Tableau comparatif détaillé (octobre 2026)
Le prêt classique finance un achat sur 15 à 25 ans. Le prêt relais, lui, avance temporairement la trésorerie nécessaire à un nouvel achat avant la vente du logement actuel. Les taux ci-dessous sont ceux relevés par l'Observatoire Crédit Logement/CSA (août 2026) et par la Banque de France (taux effectifs moyens du 3e trimestre 2026, taux d'usure du 4e trimestre).
| Critère | Prêt immobilier classique | Prêt relais |
|---|---|---|
| Durée | 15 à 25 ans (25 ans au plus selon le HCSF, sauf exceptions) | 12 mois en pratique, renouvelable une fois (24 mois au plus) |
| Taux nominal moyen (Crédit Logement, août 2026) | 3,35 % sur 25 ans (3,27 % sur 20 ans) | Non publié |
| Taux effectif moyen, TAEG (Banque de France, 3e trimestre 2026) | 4,05 % (prêts à taux fixe de 20 ans et plus) | 4,87 % |
| Taux d'usure (TAEG maximal, 4e trimestre 2026) | 5,40 % (20 ans et plus) | 6,49 % |
| Quotité financée | Prix et frais, selon l'apport (le HCSF ne fixe pas d'apport minimal) | En pratique 50 à 80 % de l'estimation du bien à vendre |
| Remboursement | Amortissable mensuel | Intérêts seuls (in fine sur capital) |
| Mensualité 200 000 € | 985 € / mois hors assurance (3,35 % sur 25 ans) | 717 € / mois d'intérêts seuls (hypothèse 4,30 %) |
| Coût total des intérêts | 95 569 € sur 25 ans | 17 200 € si le relais court 24 mois |
| Frais de dossier | Selon la banque, négociables | Selon la banque, souvent facturés à part du prêt principal |
| Garantie | Hypothèque ou caution Crédit Logement | Hypothèque sur bien à vendre + nouveau bien |
| Assurance emprunteur | Exigée par la banque ; le simulateur retient 0,36 % du capital par défaut | Exigée par la banque ; coût limité par la durée courte |
| Profil cible | Primo-accédant, investisseur, secundo | Propriétaire qui rachète avant de vendre |
| Souplesse modulation | Selon le contrat (modulation de la mensualité) | Aucune (remboursement in fine) |
| Risque principal | Baisse de revenus, taux variable | Bien non vendu à l'échéance, ou vendu moins cher que l'estimation |
| Sortie / remboursement anticipé | Indemnité plafonnée à 6 mois d'intérêts, sans dépasser 3 % du capital restant dû (art. R313-25) | Souvent sans indemnité lors de la vente, à vérifier dans l'offre |
| Règle HCSF (taux d'effort 35 %) | Mensualité, assurance comprise, dans la limite de 35 % des revenus | Intérêts du relais exclus du taux d'effort si la quotité ne dépasse pas 80 % du bien à vendre (décision HCSF du 18 décembre 2023) |
Quand choisir le prêt immobilier classique
Le prêt amortissable sur 20 à 25 ans reste l'outil de référence pour financer un achat sec. Trois cas typiques :
- Primo-accédant. Aucun bien à céder : financement du prix et des frais, apport déduit, sur 20 à 25 ans pour contenir la mensualité, avec un prêt à taux zéro le cas échéant.
- Investisseur locatif. Le bien rapporte un loyer qui couvre une partie de la mensualité. Le crédit dispense l'investisseur d'utiliser son apport tout en bénéficiant de la déduction des intérêts dans le régime réel.
- Secundo accédant avec bien déjà vendu. Une fois la vente actée et la trésorerie disponible, le prêt classique reprend l'apport et finance le complément. Plus simple, taux plus bas, pas de risque de double-charge.
Pour estimer mensualité et coût total selon votre situation, utilisez notre simulateur prêt immobilier.
Quand le prêt relais s'impose
Le prêt relais répond à un seul besoin précis : acheter avant de vendre. Le scénario classique est celui d'une famille qui agrandit son logement, repère le bien coup-de-cœur (souvent dans un marché tendu) et ne peut pas attendre plusieurs mois la vente de l'ancien.
La banque avance en pratique 50 à 80 % de la valeur estimée du bien à céder, sous forme d'un crédit de 12 mois renouvelable une fois. Pendant cette période, l'emprunteur ne paie que les intérêts (parfois rien si le relais est « avec franchise totale » : les intérêts sont alors capitalisés et réglés à la vente). Le capital est soldé en une fois, le jour de la vente. Le coût de référence est le taux effectif moyen relevé par la Banque de France pour les prêts relais, 4,87 % (TAEG) au 3e trimestre 2026, avec un plafond légal (taux d'usure) de 6,49 % depuis le 1er octobre 2026.
