler l'impact sur la mensualité globale, utilisez le simulateur de prêt immobilier et la capacité d'emprunt.

8. Démarche bancaire et constitution du dossier

Le PTZ est demandé en même temps que le prêt principal, auprès de la banque choisie. Documents à fournir :

  • Avis d'imposition N-2 de tous les co-emprunteurs (revenus 2024 pour un PTZ 2026).
  • Justificatifs primo-accession : attestation sur l'honneur de non-propriété de la résidence principale sur les 2 dernières années, plus le cas échéant les déclarations de revenus, baux de location ou avis de taxe d'habitation.
  • Compromis de vente signé (ou contrat de réservation pour le neuf).
  • Devis de travauxsi ancien réhabilité, avec justification du seuil 25 %.
  • DPE du logement (étiquette énergétique).
  • Justificatifs d'identité, de situation familiale et de revenus classiques pour le prêt principal.

La banque calcule la simulation PTZ via un module fourni par la SGFGAS (Société de Gestion des Financements et de la Garantie de l'Accession Sociale). Le délai d'instruction est identique à celui d'un crédit immobilier classique (4 à 8 semaines).

9. Cumuls possibles et fin de PTZ

Le PTZ est conçu pour s'ajouter à d'autres financements. Il est cumulable avec :

  • Prêt immobilier classique (taux du marché, durée 15-25 ans).
  • Prêt Action Logement(ex-1 % logement) jusqu'à 40 000 €, taux 0,5 %.
  • PEL (Plan Épargne Logement) et CEL (Compte Épargne Logement) à taux préférentiel.
  • Prêt fonctionnaire, prêt familial, aides locales (région, département, métropole).
  • MaPrimeRénov' et l'éco-PTZ pour financer les travaux d'amélioration énergétique.

Le PTZ est compté comme apport personnelpar la plupart des banques : il améliore mécaniquement votre dossier et le ratio HCSF des 35 %. Il s'inscrit ainsi pleinement dans le plan de financement d'un primo-accédant. Si vous revendez le bien avant 6 ans, le PTZ doit être remboursé par anticipation (sauf mobilité professionnelle, divorce, décès, invalidité).

10. Questions fréquentes

Le PTZ est-il assuré ?

Oui. Comme tout crédit immobilier, le PTZ doit être couvert par une assurance emprunteur. Depuis la loi Lemoine (juin 2022), vous pouvez choisir librement votre assurance (délégation) à condition de respecter les garanties équivalentes exigées par la banque.

Que se passe-t-il si je revends avant 6 ans ?

Le PTZ devient exigible et doit être remboursé par anticipation. Des exceptions existent : mobilité professionnelle imposée (mutation à plus de 70 km), divorce ou séparation, chômage de longue durée, invalidité, décès. Dans ces cas, le PTZ peut être transféré sur un nouvel achat ou remboursé sans pénalité.

Un couple non marié peut-il bénéficier du PTZ ?

Oui. Les couples concubins ou pacsés peuvent emprunter ensemble en PTZ. Les revenus sont alors additionnés pour vérifier les plafonds de ressources, et chacun doit être primo-accédant (sauf dérogations). Le bien est acquis en indivision ou en SCI selon le choix patrimonial.

Combien de fois peut-on bénéficier du PTZ ?

En principe, une seule fois dans sa vie. La condition de primo-accession bloque tout nouveau PTZ tant que vous êtes propriétaire de votre résidence principale ou que vous l'avez été dans les 2 dernières années.

Le PTZ est-il imposable ?

Non. Le PTZ étant un prêt et non un revenu, il n'apparaît pas dans votre déclaration fiscale. Les intérêts pris en charge par l'État ne génèrent pas de revenu imposable côté emprunteur. C'est l'un de ses avantages indirects par rapport à d'autres aides.

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