Trois variantes existent en 2026 :
- Relais sec. Le produit de la vente couvre intégralement le prix d'achat. Pas de prêt classique en complément : le cas d'un acheteur qui achète moins cher qu'il ne vend.
- Relais adossé. Combinaison relais + prêt amortissable classique. Le relais finance le décalage de trésorerie, le crédit classique complète le financement de l'achat sur 15 à 25 ans.
- Relais avec franchise totale. Aucune mensualité pendant la durée du relais : les intérêts s'ajoutent au capital remboursé à la vente, ce qui augmente le coût total.
Le vrai risque du prêt relais : la non-vente
À l'échéance des 24 mois, si le bien n'est pas vendu, la banque exige le remboursement intégral du capital. Trois issues possibles :
- Baisser le prix de vente pour vendre avant l'échéance, au risque de céder le bien sous l'estimation retenue par la banque.
- Transformer le relais en prêt amortissable (consolidation), si les revenus permettent de supporter la nouvelle mensualité en plus du prêt principal ; la banque n'y est pas tenue et fixe ses conditions.
- Vente forcée (saisie immobilière), si aucun accord n'est trouvé et que l'emprunteur ne peut pas rembourser.
Pour limiter ce risque, deux précautions : ne pas mobiliser la totalité de la quotité proposée (l'exemple ci-dessous retient 70 % de l'estimation) et faire estimer le bien par plusieurs professionnels avant de signer, en tenant compte du délai de vente constaté localement. Il n'existe pas de statistique officielle des délais de vente : la base DVF publie les prix des transactions, pas leur durée de commercialisation.
Le seuil de bascule du relais se calcule : sur un T3 estimé 250 000 €, un relais de 175 000 € qui court 24 mois coûte 15 050 € d'intérêts, soit 6 % du prix du bien, et chaque mois supplémentaire en ajoute 627 €. Le relais n'est donc payant que si vendre sans pression rapporte plus de 6 % sur le prix de cession ; en deçà de cet écart, mieux vaut vendre d'abord et acheter ensuite avec un prêt amortissable seul.
Cas pratique : famille à Bordeaux, achat à 380 000 € avant vente à 250 000 €
Une famille bordelaise vend un T3 estimé 250 000 € pour acheter une maison à 380 000 €. Apport disponible 50 000 €. Sans attendre la vente, voici comment se structure le financement :
- Prêt relais : 175 000 € (70 % de 250 000 €) à 4,30 % (hypothèse de travail, sous le taux effectif moyen de 4,87 %), 24 mois, intérêts seuls. Mensualité 627 €. Coût total des intérêts si le relais court 24 mois : 15 050 €.
- Prêt amortissable : 155 000 € (380 000 − 50 000 − 175 000) à 3,35 % sur 25 ans (taux moyen d'août 2026). Mensualité 764 € hors assurance. Coût total des intérêts : 74 066 €.
- Mensualité totale pendant le relais : 627 + 764 = 1 391 €, plus l'assurance emprunteur (0,36 % du capital, hypothèse du simulateur : environ 99 € par mois sur les deux prêts).
- Une fois la vente conclue : remboursement du relais avec le produit de la vente, mensualité résiduelle de 764 € plus assurance.
Cette structure permet d'acheter sans attendre la vente, mais elle suppose des revenus capables de supporter la double charge pendant la phase relais. Depuis la décision du HCSF du 18 décembre 2023, les intérêts d'un relais dont la quotité ne dépasse pas 80 % du bien à vendre ne sont pas comptés dans le taux d'effort de 35 % : seule la mensualité du prêt amortissable (764 € + assurance) y entre. Cette quotité de 80 % est la vraie bascule du dossier : en deçà, la charge retenue est de 810 € et un revenu net de 2 315 € par mois suffit ; au-delà, les 627 € d'intérêts et leur assurance entrent dans le calcul, la charge retenue monte à 1 490 € et il faut 4 257 € de revenu pour rester sous les 35 %. Avec 175 000 € empruntés sur une estimation de 250 000 €, la quotité est de 70 % : l'exemple reste du bon côté du seuil. Les mensualités sont calculées avec le simulateur de prêt immobilier.
En résumé
Le prêt immobilier classique reste l'option par défaut, plus simple et moins chère. Le prêt relais répond à un besoin précis : acheter avant d'avoir vendu. Son taux plus élevé (4,87 % de taux effectif moyen contre 4,05 % pour un prêt fixe de 20 ans et plus) et l'échéance de 24 mois ne se justifient que si le bien à vendre est correctement estimé et si les revenus absorbent la double charge.
Questions fréquentes sur le prêt relais
Quel est le taux d'un prêt relais en 2026 ?
Il n'existe pas de taux nominal moyen publié pour les prêts relais. La Banque de France relève un taux effectif moyen (TAEG, assurance et frais compris) de 4,87 % au 3e trimestre 2026, contre 4,05 % pour les prêts à taux fixe de 20 ans et plus ; le taux d'usure des prêts relais, plafond légal du TAEG, est de 6,49 % depuis le 1er octobre 2026. À titre de comparaison, le taux nominal moyen d'un prêt amortissable sur 25 ans est de 3,35 % en août 2026 (Observatoire Crédit Logement/CSA). Le surcoût du relais reste limité en valeur absolue parce qu'il ne court que 12 à 24 mois.
Combien coûte un prêt relais de 175 000 € sur 24 mois ?
À 4,30 % (hypothèse de travail), 627 € par mois d'intérêts seuls, soit 15 050 € si le relais court sur la totalité des 24 mois ; le capital est remboursé en une fois à la vente du bien, le plus souvent sans indemnité de remboursement anticipé (à vérifier dans l'offre). S'y ajoutent les frais de dossier de la banque et l'assurance emprunteur (52 € par mois à 0,36 % du capital). Une vente rapide réduit mécaniquement la facture.
Quelle formule choisir si vous achetez plus cher que le bien vendu ?
Le relais adossé : un prêt relais couvrant en pratique 50 à 80 % de la valeur du bien à vendre, complété par un prêt amortissable classique. Exemple : achat à 380 000 € avec un T3 estimé 250 000 € et 50 000 € d'apport, relais de 175 000 € à 4,30 % (627 € par mois) plus amortissable de 155 000 € à 3,35 % sur 25 ans (764 € par mois hors assurance), soit 1 391 € de double charge pendant la phase relais, assurance non comprise.
Que se passe-t-il si le bien n'est pas vendu à l'échéance du relais ?
La banque exige le remboursement du capital au terme des 24 mois. Trois issues en pratique : baisser le prix de vente pour vendre avant l'échéance, transformer le relais en prêt amortissable si vos revenus le permettent et si la banque l'accepte, ou, en dernier recours, la vente forcée du bien. Aucune statistique officielle ne mesure la fréquence de ces situations.
Comment limiter le risque d'un prêt relais ?
Deux précautions : ne pas mobiliser la totalité de la quotité proposée par la banque (l'exemple de cette page retient 70 % de l'estimation) et faire estimer le bien par plusieurs professionnels avant de signer, en tenant compte du délai de vente constaté dans le secteur. Depuis la décision du HCSF du 18 décembre 2023, un relais dont la quotité ne dépasse pas 80 % du bien à vendre n'entre pas dans le calcul du taux d'effort de 35 %, ce qui facilite l'obtention du prêt amortissable adossé.
Sources
- Observatoire Crédit Logement/CSA, tableau de bord d'août 2026, taux moyens des prêts accordés (3,14 % sur 15 ans, 3,27 % sur 20 ans, 3,35 % sur 25 ans).
- Banque de France, Taux d'usure applicables au 4e trimestre 2026, taux effectifs moyens du 3e trimestre (4,05 % pour les prêts fixes de 20 ans et plus, 4,87 % pour les prêts relais) et seuils de l'usure au 1er octobre 2026 (5,40 % et 6,49 %), consultée le 1er octobre 2026.
- Décision n° D-HCSF-2023-6 du 18 décembre 2023 modifiant la décision D-HCSF-2021-7 (taux d'effort 35 %, durée 25 ans, exclusion des intérêts du prêt relais lorsque la quotité n'excède pas 80 %), Journal officiel du 20 décembre 2023.
- service-public.gouv.fr, Crédit immobilier : offre de prêt et obligations de la banque (F16123) et Assurance emprunteur (F1671).
- Code de la consommation, art. L313-1 et suivants (crédit immobilier), L313-47 et R313-25 (indemnité de remboursement anticipé), L314-6 (taux d'usure).
- Mensualités et intérêts : formule d'annuité constante du simulateur de prêt immobilier ; taux du prêt relais (4,30 %) posé en hypothèse de travail.